Covid-19 : la stratégie de déconfinement de la France dans la dernière ligne droite

Le Premier ministre Édouard Philippe (au centre) aux côtés du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, lors d'une séance de questions à l'Assemblée nationale, le 21 avril 2020 à Paris.
Le Premier ministre Édouard Philippe (au centre) aux côtés du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, lors d'une séance de questions à l'Assemblée nationale, le 21 avril 2020 à Paris. © Jacques Witt, pool / AFP (archives)

Comment relancer progressivement un pays à l'arrêt depuis le 17 mars, sans revivifier la pandémie de Covid-19 ? C'est la question à laquelle se prépare à répondre l'exécutif français, qui a multiplié ces derniers jours les consultations autour de son plan de déconfinement.

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Le gouvernement français a multiplié ces derniers jours les consultations pour peaufiner son très attendu plan de déconfinement, en particulier avec les élus locaux, et planche lundi 27 avril sur les ultimes arbitrages à la veille de sa présentation officielle devant les députés.

L'enjeu est capital puisqu'il s'agit de déterminer les conditions dans lesquelles l'activité et la vie quotidienne des Français vont pouvoir redémarrer à partir du 11 mai, date choisie par l'exécutif pour la relance progressive d'un pays paralysé par le Covid-19.

À l'issue de la présentation de la "stratégie nationale du plan de déconfinement" par le Premier ministre Édouard Philippe, mardi après-midi à l'Assemblée nationale, un débat puis un vote sont prévus.

À deux semaines du début du déconfinement, les questions sont nombreuses : où rendre les masques obligatoires ? Quels tests et pour qui ? Réouverture des commerces partout ou par régions ? Quid des entreprises ? Et les vacances d'été ?

Le Conseil scientifique chargé d'éclairer le gouvernement a livré samedi soir ses recommandations pour une "levée progressive et contrôlée du confinement".

Le gouvernement doit se livrer à un périlleux numéro d’équilibriste : relancer l'économie sans relancer la pandémie. Le tout dans un contexte de défiance : les Français ne sont que 39 % à lui faire confiance pour faire face efficacement au coronavirus, soit sept points de moins en une semaine, selon un sondage Ifop pour le JDD.

Les oppositions s’insurgent

C'est sans doute la raison pour laquelle des consultations tous azimuts se sont déroulées pour faire les arbitrages.

Les maires ont ainsi été reçus par le président Emmanuel Macron jeudi, les régions et départements par Édouard Philippe jeudi et vendredi.

L'objectif est de "co-construire" ce plan avec élus, syndicats et patronat, a assuré le Premier ministre dimanche sur Twitter.

"Nous présenterons ensuite cette stratégie (...) aux associations d'élus locaux et aux partenaires sociaux, pour que s'engage une période de co-construction du plan national et de ses déclinaisons territoriales", a affirmé le chef du gouvernement, chargé de mettre en musique le déconfinement annoncé mi-avril par Emmanuel Macron.

De leur côté, les oppositions se sont insurgées contre le manque de temps entre la présentation à l'Assemblée et le vote le même jour, mais la conférence des présidents de l'Assemblée s'est prononcée contre un report du vote à mercredi.

Cela fait presque six semaines que le pays est confiné pour freiner la propagation du nouveau coronavirus qui, selon le dernier bilan dimanche soir, a fait depuis le 1er mars 22 856 morts dans le pays, dont 242 nouveaux décès en 24 heures.

La situation dans les hôpitaux s'améliore encore un peu avec 152 décès en 24 heures – bilan quotidien le plus faible en cinq semaines – et une baisse continue depuis dix-huit jours des patients en réanimation pour Covid-19 (4 682 personnes).

Mais les services de réanimation et de soins intensifs, qui comptaient 5 000 lits avant la crise, restent sous pression avec encore 7 553 hospitalisés, toutes causes confondues.

Avec AFP

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