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Libye : des mercenaires russes et des soldats syriens soutiennent le maréchal Haftar, selon l'ONU

Un tank détruit de l'armée du maréchal Haftar dans le sud de Tripoli, le 27 juin 2019
Un tank détruit de l'armée du maréchal Haftar dans le sud de Tripoli, le 27 juin 2019 © Ismail Zetouni, Reuters

Un rapport d'experts de l'ONU contrôlant l'embargo sur les armes imposé à la Libye confirme la présence dans le pays de mercenaires du groupe russe Wagner et de combattants syriens venus de Damas soutenir le maréchal Khalifa Haftar.

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Les mercenaires russes se multiplient sur le terrain libyen. Pour la première fois, un rapport de l'ONU confirme la présence en Libye de militaires privés employés par le groupe russe Wagner, pour soutenir le maréchal Haftar, l'homme fort de l'est libyen, qui cherche à conquérir Tripoli depuis avril 2019.

L'implication de ces mercenaires avait été révélée courant 2019 par des médias américains mais c'est la première fois que l'ONU confirme dans ce rapport d'expert, remis le 24 avril au Conseil de sécurité. Le groupe Wagner est réputé proche du président Vladimir Poutine, mais la Russie a toujours démenti tout rôle dans la présence de mercenaires russes en Libye.

"Un multiplicateur des forces"

"Le groupe d'experts a identifié la présence de militaires privés de ChVK Wagner en Libye depuis octobre 2018." Il estime leur nombre "à pas plus de 800 à 1 200", mais souligne ne pas "être en mesure de vérifier de manière indépendante l'importance de leur déploiement", selon le résumé.

>> En Libye, la Russie en quête d'influence

Les membres du groupe Wagner "fournissent un soutien technique pour la réparation de véhicules militaires, participent à des combats et à des opérations d'influence", selon les experts onusiens. Ils aident aussi dans le domaine de "l'artillerie, du contrôle aérien, fournissent une expertise dans les contre-mesures électroniques et déploient des tireurs d'élite".           

"Leur implication a agi comme un multiplicateur de force" pour les troupes du maréchal Haftar, estiment les experts. "Des militaires privés du groupe Russkie System Bezopasnosti (RSB) ont aussi été identifiés comme assurant de la maintenance et des réparations à des aéronefs militaires". Des informations font aussi état d'un "déploiement le 6 janvier 2020 à Benghazi de membres des groupes militaires privés Moran Security Group et Schit Security Group", affirme le résumé.

L'implication inédite de troupes syriennes aux côtés de Khalifa Haftar

Les experts affirment enfin avoir la preuve d'un transfert de combattants syriens de Damas vers la Libye. La présence de combattants syriens pour soutenir le Gouvernement d'union nationale à Tripoli, adversaire du maréchal Haftar, avait été confirmée en février par la Turquie, engagée militairement depuis le début de l'année auprès du Gouvernement d'union nationale (GNA), dirigé par Fayez el-Sarraj.

Mais celle de combattants syriens venus de Damas pour aider Khalifa Haftar est une information inédite. Début mars, les autorités de l'Est libyen avaient rouvert une ambassade libyenne à Damas, après huit ans de rupture des liens diplomatiques entre la Libye et la Syrie.

Dans leur rapport, les experts précisent n'être pas en mesure d'identifier les responsables du recrutement et du financement des mercenaires venus combattre aux côtés du maréchal Haftar.

Antonio Guterres n'identifie pas la Russie ou la Syrie comme pays d'origine de mercenaires. Mais dans un rapport au Conseil de sécurité daté du 5 mai, le secrétaire général de l'ONU dénonce les "informations continues sur l'implication de mercenaires étrangers au profit du GNA et de l'ANL" (Armée nationale libyenne de Haftar) "en violation de l'embargo sur les armes" décrété en 2011. Ni lui, ni les experts de l'ONU ne recommandent de sanctionner les responsables présumés des violations.

Avec AFP

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