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Déconfinement, mode d'emploi: le plan enfin dévoilé

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Paris (AFP)

Comment relancer l'économie tout en préservant la santé publique? Le gouvernement présente mardi son plan pour faire redémarrer le pays par étapes à partir du 11 mai, alors que l'épidémie continue de ralentir sans avoir été stoppée par 43 jours de confinement.

L'enjeu: faire repartir l'économie sans déclencher une deuxième flambée de l'épidémie. Lundi soir, le bilan du coronavirus en France atteignait 23.293 décès, soit 437 de plus en 24 heures, dont 295 dans les hôpitaux. Le nombre de personnes en réanimation continue de décroître lentement, avec 74 malades de moins.

Quinze jours ont passé depuis le discours du président Emmanuel Macron: le délai demandé est tenu.

A deux semaines du Jour J, les arbitrages de cette stratégie tant attendue ont fait l'objet de six heures de réunion non stop à l'Elysée lundi avec autour du président, le Premier ministre, le pilote du plan Jean Castex, les ministres Olivier Véran (Santé) et Jean-Michel Blanquer (Education).

Quelques grands principes sont déjà connus, comme le retour des élèves à l'école sur la base du volontariat, l'adaptation locale sous la houlette des maires, la réouverture des commerces sauf les cafés-restaurants et le masque obligatoire dans les transports en commun.

- "Réversibilité, adaptabilité" -

Le plan portera d'abord sur les trois prochaines semaines de mai, avec une clause de revoyure début juin, dans un esprit "ultra-pragmatique", précise un proche de l'exécutif. Avec trois grands principes: "progressivité, réversibilité et adaptabilité".

Obectif: "protéger les Français dans un contexte où nous devons vivre avec le virus. D'où des contraintes proportionnées et choisies, et des règles allant du 11 mai à la fin du mois, suivies d'une nouvelle période à partir de début juin", détaille cette source.

Après le discours d'Edouard Philippe, le plan fera l'objet d'un débat de 2 heures 30 avec les députés, dont 75 pourront être physiquement présents, puis sera soumis au vote.

Un vote qui sera "probablement l'une des décisions les plus lourdes qu'un parlementaire aura eues à prendre depuis la Seconde guerre mondiale", avait affirmé lundi le dirigeant PS, Olivier Faure. Mardi il a exhorté le gouvernement à ne pas "jouer à la roulette russe le déconfinement". "Si on n'est pas prêt, on décale", a-t-il dit.

La majorité présidentielle risque d'être seule à voter le plan, fustigé d'avance par les oppositions de droite comme de gauche qui découvrent les mesures prévues en même temps que le reste des Français et dénoncent un vote sous pression après avoir réclamé en vain 24 heures de réflexion supplémentaires.

Le chef de file des députés LR Damien Abad a affirmé mardi que "la droite ne voterait pas" et s'abstiendrait "massivement" sur ce plan qui selon lui "est dans le flou, dans l'incertitude, avec beaucoup d'injonctions contradictoires" qui "créent de l'anxiété et de l'angoisse chez les Français". Certains députés LR "voteront contre", a-t-il précisé sur franceinfo.

Sur le fond, LR, LFI et le PS critiquent notamment le retour des élèves à l'école sur la base du volontariat. Et s'interrogent sur la logistique: y aura-t-il assez de masques le 11 mai? De tests? Comment seront isolés les malades?

- Confiance des Français en chute -

Le gouvernement est passé à la vitesse supérieure pour fournir les Français en masques, et l'Hexagone disposera de plus de 26 millions de masques grand public par semaine dès la fin avril, dont près la moitié produits dans le pays, a promis Bercy. Pharmacies et buralistes seront autorisés à les vendre.

Des syndicats d'enseignants et des maires jugent aussi le délai trop court pour appliquer aux écoles les règles très contraignantes préconisées par le Conseil scientifique.

Des psychologues alertent également sur l'impact de la situation sur les petits. "Les enfants sont les grands oubliés, très souvent leur souffrance psychique est banalisée", a affirmé mardi la psychothérapeute Hélène Romano sur France inter.

"C'est notre grande inquiétude, il y aura des troubles anxieux, de phobies scolaires, des troubles de conduites au niveau de rituels de lavage qui risquent de se manifester", a-t-elle dit, appelant à redonner à la médecine scolaire "les moyens d'exister" car il y aura "un besoin énorme de personnel formé (médecin, psy, assistant social); on ne l'a pas actuellement".

Autre point litigieux, le projet d'application de traçage des contacts des porteurs du virus, "StopCovid", contestée jusque dans les rangs de la majorité. Elle risque surtout de ne jamais être prête à temps, selon des parlementaires LREM.

Grâce à sa confortable majorité, le vote ne devrait être pour le gouvernement qu'une formalité. Dès mercredi, le Premier ministre a d'ailleurs prévu de présenter son plan aux élus locaux et aux préfets, puis aux partenaires sociaux probablement jeudi.

Le tout reste dans un climat de défiance persistant chez les Français, dont une majorité ne fait pas confiance à l'exécutif pour piloter le déconfinement. L'indice de confiance des ménages a par ailleurs subi en avril une chute historique, selon l'Insee.

D'après Mme Romano, au vu des incertitudes liées au virus, "les gens sont plus stressés par les conditions du déconfinement que par le confinement en tant que tel".

Rare lueur d'espoir dans la crise: un médicament, l'immuno-modulateur tocilizumab, a montré son efficacité pour prévenir les formes graves de pneumonies du Covid-19, selon une étude française encore non publiée révélée mercredi par l'AP-HP.

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