Covid-19 : les championnats de foot et de rugby à l'arrêt jusqu'en septembre en France

La pelouse d'un stade de Saint-Denis, près de Paris, vide en raison de la pandémie de Covid-19, le 14 mars 2020.
La pelouse d'un stade de Saint-Denis, près de Paris, vide en raison de la pandémie de Covid-19, le 14 mars 2020. © AFP

L'annonce du gouvernement, mardi, a coupé court à une reprise prochaine des championnats de football et de rugby français, ouvrant une période d'incertitude pour ces deux sports. La Fédération française de football a confirmé l'arrêt définitif de la Ligue 1 pour la saison 2019-2020.

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"La saison 2019-2020 de sports professionnels ne pourra pas reprendre" en France : le plan gouvernemental de déconfinement annoncé mardi 28 avril a largement douché les espoirs du football et du rugby français, rendant caduque une reprise avant la fin de l'été, tout en laissant la porte ouverte au Tour de France cycliste.

Le Premier ministre français, Édouard Philippe, a sifflé la fin de partie pour les compétitions professionnelles (championnats de foot de 1re et 2e divisions, Top 14 et Pro D2 de rugby) suspendues mi-mars à cause du coronavirus. Et football et rugby ont rejoint basket, handball et volley, qui avaient déjà acté l'arrêt définitif de leur saison.

"Pour donner aux organisateurs d'évènements de la visibilité, je veux préciser que les grandes manifestations sportives (...), tous les évènements qui regroupent plus de 5 000 participants et font à ce titre l'objet d'une déclaration en préfecture et doivent être organisés longtemps à l'avance, ne pourront se tenir avant le mois de septembre", a déclaré le chef du gouvernement devant les députés.

Fin "définitive" de la saison 2019-2020 de Ligue 1

Le ministère français des Sports a ensuite précisé à l'AFP qu'il ne pourrait pas y avoir de compétition "même à huis clos" avant fin juillet, laissant néanmoins la possibilité de la tenue de certains matches en août. Ce qui pourrait permettre à Lyon et au Paris SG de terminer leur parcours en Ligue des champions courant août, comme envisagé par l'UEFA.

Mais pour le football, sport-roi au pays des champions du monde, l'horizon s'est brusquement bouché.

La Ligue 1 et la Ligue 2 sont "définitivement arrêtées pour la saison 2019-2020", a jugé le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, suivant l'avis gouvernemental à ce sujet, alors que la Ligue française de football professionnel (LFP), qui gère ces compétitions, privilégiait l'option d'une reprise du championnat de 1re division le 17 juin à huis clos pour terminer le 25 juillet.

Le National 1 (3e division) et la première division féminine, organisées pour leur part par la FFF, sont de fait clôturés de manière anticipée, a précisé Noël Le Graët. La LFP réunira son bureau jeudi, avant une réunion à fixer de son Conseil d'administration qui devrait entériner l'arrêt de la Ligue 1.

En l'état, le monde du ballon rond va devoir trancher la question de l'attribution du titre de champion (le PSG occupait la première place avant la suspension), celle des places européennes et les éventuelles relégations.

1,45 milliard d'euros de perte pour les championnats français

Cela génère une immense incertitude financière pour un secteur très dépendant de ses droits télévisés."Quid des finances des clubs ? Six mois sans recettes, comment on fait ? Comme le tourisme ou l'aérien, nous sommes un secteur sinistré, c'est officiel désormais", a confié à l'AFP le président d'un club de Ligue 1, alors que près d'un tiers des recettes issus des droits TV risque de partir en fumée.

Selon une estimation du ministère des Sports, les pertes pour les six sports professionnels majeurs (football, rugby, cyclisme, handball, volley-ball, basket-ball), s'élèveraient à 1,45 milliard d'euros en cas de non reprise des championnats. Dont 1,16 milliard d'euros pour le seul football professionnel (clubs de 1re et 2e divisions). 

Mais pour Sylvain Kastendeuch, coprésident du syndicat de footballeurs UNFP, c'est une décision "responsable". "Le gouvernement a compris que l'urgence économique ne devait pas prendre le pas sur l'impératif de santé publique", a-t-il réagi dans une déclaration transmise à l'AFP.

Cette annonce va à l'encontre de la volonté de l'UEFA, qui espérait dans la foulée terminer les compétitions européennes au mois d'août, au prix d'un calendrier chargé. Mais la France a emboîté le pas aux Pays-Bas, premier championnat européen à sceller son arrêt définitif vendredi dernier. 

Septembre, nouveau cap pour le rugby et le cyclisme

Concernant le rugby, la déclaration du Premier ministre a le mérite de clarifier la situation : la Ligue nationale de rugby avait déjà validé la solution d'une reprise en septembre en raison d'une période de tests et de réathlétisation estimée entre huit et douze semaines. 

Reste à savoir si la saison actuelle sera achevée avant de passer à la suivante, censée débuter le week-end du 5 et 6 septembre.

Pour le cyclisme, la jauge fixée par le Premier ministre à 5 000 personnes au maximum pour les manifestations sportives touche principalement le Dauphiné et le début du Tour de France. 

Le Dauphiné, la course préparatoire au Tour, doit prendre place en août dans le calendrier actuellement à l'étude par l'Union cycliste internationale (UCI). Le Tour est censé démarrer le 29 août à Nice, et les trois premières étapes sont concernées par la jauge des 5 000 personnes.

Au moins, le peloton français a vu une première incertitude levée : pour les coureurs, confinés comme les autres sportifs depuis le 17 mars, l'annonce du Premier ministre ouvre la voie à la reprise de l'entraînement individuel sur route le 11 mai.

Avec AFP

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