La lutte contre le paludisme menacée par la pandémie de Covid-19

Un travailleur social dispense à un enfant un médicament pour la chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS)  dans le village de Goundri, au nord-est de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, le 20 août 2019.
Un travailleur social dispense à un enfant un médicament pour la chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS) dans le village de Goundri, au nord-est de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, le 20 août 2019. © Olympia de Maisemont, AFP

Alors qu'a lieu, samedi, la Journée internationale de lutte contre le paludisme, le combat contre cette maladie, qui a tué 405 000 personnes en 2018, pourrait être entravé cette année par la pandémie de Covid-19.

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La Journée internationale de lutte contre le paludisme se tient, samedi 25 avril, à l'initiative notamment de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Cette maladie "potentiellement mortelle" et dont "on peut potentiellement guérir, selon l'OMS, a touché 228 millions de personnes dans le monde et en a tué 405 000 dans le monde en 2018. La majorité des cas de contamination (93 %) et des décès (94 %) imputables au paludisme se sont, par ailleurs, produits sur le continent africain.

Et pour l'année 2020, les prévisions de l'organisation sanitaire semblent encore plus inquiétantes à cause de la pandémie de Covid-19, qui met à l'épreuve les systèmes de santé de plusieurs États africains.

>> La lutte contre le paludisme éclipsée par la pandémie de COVID-19

Manque de financement

L'OMS s'attend à ce que 700 000 personnes meurent du paludisme cette année, selon RFI. "Bien que le Covid-19 représente une menace majeure pour la santé, il est essentiel de maintenir les programmes de prévention et de traitement du paludisme", explique à nos confrères le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale pour l’OMS pour l’Afrique. "Nous ne devons pas revenir en arrière."

"Compte tenu du lourd fardeau, que le paludisme fait peser sur les populations vulnérables d’Afrique subsaharienne et de la fragilité des infrastructures sanitaires de la région, l’OMS souligne qu’il est capital de continuer à prévenir, à détecter et à traiter le paludisme.", prévenait déjà le 25 mars dernier l'Organisation mondiale de la santé.

Le manque de financement dans la lutte contre cette maladie est la principale cause de subsistance du paludisme. "La plupart des financements viennent de pays étrangers. Les pays locaux financent peu la lutte contre le paludisme", explique le Dr Spès Ntabangana à RFI. "Il y a encore beaucoup d’efforts à faire de ce côté."

Un groupe de scientifiques a d'ailleurs mis en avant une possible éradication du paludisme d'ici 2050. Mais pour ce faire ils préconisent une augmentation des investissements dans la recherche et la prévention.

En attendant, ce sont les enfants qui paient le plus lourd tribut de la maladie : en 2018, ils ont représenté 67 % de l’ensemble des décès par paludisme (272 000).

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