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Covid-19 : le Brésil craint un effondrement de son économie dans les semaines à venir

Le ministre de l'Économie brésilien Paulo Guedes a rencontré le président de la Cour suprême à Brasilia, le 7 mai 2020.
Le ministre de l'Économie brésilien Paulo Guedes a rencontré le président de la Cour suprême à Brasilia, le 7 mai 2020. © Adriano Machado, Reuters

Le ministre de l'Économie, Paulo Guedes, a mis en garde jeudi contre les mesures de confinement en vigueur dans de nombreux États du Brésil qui pourraient entraîner des pénuries alimentaires et une "désintégration sociale" dans les semaines à venir. Le pays recense actuellement 135 106 cas et 9 146 décès.

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Le gouvernement brésilien continue sa campagne de dénigrement à l'encontre des mesures de confinement. Le pays le plus touché en Amérique latine par la pandémie de Covid-19 pourrait être confronté dans un mois à un "effondrement de (son) économie", a averti jeudi 7 mai le ministre de l'Économie Paulo Guedes, à quelques semaines du pic du coronavirus.

"L'alerte est sérieuse", a prévenu le ministre. Jusqu'ici "le peuple a de l'argent en main", mais "d'ici à 30 jours il se pourrait que les choses commencent à manquer sur les étagères (des magasins), que la production soit désorganisée et qu'on entre dans un système non seulement d'effondrement de l'économie mais de désintégration sociale."

Le ministre ultra-libéral fait notamment référence à l'incidence sur la première économie d'Amérique latine des mesures de confinement imposées par une majorité de gouverneurs et de maires, soutenus par la Cour suprême qui leur a accordé une autonomie de décision dans la lutte contre le coronavirus.

Des mesures qui ne sont pas assouplies, le pays de 210 millions d'habitants voyant sa courbe de contamination au Covid-19 progresser à un rythme très inquiétant. On dénombrait au Brésil, jeudi soir, 135 106 cas et 9 146 décès. Ces chiffres, qui révèlent une progression de 610 morts au cours des dernières 24 heures, sont en outre largement sous-estimés, selon la communauté scientifique.

Dans de grands centres urbains comme Sao Paulo et Rio, les deux principaux foyers de contamination, mais aussi des villes du Pernambouc (nord-est) ou d'Amazonie, comme Manaus, les unités de soins intensifs des hôpitaux sont déjà quasi saturées.

Un gouvernement davantage préoccupé par la question du chômage

Le président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui se trouvait avec Paulo Guedes, en a profité pour réitérer son opposition aux mesures de confinement.

C'est d'ailleurs à l'issue d'une visite, non prévue dans son programme, au président de la Cour suprême, Dias Toffoli, que le chef de l'État s'est exprimé. "Nous connaissons le problème du virus, et nous devons préserver des vies", a-t-il dit. "Mais il y a un problème qui nous préoccupe de plus en plus : (...) la question du chômage, de l'économie qui est à l'arrêt."

"Le combat contre le virus ne peut pas faire plus de dégâts que le virus lui-même", a répété Jair Bolsonaro. Ce dernier a souvent minimisé la menace sanitaire, qualifiant même longtemps le coronavirus de "petite grippe". Il a d'ailleurs encouragé les plus fidèles de ses partisans à défiler dans les rues ces dernières semaines pour protester bruyamment contre le confinement.

Avec AFP

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