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Air France accuse un perte de 1,8 milliard d'euros et envisage des suppressions de postes

Des avions de la compagnie Air France sur le tarmac de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 24 mars 2020 pendant l'épidémie de coronavirus
Des avions de la compagnie Air France sur le tarmac de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 24 mars 2020 pendant l'épidémie de coronavirus © Thomas Samson, AFP (archives)

Le groupe Air France-KLM a essuyé les premiers effets du Covid-19 sur son trafic, avec une perte nette de 1,8 milliard d'euros au premier trimestre. Le groupe va entamer des pourparlers avec les syndicats sur d'éventuelles suppressions de postes. 

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Les premiers bilans sont tombés et ils sont douloureux. Air France-KLM fait état d'une baisse de capacités de 10,5 % au premier trimestre (-35 % en mars), soit une perte nette de 1,8 milliard d'euros. Une chute qui ne va pas s'endiguer tout de suite malgré l'aide de 7 milliards d'euros de l'État français pour soutenir la compagnie : le groupe prévoit un effondrement de 95 % pour le deuxième trimestre et de 80 % au troisième, selon un communiqué.

Face à cette crise inédite, le transporteur aérien franco-néerlandais va entamer des pourparlers avec ses syndicats sur une éventuelle réduction de ses effectifs, a déclaré le directeur général d'Air France-KLM, Ben Smith, à Reuters. Air France prévoit une réunion de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) en juin pour discuter des réductions de capacité et de leurs conséquences pour le personnel, a dit Ben Smith.

Ce type de réunion préfigure souvent des plans de licenciements importants. Sans en préciser l'ampleur, Ben Smith a déclaré que l'entreprise avait "déjà identifié" des possibilités de départs volontaires.

"Beaucoup de gens approchent de l'âge de la retraite"

Outre ses puissants syndicats, Air France-KLM doit rendre des comptes aux gouvernements français et néerlandais, qui détiennent chacun près de 14 % du capital et ont promis jusqu'à 11 milliards d'euros d'aide pour sauver le groupe.

"Je crois que Ben Smith a raison de poser le sujet (de l'emploi) en lucidité et saura mener cette discussion de façon responsable", a déclaré jeudi le secrétaire d'État français aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, sur France 2.

Air France emploie quelque 45 000 personnes et KLM, 35 000. L'âge moyen relativement élevé du personnel de la compagnie française devrait lui permettre de procéder aux réductions nécessaires par le biais de plans de départs volontaires, a estimé Ben Smith, sans avancer de chiffres. "Beaucoup de gens approchent de la retraite, nous avons donc cet avantage", a-t-il déclaré. 

Le secteur aérien sévèrement touché 

Le transport aérien est un des secteurs économiques les plus sévèrement touchés par la crise du coronavirus, du fait notamment des restrictions de circulation et fermetures de frontières décidées partout dans le monde pour freiner la propagation du virus. Le 3 mai par exemple, le nombre de vols en Europe était inférieur de 91 % par rapport à la même période en 2019, selon l'organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne Eurocontrol.

La plupart des compagnies dans le monde, clouées au sol, voient leur trésorerie fondre et depuis fin avril les annonces de plans sociaux se succèdent : 12 000 suppressions d'emplois chez British Airways, 5 000 chez SAS, 2 000 chez Icelandair, 3 000 chez Ryanair, 3 450 chez United Airlines ou encore 3 000 chez Virgin Atlantic.  

Air France-KLM, qui a eu recours au chômage partiel, a de son côté plus que quintuplé sa perte au premier trimestre par rapport à la même période de 2019 (-324 millions d'euros). Elle comprend notamment 455 millions d'euros d'achats anticipés de carburant qui n'a finalement pas été consommé en raison de la crise.

Et ces résultats ne reflètent pour l'instant que l'impact du Covid-19 en mars, alors que l'année avait "très bien commencé en janvier et février", a commenté le directeur financier du groupe Frédéric Gagey, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

 Avec AFP et Reuters 

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