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Dernière ligne droite en France à J-2 du déconfinement

Une responsable de la communication des hôpitaux de Saint-Maurice, en région parisienne, enfile une tenue de protection le 8 mai 2020
Une responsable de la communication des hôpitaux de Saint-Maurice, en région parisienne, enfile une tenue de protection le 8 mai 2020 GEOFFROY VAN DER HASSELT AFP
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Paris (AFP)

La France vit samedi son avant-dernier jour sous cloche en attendant le début lundi d'un déconfinement progressif et strictement encadré, afin d'éviter une seconde vague de l'épidémie de coronavirus qui a fait plus de 26.000 morts.

Une grande majorité de la population s'apprête à sortir de deux mois de confinement, mesure inédite et globalement respectée sur l'ensemble du territoire, ce qui a permis une nette décrue de l'épidémie, selon les autorités.

La préfecture de la Dordogne a lancé une mise en garde contre tout relâchement après la découverte d'au moins neuf cas de Covid liés à une réunion de famille après des obsèques près de Périgueux, dans ce département pourtant en zone "verte".

"C'est vraiment l'illustration de ce que l'on ne souhaite pas vivre dans les trois semaines, c'est-à-dire: relâchement, réunions familiales (...) voisins-voisines...", a relevé le préfet Frédéric Périssat.

Outre le respect des fameux gestes barrière pour éviter une nouvelle flambée de l'épidémie, et après bien des tergiversations sur le sujet liées à la pénurie, il faudra sortir masqué dans les transports en particulier. Et des règles strictes de "distanciation" seront appliquées sur les lieux de travail comme dans les magasins.

Les commerces des gares pourront rouvrir, mais les pianos resteront en revanche fermés, a précisé la SNCF.

Pour encadrer cette nouvelle étape, députés et sénateurs ont trouvé un accord sur le projet de loi prolongeant l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet, en vue de son adoption dans la journée.

Le texte permet de restreindre certaines libertés et intègre des mesures liées au déconfinement progressif, dont la création controversée d'un "système d'information" pour identifier les personnes infectées par le coronavirus et leurs contacts. Ces informations seront conservées pour une durée limitée à 3 mois.

Selon le dernier bilan officiel vendredi soir, 26.230 personnes ont succombé au coronavirus depuis le 1er mars, soit 243 de plus sur les dernières 24 heures, dont 9.733 dans les établissements médico-sociaux et les Ehpad (+132), ces maisons de retraite médicalisées touchées de plein fouet par une épidémie dont les personnes âgées sont les principales victimes.

La pression sur les services de réanimation continue de s'alléger, avec 93 patients atteints de la maladie de Covid-19 en moins, soit 2.868 cas graves.

"La situation reste tendue, nous avons assez peu de marge de manoeuvre", prévient néanmoins Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital parisien Georges Pompidou, qui appelle à se préparer à l'éventualité d'une deuxième vague.

Compte tenu de la circulation du virus et du risque de saturation des hôpitaux, quatre régions (Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté) sont classées en rouge sur la carte établie par le ministère de la Santé, ainsi que le département de Mayotte, où le déconfinement est même renvoyé au-delà du 11 mai et où le gouvernement va envoyer des moyens supplémentaires.

Cela maintient 32 départements au total et près de 27 millions d'habitants dans un régime encore très contrôlé.

Mais même dans les zones classées "vertes" sur la carte épidémique "il faut se garder de penser que tout est réglé", insistent les spécialistes, à l'instar de la virologue Marie-Paule Kieny, membre du Comité analyse recherche et expertise (Care) chargé de conseiller le gouvernement.

"Il faut absolument" que les gens "appliquent les gestes barrière, c'est-à-dire qu'ils passent d'un confinement chez soi à un confinement sur soi, penser que soi-même on doit se protéger, on doit protéger les autres", a martelé cette ancienne sous-directrice générale de l'OMS.

Tout en desserrant l'étau, le gouvernement maintient ou instaure de nombreuses obligations, parmi lesquelles le port du masque dans les transports en commun sous peine de 135 euros d'amende.

L'Etat va mettre à partir de lundi "10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport pour qu'ils les distribuent à leurs usagers", dont 4,4 millions pour la région Ile-de-France, selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

La situation s'annonce particulièrement délicate dans cette région. Pour tenter d'éviter la cohue redoutée dans les trains et les métros, une attestation de l'employeur sera obligatoire aux heures de pointe (de 06H30 à 09H30 et de 16H00 à 19H00).

Air France a de son côté annoncé le contrôle à partir de lundi de la température de ses passagers, qui ne pourront pas embarquer si elle est supérieure à 38 degrés. Le port du masque sera également obligatoire à bord.

Autre dossier chaud, la réouverture des écoles, avec des règles sanitaires qui risquent de virer au casse-tête et inquiètent élus locaux et parents.

"85% des écoles sont prévues pour rouvrir lundi (...) un million d'enfants vont retrouver le chemin de l'école, les conditions sanitaires sont réunies", a assuré le ministre de la Santé Olivier Véran dans la nuit devant les députés.

Après deux mois confinés en région, certains des dizaines de milliers de Franciliens qui avaient choisi de quitter l'Ile-de-France mi-mars avec le confinement commencent à regagner la capitale, avec appréhension pour certains. "C'était en zone verte, dans le village il y a dû y avoir quelques cas mais très peu... et là on sait que c'est le foyer, l'épicentre", confie Jean-Baptiste, de retour de deux mois dans sa famille en Bretagne pour reprendre son travail.

Plus de 12 millions de salariés sont restés en chômage partiel. Alors que le pays va faire face à sa pire récession depuis la Seconde guerre mondiale, le gouvernement espère que la reprise d'activité à partir de lundi, notamment dans le commerce, pourra relancer un peu la machine. Les secteurs de la restauration et la culture, très impactés, seront pour l'heure toujours fermés.

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