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Coronavirus: différents tests pour différents usages

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Paris (AFP)

Diagnostiquer les malades, connaître la part de la population infectée, voire peut-être mesurer le degré d'immunité: plusieurs types de tests existent pour lutter contre le coronavirus et ils ont chacun un rôle bien précis.

- Tests RT-PCR

Utilisés depuis le début de l'épidémie, ces tests virologiques servent à faire un diagnostic et donc à dire si un malade est infecté au moment où on les réalise.

C'est sur eux que s'appuie la stratégie mise en oeuvre par la Corée du Sud, citée en modèle pour contrôler l'épidémie: tester massivement, mettre en quarantaine les cas positifs, "tracer" les personnes avec lesquelles ils ont été en contact pour les tester à leur tour.

C'est pourquoi la capacité des pays à réaliser suffisamment de tests de diagnostic sera un critère décisif pour une sortie de confinement réussie.

La technique utilisée, dite RT-PCR, est une méthode de détection du génome du virus.

Pour cela, on doit aller chercher le virus dans les sécrétions du malade. Le prélèvement est effectué en introduisant profondément un écouvillon (long coton-tige) dans son nez (ou sa bouche dans certaines pays).

Le prélèvement peut être fait en laboratoire de ville, à l'hôpital mais aussi en "drive", sur des parkings (la personne testée restant au volant de son véhicule). Le résultat tombe en laboratoire au bout de quelques heures.

La technique RT-PCR est fiable, mais le prélèvement doit être correctement réalisé, faute de quoi on risque de ne pas détecter un malade. Il ne faut pas se contenter de placer l'écouvillon dans la narine, mais l'enfoncer dans les fosses nasales pour aller buter jusqu'à la partie supérieure du pharynx.

L'autre facteur d'erreur est le moment où le prélèvement est réalisé. Si un malade est testé très tôt pendant la phase d'incubation ou tout à la fin de la maladie, la quantité de virus peut ne pas être suffisante pour qu'il soit repéré.

On estime à environ 30% la proportion de ces "faux négatifs" (autrement dit, on passe à côté de 3 malades sur 10).

- Tests de sérologie

Ces tests, pour lesquels une prise de sang suffit, n'ont pas le même objectif que la RT-PCR. Ils visent à déterminer après coup si un individu a été en contact avec le virus en détectant les anticorps (la réponse du système immunitaire).

Il y a quelques semaines, les autorités sanitaires mondiales en attendaient beaucoup pour déterminer qui était immunisé et pouvait donc sortir du confinement.

Mais ces espoirs ont été douchés: on ne sait pas encore si les personnes qui ont contracté le nouveau coronavirus sont ensuite immunisées et protégées contre une réinfection. Et même si cette immunité existe, il est impossible de dire combien de temps elle dure.

C'est pourquoi l'OMS (Organisation mondiale de la santé) a mis en garde samedi contre la délivrance d'éventuels "passeports immunitaires".

Autre gros bémol, la fiabilité de ces tests n'est pas encore établie.

Une fois que cela sera fait, ils seront toutefois utiles pour avoir une meilleure connaissance de l'épidémie, en permettant de déterminer quelle proportion de la population a été infectée.

Pour cela, plusieurs pays ont mis en route des enquêtes épidémiologiques basées sur les tests de sérologie: on teste des échantillons représentatifs de la population, comme pour un sondage.

Déterminer la part de la population infectée aidera à connaître le véritable taux de décès de la maladie, qu'on peut aujourd'hui seulement estimer.

On distingue deux catégories de tests de sérologie: les tests automatisables (principalement basés sur une technique nommée Elisa), réalisables uniquement dans des laboratoires de biologie, et les tests unitaires.

Ces derniers peuvent être utilisés comme test de diagnostic rapide en laboratoire, en dehors d'un laboratoire par un professionnel de santé ou avec un autotest par le patient lui-même, à partir d'une goutte de sang au bout du doigt (leur fiabilité est toutefois contestée).

- Tests de neutralisation

Ces tests sont eux aussi des tests de sérologie (de "sérum", partie liquide du plasma sanguin), mais poussent la logique plus loin. Ils ne visent pas seulement à détecter la présence d'anticorps, mais à mesurer leur efficacité contre le virus.

En France, l'Institut Pasteur en a développé deux.

"L'un utilise du vrai virus, il est donc lourd à manipuler et doit l'être dans des laboratoires de sécurité P3. L'autre utilise un pseudovirus" non infectieux et est plus facile à utiliser, explique à l'AFP Olivier Schwartz, responsable de l'unité virus et immunité à l'Institut Pasteur.

Ce type de tests n'en est pour l'instant qu'à l'étape de la recherche, loin d'une future commercialisation.

"D'autres travaux seront nécessaires pour déterminer la quantité d'anticorps neutralisants susceptible de contribuer à la protection, ainsi que leur persistance dans le temps", précise l'Institut Pasteur.

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