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Top 14: "C'est quoi un titre par rapport à tous ces morts?", interroge le président de l'UBB

Le président du club de Bordeaux-Bègles, le 11 mars 2020 avant un match contre Grenoble, au stade Chaban-Delmas
Le président du club de Bordeaux-Bègles, le 11 mars 2020 avant un match contre Grenoble, au stade Chaban-Delmas NICOLAS TUCAT AFP/Archives
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Bordeaux (AFP)

"C'est quoi un titre par rapport à tous ces morts ?", a lancé jeudi auprès de l'AFP Laurent Marti, président de Bordeaux-Bègles largement en tête du Top 14 à l'annonce de la fin du championnat qui ne devrait pas décerner de couronne cette saison.

Q: Comme attendu, la saison s'est terminée pour vous le 1er mars...

R: "Oui, elle est terminée. Les conditions sanitaires ne permettent pas de la finir correctement. Dans un premier temps, il y a un mois et demi, je me suis battu pour qu'on puisse finir cette saison si les conditions sanitaires le permettaient, en la rendant la plus équitable possible. Puis il y a eu une deuxième phase liée au rapport médical de la Ligue qui nous disait +attention, on a des doutes sur la sécurité des joueurs dans la mesure où ce virus a une affinité pour le cœur+. A partir de là, je me dis qu'on ne va quand même pas mettre les joueurs trop rapidement à l'entraînement sans avoir de test, c'est ce que nous disait le corps médical et on avait aucune garantie d'avoir des tests. Ca devenait trop dangereux donc on a oublié ça."

Q: Quels sentiments vous laisse cette saison ?

R: "Beaucoup de gens nous disent +vous n'avez vraiment pas de bol, une année où vous étiez si bien partis...+ Oui, c'est vrai, on aurait aimé défendre nos chances jusqu'au bout. Mais d'abord, tu te dis, c'est quoi un titre par rapport à tous ces morts qu'on a connus? On vient de perdre Jean-Marc Manducher, l'ex-président d'Oyonnax, qui était un type fantastique. Alors je suis partagé. En même temps, je me dis qu'il y a un truc qu'on ne pourra pas nous enlever, c'est qu'aux deux-tiers de la saison, jamais une équipe n'avait eu autant d'avance sur ses poursuivants. On était à 25.000 spectateurs de moyenne, jamais personne n'a fait aussi bien. On a eu des matches fabuleux, une ambiance extraordinaire au stade, dans l'équipe, dans le club. On ne pourra pas nous l'enlever. Il n'y a pas un titre qui le matérialise mais les raisons qui font que cela ne soit pas matérialisé sont bien plus graves qu'un nom gravé sur un bouclier".

Q: L'UBB est le vainqueur moral du Top 14, vous accepteriez ce titre ?

R: "Moral, je ne sais pas ce que cela veut dire. On sait qu'on dominait largement ce championnat, que ce championnat passe par des phases finales et qu'en phases finales, tu peux perdre. Donc on reste très humble par rapport à ça."

Q: Fin mars, l'idée d'un bonus-malus a circulé pour que cette saison ne soit pas complètement blanche. C'est toujours d'actualité ?

R: "Ca fait partie des choses qui m'ont beaucoup déçu dans cette crise. L'allure avec laquelle les présidents de Top 14 comme de Pro D2 ont balayé par un vote toutes possibilités de donner un avantage quelconque à ceux qui avaient de l'avance au classement m'a profondément écœuré. Pour la Pro D2, c'est encore plus injuste. Ils sont à 75% des matches joués, on leur dit 'vous ne montez pas' et on ne leur donne aucun avantage points".

Q: Avant d'évoquer la reprise, il y a aussi la question des salaires des joueurs à gérer.

R: "En ce qui me concerne, je n'ai pas encore parlé à mes joueurs donc je ne vais pas le faire par voie de presse. Il y a juste une généralité qui est de dire que s'il n'y a pas un effort collectif à tous les stades du club, les clubs vont mourir. C'est le point N.1. Personnellement, j'attends qu'on ait une vision un peu plus claire de quand on rejoue, savoir comment les partenaires vont nous suivre, est-ce que l'État va nous aider, avant d'aller voir les joueurs à livre ouvert et leur dire +voilà les gars où on en est, voilà l'effort qu'il faut que vous fassiez sinon le club pourrait disparaitre+"

Q: Vous vous voyez reprendre la saison prochaine à huis clos avant de revenir à la normale ?

R: "On y sera peut-être contraint mais ce serait terrible car l'économie du rugby ne supporterait pas du huis clos. On ne peut pas vivre à huis clos. 20 % de nos recettes seulement émanent des droits télés, 80 % émanent de tout ce que l'on fait autour du terrain. Donc on ne tiendra pas malgré une baisse des salaires des joueurs".

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