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Un "téléthon" organisé par l'UE lève 7,4 milliards d'euros pour un vaccin contre le Covid-19

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pendant une conférence de presse à Bruxelles le 15 avril 2020
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pendant une conférence de presse à Bruxelles le 15 avril 2020 John Thys Pool/AFP

La présidente de la Commission européenne a annoncé lundi avoir obtenu 7,4 milliards d'euros de promesses de dons pour financer un vaccin contre le coronavirus, quelques heures après le lancement d'une conférence mondiale de donateurs en ligne.

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Un "marathon en ligne" a permis de récolter 7,4 milliards d'euros de promesse de dons pour financer la recherche et le développement d'un vaccin contre le nouveau coronavirus, a annoncé lundi 4 mai la présidente de la Commission européenne.

"Nous l'avons fait. Nous avons obtenu 7,4 milliards d'euros" de contributions, a déclaré Ursula von der Leyen, en précisant que la star Madonna venait de contribuer pour 1 million de dollars. L'objectif de ce "téléthon" mondial était de recueillir 7,5 milliards d'euros.

La Commission européenne a donné le coup d'envoi de cette levée de fonds à 15 h (13 h GMT) avec l'annonce d'une contribution d'un milliard d'euros. La France (500 millions) et l'Allemagne (525 millions) ont suivi et permis de passer la barre des 2 milliards d'euros. Cette initiative s'adressant aux donateurs du monde entier a néanmoins été contrariée par l'absence du gouvernement américain et la volonté affichée du président Trump de faire cavalier seul.

Un vaccin est "notre meilleure chance collective de vaincre le virus", a souligné Ursula von der Leyen, organisatrice de ce "téléthon".

La pandémie a déjà frappé au moins 3,5 millions de personnes dans le monde, dont 1,5 million en Europe, et tué près de 250 000 malades, dont 143 000 en Europe, selon les décomptes réalisés par l'AFP.

Gouvernements, philanthropes, dirigeants d'entreprises et célébrités ont été sollicités. Une quarantaine de pays et une vingtaine d'organisations ont répondu à l'appel.

La stratégie solitaire de l'administration américaine a néanmoins suscité des regrets. "L'Union européenne a répondu favorablement à une demande d'action globale. Les États-Unis ont refusé. Ce sont eux qui s'isolent", a déploré un responsable européen.

"Mais nous travaillons de manière très étroite avec des entités américaines très puissantes, comme la fondation de Bill et Melinda Gates qui ont une énorme puissance financière et beaucoup d'influence", a-t-il souligné.

"Bien public mondial"

"Nous devons développer un vaccin, le produire et le déployer dans tous les coins du monde. Et nous devons le rendre disponible à des prix abordables", plaide Ursula von der Leyen dans son appel aux dons.

La première conséquence du cavalier seul américain pourrait être une accélération des rivalités dans la course au vaccin, ce que redoutaient les Européens.

"Les États-Unis espèrent gagner la guerre du vaccin et sont prêts à mettre toutes leurs forces dans la bataille", souligne Isabelle Marchais dans une note publiée lundi par l'Institut Jacques Delors.

Plus de 100 projets de recherche sont actuellement menés dans le monde, dont huit sont déjà au stade des essais cliniques aux États-Unis, en Chine et en Europe, précise Isabelle Marchais.

"Compte tenu des enjeux de la pandémie actuelle, certaines entreprises, notamment américaines et chinoises, sont prêtes à lancer la production avant la fin des essais cliniques afin d'être les premières à commercialiser le vaccin", souligne l'analyste.

"S'ils perdent la bataille, les Européens pourraient alors se retrouver en situation de faiblesse face aux Américains ou aux Chinois", met-elle en garde. "A contrario, si un vaccin est produit par l'Europe, en Europe, on peut imaginer que cette dernière sera prioritaire tout en étant en mesure de planifier une distribution dans les pays tiers", explique-t-elle.

Ce vaccin devra être "un bien public mondial", a insisté Emmanuel Macron.

Avec AFP

 

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