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Décès d'Irrfan Khan, l'acteur de "Slumdog Millionaire" et "Jurassic World"

Irrfan Khan pose avec le trophée du meilleur acteur, décerné aux Asian Film Awards, à Macao le 27 mars 2014
Irrfan Khan pose avec le trophée du meilleur acteur, décerné aux Asian Film Awards, à Macao le 27 mars 2014 Philippe LOPEZ AFP/Archives
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Bombay (AFP)

L'acteur indien Irrfan Khan, décédé à l'âge de 53 ans, était devenu une star à Bollywood comme à Hollywood avec ses rôles dans des films comme "Slumdog Millionaire", "Jurassic World" ou "The Lunchbox", après avoir pourtant bien failli abandonner le cinéma.

Atteint d'un cancer rare diagnostiqué en 2018, Irrfan Khan venait d'être hospitalisé cette semaine à Bombay et son décès a été annoncé mercredi par son agent selon lequel "Irrfan était une âme forte, quelqu'un qui a combattu jusqu'à la fin et a toujours inspiré tous ceux qui se sont approchés de lui".

Né le 7 janvier 1967 dans le Rajasthan (Nord), Irrfan Khan s'est découvert très jeune une passion pour le théâtre et étudie à la National School of Drama de New Delhi. Mais jouer Shakespeare ou Tchékhov ne l'aide guère à ses débuts, dans les années 1980, dans un cinéma indien prisant alors plutôt les blockbusters avec chants et danses.

Il décroche un rôle dans "Salaam Bombay" (1988) de Mira Nair mais doit se résoudre à voir au montage son rôle réduit à une simple apparition. Il pleure des heures durant, confiera-t-il au magazine indien Open: "cela a changé quelque chose en moi. Après ça, j'étais prêt à tout".

Suivent des rôles pour la télévision, quelques rôles secondaires à Bollywood. Les producteurs l'écartent de tout rôle principal, jugeant son physique atypique. Frustré, le voilà sur le point de tout abandonner lorsque le cinéaste britannique Asif Kapadia fait appel à lui pour "The Warrior" (2001).

Encensé, le film vaut à Irrfan Khan d'être repéré en Inde par une nouvelle génération de réalisateurs désireux d'explorer de nouveaux territoires.

Sa formation classique lui sert dans des adaptation de "Macbeth" ("Maqbool", 2003) et "Hamlet" ("Haider", 2014). Il gagne le coeur du public dans des films plus légers comme "Piku" (2015), aux côtés des superstars de Bollywod Amitabh Bachchan et Deepika Padukone.

Parallèlement, il s'est ouvert la route d'Hollywood en s'attachant à prendre ses distances avec les conventions bollywoodiennes pour se concentrer sur la subtilité de son jeu. Il joue aux côtés d'Angelina Jolie dans le drame "Un cœur invaincu" (2007) de Michael Winterbottom, présenté à Cannes.

En 2008, son visage devient mondialement connu grâce à "Slumdog Millionaire" de Danny Boyle, film aux huit Oscars où il campe un inspecteur de police. Il poursuit sa carrière aux Etats-Unis en jouant dans des blockbusters comme "The Amazing Spider-Man" (2012), "Jurassic World" (2015), et "Inferno" (2016).

- "Une douche écossaise" -

La critique le salue pour "L'Odyssée de Pi" (2012) du Taïwanais Ang Lee et "The Lunchbox" (2013), comédie romantique de Ritesh Batra où il incarne un comptable solitaire tombant amoureux d'une femme au foyer avec laquelle il dialogue à distance via la gamelle de son déjeuner.

Le public occidental "apprécie la profondeur apportée à un personnage", explique-t-il en 2015 à l'AFP. Reste qu'il apprécie "le peu de formalisme et l'importance des relations personnelles à Bollywood" car "les choses sont trop compartimentées à Hollywood et le système peut être rigide".

Père de deux enfants, Irrfan Khan a joué dans une centaine de films, remportant de multiples récompenses et gagnant l'admiration de ses pairs. Pendant la promotion d'"Inferno" (2016), l'acteur américain Tom Hanks le qualifie de "mec le plus cool dans cette pièce".

Sa vie prend un tour tragique en 2018 avec l'annonce de son cancer. Il part durant un an se faire soigner à Londres, accompagné de sa famille, puis revient jouer un père célibataire dans "Angrezi Medium" (2020). Avant la sortie du film, il doit retourner en Grande-Bretagne pour des soins.

En mars, il a expliqué au Mumbai Mirror, quotidien de Bombay, que sa vie depuis l'annonce de sa maladie a été comme "une douche écossaise", où "les moments heureux prennent du relief à cause de l'incertitude sous-jacente", ajoutant: "nous avons un peu pleuré et beaucoup ri".

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