Des cas de Covid-19 dès les Jeux mondiaux militaires d'octobre 2019 ?

Elodie Clouvel, l'une des premières athlètes françaises à avoir évoqué l'hypothèse d'une contamination aux Jeux de Wuhan. (Archives)
Elodie Clouvel, l'une des premières athlètes françaises à avoir évoqué l'hypothèse d'une contamination aux Jeux de Wuhan. (Archives) © Yasuyoshi Chiba, AFP

Plusieurs sportifs ayant participé aux Jeux mondiaux militaires en octobre 2019 à Wuhan, en Chine, rapportent avoir souffert de symptômes similaires à ceux du Covid-19. Des révélations qui pourraient alimenter les recherches sur l'origine du virus.

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"Il y a beaucoup d'athlètes des Jeux mondiaux militaires qui ont été très malades." Le 25 mars dernier, lors d'un entretien au JT de la chaîne locale Télévision Loire 7, Élodie Clouvel n'a pris aucun détour. La pentathlète, qui faisait partie de la délégation française invitée à participer aux Jeux de Wuhan, en octobre 2019, avait alors expliqué qu'elle avait probablement contracté le Covid-19, tout comme de nombreux membres de la délégation, s'appuyant notamment sur les propos d'un médecin militaire rencontré courant 2020.

Le témoignage d'Élodie Clouvel n'avait à l'époque pas été massivement relayé mais de nouvelles déclarations similaires au sein de plusieurs délégations sportives militaires ont relancé les débats sur l'origine du virus. Sur l'antenne de la radio RTL, le nageur luxembourgeois Julien Henx, par exemple, a raconté que deux de ses coéquipiers étaient tombés malades au cours de la compétition. "Il y avait 200 000 volontaires chinois sur place, qui rentraient chez eux le soir et ont très bien pu leur transmettre le virus", explique-t-il notamment.

Dans la même veine, la chaîne française BFMTV rapporte le témoignage détaillé d'un militaire français, anonyme cette fois. Il y explique en détails les symptômes de la maladie qu'il contracte à son retour en France, à la toute fin du mois d'octobre : cloué au lit trois jours durant, avec de la fièvre et des difficultés respiratoires. Et plusieurs de ses coéquipiers auraient été confrontés aux mêmes complications.

Des doutes à défaut de tests

Mais au sein même de la délégation, les avis divergent. La skipper Aloïse Retornaz, interrogée par Ouest France, ne cache pas son scepticisme. "Cette histoire de contamination d'une personne, je n'y crois pas du tout [...] Si des athlètes avaient été contaminés là-bas, je pense qu'ils en auraient parlé avant." Des athlètes qui, rapporte-t-on du côté de l'armée, n'ont pas fait l'objet d'un test et ne devraient vraisemblablement pas y être soumis.

Les Jeux mondiaux militaires, qui réunissent près de 10 000 athlètes de 100 pays différents, se sont déroulés du 18 au 27 octobre, soit près de trois semaines avant le premier cas officiellement reconnu de Covid-19, que la Chine a fixé au 17 novembre.

Ce n'est en tout cas pas la première fois que la manifestation sportive phare du monde militaire est liée à la pandémie de coronavirus, puisque le 12 mars dernier, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Zhao Lijian avait laissé entendre que le virus aurait pu avoir été introduit par l'armée américaine à cette occasion.

 

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