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Brésil : Jair Bolsonaro annule la nomination d’un proche à la tête de la police fédérale

Le président brésilien Jair Bolsonaro pourrait faire face à une procédure de destitution après l'ouverture d'une enquête ordonnée lundi par la plus haute juridiction brésilienne.
Le président brésilien Jair Bolsonaro pourrait faire face à une procédure de destitution après l'ouverture d'une enquête ordonnée lundi par la plus haute juridiction brésilienne. © Adriano Machado, Reuters

Jair Bolsonaro est revenu, mercredi, sur sa décision de nommer un ami personnel de son fils au poste de chef de la police fédérale. Cette nomination avait été suspendue par un juge de la Cour suprême sur fond d’accusations d’ingérence et d’une enquête qui pourrait mettre en péril son mandat. Le président brésilien a également nommé un avocat au profil technocrate au ministère de la Justice.

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Le président brésilien Jair Bolsonaro a rétropédalé, mercredi 29 avril, après avoir nommé Alexandre Ramagem à la tête de la police fédérale, un des principaux organes d'investigation du pays dépendant du ministère de la Justice. Cet ami personnel de la famille Bolsonaro, jusqu’alors directeur de l’Agence brésilienne de renseignement (ABIN) devait prendre, mercredi, ses fonctions de Directeur général de la police fédérale après le limogeage en fin de semaine dernière de son prédécesseur par le président d'extrême droite.

Le président brésilien est revenu sur cette nomination quelques heures après que cette dernière a été suspendue par un juge de la Cour suprême. Un autre juge de la juridiction avait autorisé, lundi, l'ouverture d'une enquête sur les accusations selon lesquelles le dirigeant d'extrême droite aurait tenté de s'ingérer dans le travail de la police fédérale à des fins politiques. Cela pourrait constituer une première étape vers une procédure de destitution.

En évinçant le précédent chef de la police fédérale, Maurice Valeixo, Jair Bolsonaro avait créé la polémique et provoqué la démission fracassante, le 24 avril, du populaire ministre de la Justice Sergio Moro, qui exerce la tutelle sur la police fédérale. Celui-ci a accusé Jair Bolsonaro de vouloir placer un proche à qui il pourrait réclamer des informations sur des enquêtes en cours – certaines concernant directement son entourage proche, notamment ses fils.

Nomination “pas conforme aux principes constitutionnels d’impartialité”

Alexandre Ramagem est notamment un ami personnel de Carlos Bolsonaro, l'un des fils du président. Selon les médias, les enquêteurs s’intéressent à ce fils pour son rôle présumé dans une vaste campagne de fausses informations sur les réseaux sociaux qui visaient plusieurs juges de la Cour suprême, entre autres. Ces derniers ont contrarié des projets du chef de l'État.

Mercredi, le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, saisi par le parti d'opposition de centre gauche PDT, a ainsi estimé que la désignation d'Alexandre Ramagem n'était "pas conforme aux principes constitutionnels d'impartialité, de moralité et d'intérêt public", selon le texte de l'arrêt auquel l'AFP a eu accès.

Après cette suspension à titre provisoire, il appartient désormais à la Cour suprême de confirmer ou d'infirmer la décision du juge de Moraes, dans un délai non précisé.

Le président Bolsonaro a pris acte de l'arrêt du juge Moraes et a annulé la nomination quelques heures plus tard, dans une édition supplémentaire du Journal officiel. Alexandre Ramagem restera à la tête de l'Agence brésilienne de renseignement. Mais cela ne veut pas dire qu'il ne pourra pas être nommé à nouveau à l'avenir, si la Cour suprême venait à annuler la décision du juge Moraes.

Choisir un ami de la famille ? "Et alors ?", répond Jair Bolsonaro

Alexandre Ramagem était le chef de l'équipe de sécurité de Jair Bolsonaro durant la campagne présidentielle. Il avait pris ses fonctions juste après l'attentat à l'arme blanche subi par le candidat d'extrême droite, en septembre 2018.

Interrogé le 26 avril par un internaute sur le choix de nommer un proche à la tête de la Police fédérale, Jair Bolsonaro a répondu sur un réseau social : "Et alors ?" "J'ai connu Ramagem avant de connaître mes fils. Alors il devrait être rejeté pour cette raison ? Je dois choisir l'ami de qui ?"

L'Association nationale des commissaires de la police fédérale a publié une lettre ouverte au président d'extrême droite, évoquant une "crise de confiance" et affirmant que le successeur de Mauricio Valeixo devrait "prouver qu'il n'a pas été nommé pour remplir une mission politique".

Si le parquet trouve des éléments accusant Jair Bolsonaro, la Chambre des députés devra encore autoriser l'ouverture d'un procès par la Cour suprême. Si le président était traduit devant la plus haute juridiction du pays, il serait écarté du pouvoir le temps du jugement.

Un avocat évangélique à la Justice

Le leader d’extrême-droite a toutefois maintenu la nomination d’André Mendonça, un avocat au profil modéré, pour remplacer Sergio Moro au ministère de la Justice. Le nouveau ministre de 47 ans occupait le poste d'avocat général de l'Union, chargé de défendre les intérêts juridiques du gouvernement.

Respecté parmi les juristes, cet avocat de formation est également pasteur de l'Église presbytérienne de l'Espérance, une dénomination évangélique au profil plus modéré que les néopentecôtistes qui ont fortement contribué à l'élection du président d'extrême droite.

En juillet dernier, Jair Bolsonaro avait cité son nom parmi les personnalités "terriblement évangéliques" qu'il comptait nommer à la Cour suprême.

Mais André Mendonça n'avait pas fait campagne pour lui lors de la présidentielle de 2018, lui préférant l'écologiste Marina Silva.

Le premier nom pressenti pour remplacer Sergio Moro était celui de Jorge Oliveira, secrétaire général de la présidence, qui a été témoin de mariage d'Eduardo Bolsonaro, un des fils du président. Mais le chef de l'État a finalement décidé de nommer une personnalité au profil plus neutre.

Avec AFP et Reuters

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