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RD Congo : 200 000 personnes ont dû fuir l'Ituri en raison des violences

Des soldats de la Monusco patrouillant dans la région d'Ituri (RD Congo) en mars 2020
Des soldats de la Monusco patrouillant dans la région d'Ituri (RD Congo) en mars 2020 © Samir Tounsi, AFP

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est alarmé, vendredi, de l'escalade des violences en Ituri (nord-est de la RD Congo). L'institution onusienne estime que 200 000 ont dû s'exiler depuis le mois de mars.

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Plus de 200 000 personnes ont dû fuir l'Ituri, s'alarme vendredi 8 mai le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). La région du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) connaît une flambée de violences depuis 2017.

"Le HCR reste alarmé par l'actuelle flambée d'attaques violentes contre les populations locales dans la province d'Ituri, en RDC, où plus de 200 000 personnes ont été forcées de fuir leur maison ces deux derniers mois", a déclaré Charlie Yaxley, porte-parole de l'agence, lors d'une conférence virtuelle. "Le HCR appelle toutes les parties prenantes du conflit à respecter les vies civiles et le travail humanitaire. Cinq millions de personnes ont été déracinées en RDC, dont 1,2 million dans la province d'Ituri."

En Ituri, les militaires de l'armée régulière combattent le groupe armé Codeco. Ce dernier prétend défendre les intérêts de la communauté Lendu, les agriculteurs, face à une autre communauté, les Hema – éleveurs et commerçants.

Plus de 700 civils ont été tués dans ces nouvelles violences depuis décembre 2017, d'après les Nations unies qui parlent d'un possible "crime contre l'humanité".

Les violences s'intensifient depuis le lancement en décembre 2019 d'une opération militaire sous commandement des forces gouvernementales contre plusieurs groupes armés dans la province. Et l'escalade s'est encore accentuée à la mi-mars avec des contre-offensives menées par ces mêmes groupes.

Plus de 3 000 "graves violations" des droits de l'Homme recensées

Le HCR est ses partenaires indiquent avoir recensé plus de 3 000 "graves violations des droits humains" dans le territoire de Djugu au cours des deux derniers mois, avec au moins 50 attaques par jour contre la population locale. Les personnes déplacées ont rapporté des actes d'une "extrême violence" ayant fait au moins 274 morts parmi les civils, selon Charlie Yaxley.

"Plus de 140 femmes ont été violées et près de 8 000 maisons incendiées", a-t-il ajouté. "La vaste majorité des déplacés sont des femmes et des enfants, parmi lesquels nombreux sont ceux qui vivent entassés dans des familles d'accueil. D'autres dorment dehors ou dans des bâtiments publics comme les écoles, fermés pour cause de pandémie de Covid-19".

Le HCR s'inquiète enfin du manque d'accès des organisations humanitaires aux populations locales dans les territoires de Djugu et de Mahagi, ainsi que de la menace de pénuries alimentaires.

"Le manque de ressources financières affecte par ailleurs notre capacité à satisfaire les besoins élémentaires des populations déplacées. Notre appel aux dons pour récolter 154 millions de dollars au bénéfice de la RDC atteint seulement 18 % de l'objectif", selon Charlie Yaxley.

Avec AFP

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