Accéder au contenu principal

RD Congo : une embuscade dans le parc des Virunga fait 17 morts

Le Parc national des Virunga photographié le 28 septembre 2019.
Le Parc national des Virunga photographié le 28 septembre 2019. © Alexis Huguet, AFP

Douze gardes, un chauffeur et quatre civils ont été tués, vendredi, dans une embuscade à l'intérieur du parc national des Virunga, en République démocratique du Congo. La responsabilité de rebelles hutus rwandais est pointée du doigt par le parc.

Publicité

Dix-sept personnes ont été tuées, vendredi 24 avril, dans une embuscade tendue par un groupe armé à l'intérieur du parc national des Virunga, joyau naturel et touristique dans l'est de la République démocratique du Congo (RD Congo) à la frontière du Rwanda.

Outre les 12 gardes, tous des hommes âgés de 23 à 31 ans, un chauffeur du parc a été tué, ainsi que quatre civils "sans lien avec le parc", ont communiqué en soirée les Virunga sur leur site, en pointant la responsabilité de rebelles hutus rwandais. "Trois autres gardes ont été grièvement blessés. Le pronostic vital est engagé pour deux d'entre eux", a ajouté le parc précisant qu'ils ont été hospitalisés. Deux autres civils ont été blessés.

C'est l'une des plus lourdes attaques visant les quelque 700 rangers des Virunga, dont 176 ont été tués en 20 ans, dans cette région du Kivu déstabilisée par la violence des groupes armés depuis un quart de siècle.

"Violence inouïe"

L'attaque a été menée près du quartier général des Virunga à Rumangabo, dans les montagnes du territoire du Rutshuru. "Alors qu'ils revenaient d'une mission vers le quartier général, les gardes ont été victimes d'une attaque lancée par des individus, en nombre et lourdement armés. Les échanges de feu ont duré 30 minutes et furent d'une violence inouïe", détaille le parc des Virunga. Les rangers sont eux-mêmes généralement armés pour leur mission. "Un véhicule de civils se trouvait à proximité et avait déjà été pris pour cible par les assaillants avant l'arrivée des gardes", selon la même source.

"Des indications précises obtenues ces dernières heures désigne le groupe armé FDLR-FOCA comme l'auteur de cette tuerie", avance le parc, affirmant que "l'attaque est une embuscade dont les motifs ne sont pas établis à ce stade".

Le Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR) est un groupe de rebelles hutus rwandais réfugiés en RD Congo, dont certains fondateurs au début des années 2000 ont participé au génocide contre les Tutsis en 1994. Le chef des FLDR Sylvestre Mudacumura a été tué dans le Nord-Kivu le 18 septembre, avaient annoncé les autorités congolaises, félicitées pour l'occasion par Kigali. Depuis plusieurs mois, des rumeurs persistantes font état d'une présence directe de l'armée rwandaise sur le sol congolais pour mener l'offensive contre le FDLR avec les forces congolaises.

Sanctuaire des gorilles de montagnes

D'une superficie de 7 769 km2, les Virunga couvrent une partie de la province du Nord-Kivu (près de 60 000 km2), surtout le long de la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda. Plus ancienne réserve naturelle d'Afrique inaugurée en 1925, le parc est un sanctuaire des gorilles de montagnes.

Mais le parc est aussi le terrain d'action de dizaines de groupes armés actifs dans la région. En 2014, le directeur du parc, Emmanuel de Mérode, avait été blessé dans une attaque armée. En mai 2018, le parc des Virunga avait suspendu son activité touristique, à la suite de l'enlèvement de deux touristes britanniques, finalement libérés. Une éco-garde avait été tuée dans cette attaque. Le parc avait rouvert son activité aux touristes en février 2019.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.