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Pour les soignants, le food truck du chef étoilé Thierry Marx à l'hôpital

A l'hôpital Necker à Paris, queue devant le food truck du chef étoilé Thierry Marx le 23 avril 2020
A l'hôpital Necker à Paris, queue devant le food truck du chef étoilé Thierry Marx le 23 avril 2020 FRANCK FIFE AFP
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Paris (AFP)

Une foule en bleu de travail hospitalier. Ces brancardiers, femmes de ménage, infirmiers et autres soignants font la queue sur une quarantaine de mètres, dans l'enceinte de l'hôpital Necker, à Paris, pour goûter au hot-dog sans prétention du chef multi-étoilé Thierry Marx, jovial et comme toujours, très concentré.

Pommes de terre sautées en accompagnement, "on a fait du pratico-pratique". Près de 400 repas sont distribués gracieusement. Et même les végétariens ont été soignés, une grande salade niçoise bien fraîche est prévue pour eux.

Discipline de fer, le cuisinier embauche chaque matin à 5h30. Avec un chef boulanger, dans l'une de ses écoles vidées par le confinement et la pandémie du coronavirus, ils façonnent 300 baguettes par jour. Une partie de ce pain est distribué par les Restos du cœur le soir. L'autre sert aux repas destinés aux personnels des hôpitaux.

Ensuite, Marx se rend en début de matinée dans un lycée professionnel du nord-est parisien, pas loin du quartier où il a grandi, pour préparer les repas chauds. Il y retrouve une brigade improvisée de tout jeunes gens qui se destinent aux métiers de la restauration.

"Nos écoles sont vides. Rester confiné, c'est déjà un bel effort, c'est utile et difficile. Mais beaucoup choisissent de s'activer pour participer à une bonne cause, à l'effort de guerre", explique Thierry Marx à l'AFP. "J'entends souvent parler d'une jeunesse netflixée, accro aux écrans, le cul vissé dans le canapé et qui mange du surgelé, mais ce n'est pas du tout ça", défend-il avec énergie.

"Ces gamins me bluffent. Ils ont à peine vingt piges et ils sont sur le front." Comme les fournisseurs qui ont donné la farine pour faire le pain et les victuailles pour cuisiner, le directeur du lycée qui met à disposition ses locaux, qui prête le food truck etc. "C'est une histoire de mise en relations, de faire marcher nos réseaux". Presque le plus simple.

La nouvelle du confinement, "au début comme tout le monde, tu te prends un coup dans la gueule". Les réflexes de l'ancien Casque bleu se remettent vite en place. "Chez les militaires, on appelle ça MRT, la méthode de raisonnement tactique", soit l'organisation des différents obstacles à surmonter. Au bout d'une semaine, les personnels de ses différentes entreprises étaient sécurisés, la logistique en place. Place au bénévolat.

La veille , Thierry Marx a distribué des repas en Seine-Saint-Denis. "Ils sont déjà là les dégâts collatéraux du virus. Les gens qui étaient sur le seuil de la précarité, tu les vois, ils basculent. Ils ne bouclent pas", explique-t-il.

La bonne nouvelle, c'est que "ce virus nous refait +faire peuple+, il nous unifie. Il n'y a pas un homme politique qui fait ça. On retrouve des chemins de loyauté parce qu'on a peur collectivement", dit-il.

Et le cuisinier formateur s'émerveille encore de la "force d'engagement" de cette jeunesse "absolument pas feignasse, qui se bouge les fesses". "Ca nous rappelle aussi nos 20 ans, quand on était immortels: Ils sont là. Ils y vont. Même pas peur." Enfin une bonne nouvelle.

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