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Covid-19 : l'État de Géorgie ouvre la voie du déconfinement aux États-Unis

La réouverture de plusieurs commerces en Géorgie, aux États-Unis, suscite de multiples critiques alors que le pays est toujours confronté à la pandémie de Covid-19.
La réouverture de plusieurs commerces en Géorgie, aux États-Unis, suscite de multiples critiques alors que le pays est toujours confronté à la pandémie de Covid-19. © Capture d'écran France 24

Les habitants de la Géorgie se déconfinent progressivement depuis vendredi, avec l'ouverture de commerces non essentiels, encouragée par le gouverneur. Une décision vivement critiquée, y compris par Donald Trump.

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Satisfaits ou indignés, les habitants de la Géorgie se sont engagés, vendredi 24 avril, sur la voix du déconfinement, avec l'ouverture de commerces non essentiels, encouragée par le gouverneur. Dans le même temps le bilan journalier des décès diminue aux États-Unis mais la prudence demeure.

Le gouverneur républicain Brian Kemp, fervent partisan du président, a autorisé les salles de sport, les bowlings, les ateliers de tatouage, les salons de coiffure et de soins esthétiques ou de manucure à rouvrir dans cet État américain. Ils doivent toutefois respecter des "règles de base", comme la distance sanitaire et la limitation du nombre de clients.

"Plus dangereux d'aller au supermarché"

Dans un petit centre commercial d'Atlanta, Chris Edwards a ouvert son salon de coiffure dès 7 h, vendredi. "Oui, je suis content", dit-il sous son masque, alors qu'il fait la barbe à un client non masqué. "Je suis un petit commerçant. Si je ne coupe pas les cheveux je ne gagne pas d'argent", explique-t-il, assurant suivre toutes les consignes de sécurité.

Son client, un médecin qui ne souhaite pas être identifié, estime que "c'est probablement plus dangereux d'aller au supermarché". 

Les cinémas et les restaurants, eux, pourront ouvrir partiellement lundi, tandis que les bars et les boîtes de nuit restent fermés pour l'instant, l'ordre de confinement devant être levé le 1er mai en Géorgie.

Brian Kemp dit avoir l'appui des autorités sanitaires locales et a assuré, jeudi, que les commerces donneraient "la priorité à la santé et au bien-être des employés et des clients".

Multiplications des critiques contre le gouverneur de Géorgie

Mais avec plus de 21 800 cas positifs au coronavirus et plus de 880 décès dus à la pandémie de Covid-19, d'autres fustigent une décision "irresponsable". 

"Certains veulent sacrifier des vies au nom de l'économie et c'est inacceptable", a lancé vendredi sur la chaîne ABC la maire démocrate d'Atlanta, Keisha Lance Bottoms. 

Selon elle, la Géorgie ne respecte pas les critères présentés par la Maison Blanche pour relancer graduellement l'activité de la première puissance mondiale, qui prévoient notamment une baisse continue du nombre de cas et de décès. 

"La stupidité tue", "Croyez en la science, pas Kemp": devant la résidence du gouverneur, à Atlanta, une dizaine d'automobilistes arborant des pancartes aux slogans parfois fleuris ont manifesté leur mécontentement en klaxonnant. 

À cause du déconfinement, une "deuxième vague" de Covid-19 "va tuer beaucoup plus de gens que personne ne peut encore imaginer et à long terme, les fermetures vont finir par durer un an ou plus", craint Eden Lio, une artiste, serveuse de restaurant et relieuse de livres.

Donald Trump n'a "jamais dit OK"

Même Donald Trump, ardent partisan d'une relance au plus vite de l'économie, a assuré, vendredi, sur Twitter, qu'il n'avait "jamais dit OK au gouverneur Brian Kemp pour ces quelques commerces pas concernés par le plan".

"Les spas, instituts de beauté, tatoueurs et salons de coiffure devraient attendre un peu", a ajouté le président républicain, qui comptait, avant la crise, faire campagne sur la bonne santé de l'économie pour décrocher un second mandat en novembre.

Le nouveau coronavirus a fait plus de 50 000 morts aux États-Unis, le pire bilan officiel au monde, et provoqué une grave crise économique qui a mis au chômage plus de 26 millions d'Américains.

Selon la Maison Blanche, 16 États américains ont déjà dévoilé des plans de relance de leur économie. Le Texas et le Vermont ont autorisé une reprise partielle des activités, et la Caroline du Sud et la Floride ont rouvert une partie du littoral au public.

Mais à New York, épicentre de la pandémie aux États-Unis, il n'est pas question de baisser la garde. "Je sais que tout le monde est impatient", a déclaré vendredi son gouverneur, Andrew Cuomo. Mais si les commerces rouvrent trop vite, "voilà ce qu'il va se passer : tous les progrès faits vont disparaître". 

Avec AFP

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