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C1: Rennes doit bâtir "avec un budget de C3", dit Stéphan à l'AFP

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Rennes (AFP)

Ayant guidé Rennes jusqu'à une inédite troisième place de L1, l'entraîneur Julien Stéphan savoure cette "surperformance" dans un entretien à l'AFP mais prévient que le club breton abordera les tours préliminaires de Ligue des champions "avec un budget de Ligue Europa", sans certitudes de recrutement.

Q: Comment avez-vous vécu l'arrêt anticipé de cette saison en raison de la pandémie ?

R: "On aurait tous souhaité un verdict de terrain mais ce n'était pas possible de continuer le championnat en préservant la santé de tous les acteurs. Ça me semble être la décision la plus sage au regard du contexte (...). Et pour ce qui nous concerne, on a quand même fait les trois-quarts du championnat et je pense qu'au regard de notre parcours, le Stade rennais a mérité de terminer 3e (...). Bien que nous soyons le 9e budget, on a réussi à terminer devant des clubs comme Monaco, comme Lyon, qui ont des moyens financiers bien plus importants que les nôtres. La surperformance, elle vient de là."

Q: Êtes-vous prêts pour faire le grand saut vers la C1 ?

R: "Déjà on n'est pas qualifiés. Et si par bonheur on peut y accéder (après les tours préliminaires, NDLR), on sait très bien que c'est une autre dimension. On l'a vu avec Lille cette année, qui pourtant avait un effectif de très bonne facture, un budget du double du nôtre et qui n'a pas réussi à gagner un match dans son groupe avec l'Ajax, Valence et Chelsea. Le niveau est très très élevé, il faut à la fois de l'expérience et beaucoup de maturité pour s'en sortir. C'est un autre monde. Pour l'instant, on n'y est pas encore."

Q: Comment vous y préparer ?

R: "Il faudra voir les conséquences de la pandémie sur le budget du club. Pour l'instant, il faut construire avec un budget de Ligue Europa et non pas avec un budget de Ligue des champions. Toute la difficulté sera de pouvoir à la fois se renforcer et faire avec nos moyens (...). L'objectif, c'est vraiment d'essayer de garder le noyau dur qui a terminé 3e du championnat, qui a fait une demi-finale de Coupe de France, pour aussi garder les acquis de notre année en commun. Et renforcer cet effectif par des joueurs qui ont de l'expérience, ou qui ont aussi un potentiel pour pouvoir continuer à nous faire grandir."

Q: Le calendrier risque d'être très resserré à la reprise...

R: "Il faudra s'adapter. On est dans une situation inédite, exceptionnelle. A nous de bien réfléchir à la construction de notre effectif pour qu'il soit suffisamment dense et équilibré, afin qu'on puisse répondre à ce calendrier qui risque de nous demander de jouer régulièrement tous les trois jours."

Q: Aux portes de la C1 après seulement 18 mois en Ligue 1, est-ce que vous-même vous avez la sensation d'avoir changé de dimension en tant qu'entraîneur ?

R: "Depuis que j'ai repris l'équipe (en décembre 2018, NDLR), oui. C'est un métier qui est complètement différent, une pression qui est tout autre de ce que j'avais vécu auparavant. J'ai forcément évolué, j'ai forcément progressé, mais c'est un métier où on peut chaque semaine, chaque mois, chaque année continuer à avancer. Comme pour le club, il faut être ambitieux et humble à la fois. Mais forcément, en un an et demi, j'ai beaucoup changé !"

Q: Est-ce que vous portez un nouveau regard sur votre travail depuis le confinement ?

R: "On traverse une période compliquée, difficile, qui aura des conséquences économiques et sociales très importantes. Nous, on est dans un milieu où normalement on doit chercher à offrir du spectacle, donner du plaisir aux gens et leur rendre le sourire. Je crois que cette mission-là sera encore plus importante et encore plus forte (...). Pour les joueurs, le plaisir est un des moteurs de la performance. Quand on retrouvera le terrain, si tous les tests ont été faits pour s'assurer que personne ne puisse mettre l'intégrité physique de l'autre en danger, qu'il y aura un ballon, des coéquipiers, des joueurs en face, ils reprendront du plaisir (...). Et on souhaite bien évidemment que cela puisse se faire le plus rapidement possible avec du public. Déjà cela voudra dire que le combat contre le virus aura été gagné et puis cela permettra à tout le monde de repartager des émotions."

Propos recueillis par Fanny CARRIER.

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