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Au Brésil, démission explosive du ministre de la Justice Sergio Moro

Le président brésilien Jair Bolsonaro et son ministre de la Justice, Sergio Moro, à Brasilia, le 29 août 2019.
Le président brésilien Jair Bolsonaro et son ministre de la Justice, Sergio Moro, à Brasilia, le 29 août 2019. © Evaristo Sa, AFP

Le ministre brésilien de la Justice, Sergio Moro, figure la plus populaire du gouvernement, a annoncé sa démission vendredi, en invoquant l'"ingérence politique" du président dans les affaires judiciaires. Jair Bolsonaro l'a nié énergiquement.

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Un emblème de la lutte anticorruption fait ses adieux au gouvernement de Jair Bolsonaro. L’ancien juge Sergio Moro, célèbre pour avoir dirigé l'enquête tentaculaire "Lavage express", a annoncé, vendredi 24 avril, qu'il quittait le gouvernement.

La démission du ministre de la Justice fait suite à l'éviction par le président de son bras droit et homme de confiance, le chef de la police fédérale, Mauricio Valeixo, annoncée au Journal officiel vendredi.

"Cette décision était sans fondement et elle pose un problème d'interférence politique", a affirmé Sergio Moro dans son allocution, vendredi 24 avril. Le ministre de la justice a ensuite expliqué que le président lui avait dit "être inquiet des enquêtes de la Cour suprême" et souhaitait que le chef de la police puisse lui faire remonter des informations directement. Sergio Moro a conclu en affirmant qu'il lui était impossible d'accepter la situation actuelle.

Le président d'extrême droite a contre-attaqué en fin de journée, affirmant que ces accusations étaient "infondées", lors d'un discours prononcé avec un aréopage de ministres, faisant bloc derrière lui, épaule contre épaule et tous sans masque, sauf celui de l'Économie, en pleine pandémie de coronavirus.

Ingérence

Jair Bolsonaro a affirmé que son ex-ministre ne se préoccupait "que de son égo, pas du Brésil", et assuré que Sergio Moro était d'accord pour laisser partir le chef de la police, mais seulement en novembre, après être assuré de sa propre nomination par le président à la Cour suprême. Ce que Sergio Moro a immédiatement démenti sur Twitter.

Jair Bolsonaro a également assuré ne jamais avoir "réclamé d'information sur une quelconque enquête en cours". Mais il a admis être intervenu à plusieurs reprises dans des dossiers de la Police fédérale, notamment au sujet de l'enquête sur l'attentat à l'arme blanche, dont il a été victime en septembre 2018.

"Est-ce une ingérence de demander qui a voulu tuer Jair Bolsonaro ?", a-t-il lancé, regrettant que les enquêteurs "accordaient plus d'importance" à l'enquête sur l'assassinat de l'ex-conseillère municipale de gauche Marielle Franco, en mars 2018.

Enquête ouverte

Malgré le démenti du chef de l'État, le procureur général a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les accusations de Sergio Moro. "Ces sont des déclarations très graves, indiquant de possibles crimes commis par le président de la République", a affirmé dans un communiqué Felipe Santa Cruz, président de l’Ordre des Avocats du Brésil.

L'ex-président de centre droit Fernando Henrique Cardoso (1995-2002) a réagi de façon très virulente sur Twitter. "Le président est en train de creuser sa tombe. Qu’il démissionne avant d’être démis. Qu’on nous épargne, au-delà du coronavirus, un long processus de destitution", a-t-il écrit.

Cette démission intervient huit jours après le limogeage par Jair Bolsonaro d'un autre populaire membre de son gouvernement, le ministre de la Santé, Luiz Henrique Mandetta, favorable au confinement contre le coronavirus, contrairement au président.

Arrivé au pouvoir en janvier 2019, Jair Bolsonaro avait fait une belle prise en faisant venir dans son gouvernement d'extrême droite Sergio Moro, figure très respectée des Brésiliens.

L'image du ministre avait toutefois été ternie en 2019 par des informations de presse ayant gravement remis en doute son impartialité dans le cadre de la condamnation à une lourde peine de prison de l'ex-président Luiz Inacio lula da Silva, pour corruption.

Avec AFP

 

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