Accéder au contenu principal

Covid-19 : une situation disparate dans les territoires d'Outre-mer

Le lycée Lapérouse de Nouméa a rouvert ses portes le 22 avril en respectant des mesures de protection contre le Covid-19.
Le lycée Lapérouse de Nouméa a rouvert ses portes le 22 avril en respectant des mesures de protection contre le Covid-19. © Théo Rouby, AFP

Alors que l'épidémie touche durement la Guyane et Mayotte, fragilisés par la pauvreté et des capacités sanitaires limitées, d'autres territoires ultramarins ont déjà amorcé leur déconfinement.

Publicité

Le seul territoire français habité non contaminé par le Covid-19 s'appelle Wallis-et-Futuna et se trouve dans l'océan Pacifique, à plus de 16 000 kilomètres de la métropole. Une situation privilégiée qui tranche fortement avec celle vécue par d'autres territoires d'Outre-mer durement touchés. Tour d'horizon de ces territoires dans lesquels vivent quelque 2,6 millions d'habitants.

• Mayotte

Le stade 3 de la pandémie a été atteint jeudi 30 avril à Mayotte. Dans son bulletin d'information quotidien, l'Agence régionale de santé Mayotte annonce l'adoption de nouvelles mesures de protection pour répondre à la "circulation active du virus" sur cet archipel qui compte officiellement 256 000 habitants.

Le bilan fait actuellement état de 534 personnes contaminées et 4 décédées, alors que le pic épidémique ne devrait se produire que dans 15 jours. Et la situation pourrait prendre une tournure dramatique, comme le rappelle Cyril Payen, chroniqueur à France 24. "On redoute un tsunami sanitaire sur place. Plus de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et 30 % des habitations n'ont pas accès à l'eau courante", rappelle-t-il.

Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, a estimé, lors d'une émission spéciale proposée jeudi par le pôle Outre-mer de France Télévisions, que Mayotte vit une situation sanitaire et sociale "difficile" à laquelle les autorités locales s'efforcent de faire face. Elle a ajouté que le combat sanitaire doit se faire "sur deux fronts" en raison de l'explosion de l'épidémie de dengue, une maladie transmise par les piqûres de moustiques.

• La Réunion

Depuis le 11 mars et l'annonce du premier cas de contagion, l'île lutte également activement contre l’épidémie de Covid-19. Au 29 avril, 420 personnes contaminées ont été recensées et aucun décès n'était à déplorer. L'île se penche désormais sur les mesures de déconfinement, un retour dans les écoles primaires et secondaires étant prévu, sur la base du volontariat, à compter du 18 mai. La Réunion doit également faire face à l'épidémie de dengue qui connaît une forte accélération dans l'océan Indien.

• Guyane

Les cinq premiers cas de Covid-19 détectés début mars étaient des résidents de la commune de Saint-Laurent-du-Maroni de retour d'un voyage dans l'Hexagone où ils avaient participé à un rassemblement religieux à Mulhouse. Au 29 avril, 125 cas de contamination ont été détectés ; un premier décès est survenu le 19 avril.

Plusieurs ONG présentes dans ce territoire français situé en Amérique du Sud ont alerté du danger que représente le confinement pour les habitants les plus vulnérables. "Les gens ont faim, les enfants n’ont plus à manger", a expliqué Aude Trépont, coordinatrice générale de Médecins du monde en Guyane, au quotidien La Croix. Le risque de crise sociale y est très fort. Et sur le plan sanitaire, les autorités locales doivent également faire face à l'épidémie de dengue.

• Les Antilles

Avec près de 360 000 habitants, la Martinique compte le plus grand nombre de morts (14 pour 175 cas) des collectivités d'Outre-mer, suivie de la Guadeloupe – environ 400 000 habitants, 49 cas et 11 décès. Un taux qui s'explique notamment par le fait que ces îles comptent une grande proportion de personnes âgées. Saint-Barthélémy et Saint-Martin comptent ensemble 44 cas et 3 décès.

Cliquez ici pour suivre l'évolution de la pandémie dans la France d'Outre-mer

• Saint-Pierre-et-Miquelon

Les 6 000 habitants de l'archipel vont pouvoir sortir du confinement à partir du 4 mai mais l'activité économique ne reprendra que progressivement selon les secteurs. Les deux îles proches du Canada n'ont enregistré à ce stade qu'un cas confirmé de contamination au nouveau coronavirus.

• Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Walllis-et-Futuna

Très préservée avec 18 personnes contaminées, la Nouvelle-Calédonie a assoupli ses mesures de confinement dès le 20 avril. Une partie des élèves de cette collectivité a ainsi repris le chemin de l'école voilà une semaine. Avec seulement 58 cas, la Polynésie française a également entamé le déconfinement et poursuit cette semaine celui de Tahiti et de Moorea, les deux îles les plus peuplées qui ont concentré la majorité des cas (57). Aucun décès n'a été signalé dans ces territoires de l'océan Pacifique.

Seul territoire français habité non contaminé, Wallis-et-Futuna a opté pour un "confinement externe" en s'isolant complètement du reste du monde dès le 16 mars et n'a connu aucun cas de Covid-19 depuis ce jour. Cette collectivité d'Outre-mer devrait bientôt voir le retour de plusieurs dizaines de résidents. Le bateau Le Lapérouse, un yacht de croisière de la compagnie Ponant, doit en effet quitter la Nouvelle-Calédonie autour du 8 mai avec une centaine de passagers à bord. Une poignée de jours lui suffit normalement pour rallier le port de Mata Utu depuis Nouméa. Mais il ralentira, et mouillera si besoin au large de Wallis, pour respecter une "quarantaine maritime" de 14 jours. Et à leur arrivée, les passagers du navire seront soumis à des examens médicaux avant de débarquer.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.