Vaccin anti-Covid-19 : premiers essais sur l’humain au Royaume-Uni

Test préliminaire aux essais cliniques menées par l'université d'Oxford pour le développement d'un vaccin contre le Covid-19.
Test préliminaire aux essais cliniques menées par l'université d'Oxford pour le développement d'un vaccin contre le Covid-19. © Reuters

L'université d'Oxford, au Royaume-Uni, a lancé, jeudi 23 avril, les premiers essais cliniques portant sur le développement d'un vaccin au nouveau coronavirus. Dans le meilleur scénario possible, l’équipe de chercheurs espère pouvoir fournir un million de doses dès l’automne.

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Edward O’Neill est chercheur en cancérologie à l’université d’Oxford. Mais ce n’est pas en tant que scientifique qu’il s’est rendu, jeudi 22 avril, sur son lieu de travail. Le jeune trentenaire fait partie d'un groupe de cinq personnes ayant accepté de participer comme volontaire à la toute première étape des essais cliniques menés par son université pour le développement d’un vaccin contre le Covid-19.

"On ne peut jamais complètement exclure les risques potentiels, mais il faut avoir foi en ces choses, explique-t-il à Reuters. On doit avoir confiance et se dire que le travail a été fait au mieux et qu'ils savent que la cause est importante."

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Si les premiers résultats sont probants, ils seront ensuite un millier de volontaires, comme Edward O’Neill à intégrer le programme dirigé par la professeure Sarah Gilbert. Une première moitié recevra alors une dose du potentiel vaccin contre le Covid-19, l'autre moitié un vaccin témoin. Dix participants recevront deux doses du vaccin expérimental, espacées de quatre semaines.

Au pas de charge

Un rythme au pas de charge qui témoignent de l’ambition de l’équipe britannique. Estimant à 80% les chances de réussite, le service du professeure Sarah Gilbert prévoit, parallèlement aux recherches, de produire un million de doses disponibles d'ici au mois de septembre, afin de le rendre largement disponible dès l'automne, en cas de succès.

Personnellement, j'ai confiance, parce que nous utilisons une technologie que nous avons utilisée auparavant, explique Sarah Gilbert. Bien sûr, nous devons tester le vaccin, bien sûr, nous devons obtenir des données humaines, mais nous avons utilisé cette technologie pour faire beaucoup de différents vaccins."

Les équipes qui mènent ces recherches précisent néanmoins sur le site qui leur est consacré que ce calendrier est "hautement ambitieux" et pourrait changer. Le directeur des services sanitaires britanniques, Chris Whitty, a reconnu mercredi que la probabilité d'obtenir un vaccin ou un traitement efficace "dans l'année qui vient est incroyablement faible".

Selon Nicola Stonehouse, professeure de virologie moléculaire à l'université de Leeds, la stratégie choisie de ne pas attendre chaque étape avant de lancer la production est un "pari" d'un point de vue financier. Mais un pari nécessaire "dans la situation actuelle", explique-t-elle à l'AFP.

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Le vaccin que développent les chercheurs d'Oxford est basé sur un adénovirus modifié, touchant les chimpanzés. Il permet de "générer une forte réponse immunitaire avec une seule dose et il ne s'agit pas d'un virus qui se réplique", si bien qu'il "ne peut pas causer d'infection continue chez l'individu vacciné". Cela le rend "plus sûr pour les enfants, les personnes âgées" et les patients qui auraient des maladies sous-jacentes comme le diabète.

"Task force"

Sous le feu des critiques pour sa gestion de la crise, le gouvernement britannique a mis sur pied en fin de semaine dernière une "task force" pour coordonner les efforts dans la recherche et être en mesure de produire en masse un vaccin dès qu'il sera disponible, d'où qu'il vienne. Il soutient également les recherches menées par l'Imperial College de Londres, qui espère entamer ses essais cliniques en juin. Leurs recherches portent sur un vaccin, au principe différent.

Parmi la centaine de travaux de recherches dans le monde pour trouver un vaccin, sept en sont pour l'heure au stade des essais cliniques sur l'homme, selon la London School of Hygiene and Tropical Medicine. De tels essais ont déjà commencé en Chine et aux États-Unis et doivent débuter à la fin du mois en Allemagne, où l'autorité fédérale chargée des vaccins a donné mercredi son feu vert.

Trouver un vaccin est la seule voie possible pour un retour à la "normalité" dans le monde, a prévenu la semaine dernière le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, appelant dans ce domaine à accélérer les projets en développement. Lundi, l'ONU a adopté une résolution pour appeler à un accès "équitable, efficace et rapide" à un éventuel vaccin.

Avec AFP et Reuters

 

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