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Covid-19 : le Brésil, futur épicentre de l'épidémie ?

Avec 6000 cas de contamination et 600 morts liés au Covid-19 recensés vendredi 8 mai, la ville brésilienne de Manaus détient le triste record dans le pays.
Avec 6000 cas de contamination et 600 morts liés au Covid-19 recensés vendredi 8 mai, la ville brésilienne de Manaus détient le triste record dans le pays. AFP - MICHAEL DANTAS

Le Brésil totalise 150 000 cas de contamination au Covid-19 et 10 000 morts, selon un dernier bilan publié vendredi par les autorités. Pour la communauté scientifique, les chiffres sont sous évalués et pourraient être 15 à 20 fois supérieur. 

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Le Brésil enterre ses morts. Chaque jour, le pays le plus touché de l'Amérique latine affiche un nouveau triste record quotidien : 751 décès de plus liés au Covid-19 ces dernières 24 heures, selon le bilan du ministère de la Santé communiqué vendredi 8 mai. Au total, au moins 10 000 personnes ont succombé au virus.

Et cette tendance semble ne guère près de s'arrêter : plus de 10 000 cas supplémentaires de contamination ont été enregistrés vendredi, portant à 150 000 le nombre total de cas. Le Brésil, qui compte 210 millions d'habitants, pourrait devenir en juin le nouvel épicentre de la pandémie de coronavirus

En effet, le pic n'est pas attendu au Brésil avant plusieurs semaines. Et pourtant, de nombreux États du Sud-Est, du Nord et du Nord-Est voient déjà leurs unités de soins intensifs saturées, dans le public comme le privé, ou très proches de la saturation. C'est notamment le cas à Sao Paulo, Rio de Janeiro, Amazonas, Pernambouc, Maranhao, Para et Ceara.

De plus, les chiffres officiels restent largement sous-évalués aux yeux de la communauté scientifique, qui évoque un bilan national jusqu'à 15 voire 20 fois supérieur.

Sao Paulo, Rio de Janeiro, Amazonas et Ceara particulièrement touchés

L'État de loin le plus touché est celui de Sao Paulo (Sud-Est), dont le gouverneur Joao Doria a annoncé dans la journée à ses près de 46 millions d'habitants la prolongation de leur confinement jusqu'à la fin du mois. "J'aimerais donner des nouvelles différentes", a déclaré Joao Doria au cours d'une conférence de presse, "mais nous sommes au pire moment de cette pandémie" et "la situation est affligeante".

À lui seul, cet État, locomotive économique du Brésil, enregistre près d'un tiers des décès dus au Covid-19 dans le pays, avec 3 416 morts, et près de 41 830 cas de contamination.

Deuxième grand foyer du pays, l'État de Rio de Janeiro a vu sa courbe s'affoler ces derniers jours (15 741 cas et 1 503 morts vendredi), à un point tel que des mesures de confinement total se profilent, notamment à Rio, dans les quartiers de Copacabana et Ipanema.

Mais proportionnellement à leur population, les États d'Amazonas (Nord) et du Ceara (Nord-Est) vivent des situations encore plus catastrophiques. Le premier abrite de nombreuses tribus indigènes très vulnérables au virus. Ainsi rapporté à la population, Amazonas (211 morts par million d'habitants) compte près de trois fois plus de décès que l'État de Sao Paulo (74 morts par million d'habitants).

"Jair Bolsonaro, la pire menace" pour combattre le Covid-19

Pour lutter contre la propagation du virus, de nombreux États ont appliqué des mesures de confinement. La Cour suprême a récemment tranché que cette décision revenait aux gouverneurs et aux maires du Brésil, au grand dam du président Jair Bolsonaro.

Mais le confinement a atteint les limites de son efficacité, les populations se remettant à sortir en raison de l'absence de mesures coercitives.

Le président, totalement opposé au confinement, n'a cessé de critiquer les gouverneurs, arguant que le remède était pire que le mal et que l'économie brésilienne devait être prioritaire. "La plus grande menace aujourd'hui pour enrayer l'épidémie au Brésil est peut-être Jair Bolsonaro", a estimé le journal médical britannique The Lancet.

Le Brésil, dont l'économie ne s'était toujours pas remise de la récession historique de 2015 et 2016, risque une contraction de 5,3 % de son PIB cette année, selon le FMI, en raison de la pandémie.

Pendant ce temps-là, la déforestation de la jungle amazonienne se poursuit, atteignant un nouveau record au cours des quatre premiers mois de l'année, selon des données publiées vendredi par l'Institut national de recherche spatiale du Brésil (INPE), qui utilise des images satellites pour suivre la destruction. Ce sont 1 202 kilomètres carrés de forêt qui ont disparu de début janvier à fin avril 2020, soit une augmentation de 55 % par rapport à la même période de l'année dernière.

Avec AFP

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