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Covid-19 : l’Allemagne s'attend à sa “pire récession” économique depuis 50 ans

Les exportations allemandes sont particulièrement touchées par les conséquences de la pandémie de coronavirus. Ici, un employé dans la ligne d'assemblage de Volkswagen, à Wolfsburg, le 27 avril 2020.
Les exportations allemandes sont particulièrement touchées par les conséquences de la pandémie de coronavirus. Ici, un employé dans la ligne d'assemblage de Volkswagen, à Wolfsburg, le 27 avril 2020. © Swen Pfoertner, Reuters

Le gouvernement allemand devrait faire face à la plus grave récession économique qu'a connu le pays depuis la Seconde Guerre mondiale à cause de la pandémie de coronavirus, a averti mercredi son ministre de l'Économie. Peter Altmaier a annoncé une importante révision des prévisions de croissance de l'Allemagne et un PIB qui devrait chuter de 6,3 % cette année.

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Le moteur de l’économie européenne est en panne. La pandémie de coronavirus va plonger l’Allemagne dans sa plus grave récession depuis la Seconde Guerre mondiale, a annoncé mercredi 29 avril le ministre de l’Économie Peter Altmaier. Le PIB allemand devrait chuter de 6,3 % en 2020, alors que son ministère tablait sur une croissance de 1,1 % jusqu’alors.

Cette projection, qui se base sur une levée "progressive et modérée" des restrictions en place pour limiter la propagation de la pandémie, prévoit un rebond en 2021, avec une croissance de 5,2 % du produit intérieur brut.

"Nous allons vivre la pire récession de l'histoire de la République allemande", a commenté Peter Altmaier. "Après dix ans de croissance, les conséquences de la pandémie plongent notre économie dans une récession (et posent) un grand défi économique et politique".

Des prévisions d'effondrement du PIB de 10 % au deuxième trimestre

"La plus grande chute intervient au deuxième trimestre", a ajouté le ministre, avant une "relance" espérée de l'activité. Le PIB allemand devrait s'effondrer de 10 % au deuxième trimestre, du jamais vu dans l'histoire récente, selon des projections communes des principaux instituts économiques, publiées début avril.

Par ailleurs, "le marché du travail se retrouve sous une forte pression", note Peter Altmaier. Au moins trois millions de personnes étaient en mars et avril au chômage partiel ("Kurzarbeit").

Si une hausse du taux de chômage à 5,8 % est attendue, "elle est sensiblement limitée par le recours" à ce dispositif, où l'État allemand prend en charge deux tiers du salaire des employés concernés, a expliqué le ministre de l’Économie.

Depuis la semaine dernière, l'Allemagne a lancé un déconfinement progressif, en commençant avec la réouverture de certains commerces.

"Nous ne devons pas risquer une deuxième hausse des infections" et éviter une nouvelle "propagation incontrôlée", a mis en garde Peter Altmaier, ajoutant qu'il est favorable à un assouplissement supplémentaire des restrictions "si les chiffres le permettent". "C'est une course d'endurance" et "nous ne devons pas mettre en danger les succès" obtenus jusqu'ici.

Exportations impactées et aides aux entreprises

L'industrie exportatrice, pilier de l'économie allemande, est particulièrement touchée par la crise, qui atteint ses débouchés et ralentit fortement les échanges internationaux. 

Le gouvernement s'attend à une baisse des exportations de 11,6 % en 2020 avant une reprise à + 7,6 % en 2021. Les importations doivent, quant à elles, diminuer de 8,2 % en 2020 avant de progresser de 6,5 % l'année prochaine. Dans les deux cas, le niveau de 2019 ne sera donc pas retrouvé avant 2022 au moins.

Pour faire face à la crise, le Parlement allemand a déjà adopté fin mars un plan de près de 1 100 milliards d'euros, incluant des dispositifs de garanties publiques de prêts et d'aides directes aux entreprises, notamment pour les PME.

Plusieurs grandes entreprises ont également déjà profité de ce soutien via des prêts garantis, dont le voyagiste TUI et l'équipementier Adidas, tandis que la compagnie Lufthansa négocie une aide de plusieurs milliards d'euros qui pourrait voir l'État monter au capital du groupe.

Avec AFP et Reuters

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