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Coronavirus: Charabas, arbitre de rugby et médecin urgentiste face à une "maladie sournoise"

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Bayonne (AFP)

Mon rôle est de trier". Depuis deux mois Thomas Charabas, arbitre du Top 14, a rangé son sifflet et se consacre à son métier de médecin urgentiste à l'hôpital de Bayonne, où il fait face au Covid-19, une "maladie sournoise, difficile à cerner".

Le travail de l'urgentiste de 31 ans, qui a atteint le plus haut niveau de l'arbitrage français à 26 ans, après un passage en Pro D2 à 24 ans, c'est d'abord le tri.

"Les patients arrivent chez nous avec une difficulté respiratoire plus ou moins associée à de la fièvre, explique-t-il. Mais ce sont des signes aspécifiques de la maladie Covid-19, car il y a d'autres pathologies (décompensation cardiaque, infection pulmonaire...) avec les mêmes symptômes".

Aussi, aux urgences, pendant ses longues heures de garde, il sépare les malades atteints du virus des autres. Il repère aussi ceux qui ont besoin d'une hospitalisation et les dirige vers la bonne unité. L'objectif est "d'éviter la propagation de cette maladie émergente" sur laquelle on "manque encore de beaucoup certitudes".

Mais attention, trier ne signifie pas "médecine de guerre", à savoir "sauver un malade plutôt qu'un autre". En Nouvelle Aquitaine, région "plutôt préservée", une telle extrémité n'a jamais été nécessaire.

- "Médecine de guerre" -

"Ça peut être des choses qui arrivent en cas de crise sanitaire vraiment aiguë mais cela n'a pas été le cas chez nous", insiste le Dr Charabas, passé de médecin libéral à urgentiste par commodité: "C'était plus facile d'échanger une garde dans mon emploi du temps avec un collègue que de fermer mon cabinet pour diriger un match".

Le virus a fait évoluer la pratique de l'acte médical car il fait peser un vrai danger sur tous ces praticiens en première ligne. Plusieurs de ses confrères sont décédés du Covid-19. Pour le Dr Charabas, la difficulté vient d'abord de toutes les "précautions à prendre" qui sont "particulièrement lourdes tant aux urgences qu'en réanimation".

"Toutes les procédures d'habillage et de déshabillage sont chronophages et fatigantes à la longue. Enfiler un tablier, une charlotte, des gants, des lunettes... quinze fois par jour, c'est pénible...", souffle-t-il.

Dans ces conditions, l'arbitrage reste lointain. Son dernier match comme "central" remonte au 22 février lors de la défaite à domicile de Clermont contre Bordeaux-Bègles (31-22).

"J'ai la malchance d'être assez occupé à l'hôpital", dit-il, craignant l'après confinement, tant côté virus, sujet sur lequel il refuse de se prononcer alors que "tant de gens sans compétence épidémiologiste" s'expriment "à tort et à travers" que pour les autres pathologies.

- "Virus très faible" -

"Soit il ne se passera rien. Ça voudra dire qu'il y avait une surconsommation de médecine avant la crise. Mais j'ai du mal à le croire, vu le nombre de personnes qu'on recevait et qui décompensaient sur le plan respiratoire. On ne les voit plus. Je me demande où sont ces gens ?", s'interroge-t-il.

Toujours est-il qu'en attendant la reprise, Thomas Charabas s'entretient. Il "essaie de courir" tout en "respectant le confinement". "Je ne suis pas fondamentalement inquiet car lorsque la reprise sera actée je pense que tous les arbitres de l'élite auront largement le temps de se réathlétiser", estime l'arbitre, conscient que le retour sur les terrains ne pourra de toute façon pas se faire à brève échéance.

"Je pense qu'il y aura des scenarii étudiés par la LNR et les médecins de clubs pour réfléchir aux différents problèmes après la reprise de l'entraînement (contaminations des joueurs...). Je n'ai pas d'information mais je pense qu'une reprise des compétitions ne sera possible que si l'épidémie est maitrisée avec un R zéro, c'est à dire avec une reproduction du virus très faible, estime-t-il. Comme pour la reprise des activités normales au-delà du sport".

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