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Compte à rebours et craintes redoublées à la veille du déconfinement en France

L'esplanade du Trocadéro et la Tour Eiffel le 9 mai 2020 à Paris
L'esplanade du Trocadéro et la Tour Eiffel le 9 mai 2020 à Paris Christophe ARCHAMBAULT AFP
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Paris (AFP)

La France vit dimanche son 55e et dernier jour de confinement avant une libération partielle et contrôlée, dans la crainte d'un relâchement excessif qui provoquerait le rebond de l'épidémie de coronavirus.

Les membres du gouvernement et les responsables politiques se relaient pour en appeler à la prudence et à l'intelligence des citoyens, le moment venu pour des millions d'entre eux de reprendre le travail afin de réamorcer l’économie nationale, quasiment à l'arrêt depuis deux mois.

"On ne va pas envoyer un gendarme dans chaque appartement", a lancé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, à propos de l'autorisation de se réunir à dix personnes au plus. Sur France Inter, il a affirmé faire "le pari de l'intelligence et de la compréhension" pour cette première phase de déconfinement qui débute lundi.

Pourtant, l'apparition de deux nouveaux foyers en Nouvelle Aquitaine, région classée en "vert", incite plus que jamais à la prudence: "Dans ces zones dites vertes, il faut considérer que le virus est là. Il est en embuscade, il circule", a alerté dimanche le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris.

"Chacun doit faire un effort pour que le virus ne circule pas par lui", a-t-elle ajouté sur Franceinfo, insistant sur le respect des mesures barrière pour éviter le risque d'un nouveau sursaut du virus qui a fait plus de 26.310 morts en France depuis le 1er mars.

Seulement 80 morts ont été recensés sur les dernières 24 heures, le bilan journalier le plus bas depuis le 1er avril. Et la pression sur les services de réanimation continue de s'alléger avec 56 malades en moins. Mais ils accueillent encore 2.812 patients souffrant de formes graves du Covid-19.

Et l'absence de traitement ou de vaccin incite à la vigilance: "Malheureusement, l'évolution de l'épidémie est extrêmement incertaine à ce jour et c'est l'avenir qui nous permettra de trancher", a encore fait valoir le Pr Crémieux.

Le Pr Frédéric Adnet, chef des urgences d'Avicenne à Bobigny (Seine-Saint-Denis), a évoqué sur France Inter une possible "saisonnalité" du coronavirus pour expliquer "la brutalité de la décrue" dans ce département durement éprouvé.

- Plages fermées en Corse -

Pour marquer cette nouvelle étape à Lille - classée en zone "rouge" - la maire Martine Aubry (PS) a demandé et obtenu une dérogation pour la réouverture dès lundi du plus grand et principal parc de la ville, celui de la Citadelle.

A l'inverse, le maire d'Ajaccio Laurent Marcangeli a expliqué sur Twitter que les plages de sa ville resteraient fermées encore "au moins quinze jours", faisant valoir depuis le début de la crise sa "prévoyance".

Dès lundi, le masque devient le sésame obligatoire dans les transports publics. L'Etat va mettre à partir de lundi "10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport pour qu'ils les distribuent à leurs usagers", dont 4,4 millions pour la région Ile-de-France, selon Christophe Castaner.

En région parisienne, l'afflux de passagers dans le métro et réseau ferré emprunté par des millions de personnes sera régulé avec une attestation obligatoire de l'employeur pour circuler aux heures de pointe.

"On n'est pas à l'abri d'un reconfinement si les règles ne sont pas respectées", a déclaré sur Europe 1 la présidente de la région, Valérie Pécresse. "Il va falloir faire preuve de civisme et d'autodiscipline encore pendant des semaines. Le retour à la normale ce n'est pas pour demain", a-t-elle averti.

De son côté, la maire de Paris, Anne Hidalgo, envisage de recourir à la "circulation alternée" si le trafic automobile est "trop intense", annonce-t-elle au Journal du Dimanche.

- Inquiétudes -

L'apparition d'un foyer en Dordogne, après une réunion familiale organisée à l'issue d'obsèques et d'un autre dans un collège de la Vienne après une réunion de préparation de la rentrée, a sonné l'alerte.

"C'est vraiment l'illustration de ce que l'on ne souhaite pas vivre dans les trois semaines", a relevé le préfet de la Dordogne Frédéric Périssat.

Ces craintes semblent largement partagées par ceux qui s'apprêtent à reprendre le travail lundi: 53% disent avoir personnellement plus peur pour leur santé ou celle de leurs proches que des conséquences économiques de la crise, selon un sondage Ifop pour le cabinet de conseil No Com dans Le Parisien.

Quatre régions (Ile-de-France, Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté) et 32 départements au total, dont Mayotte, restent classées "rouge" en raison de la circulation toujours rapide du virus et du risque de saturation des hôpitaux qu'elle entraîne.

Les déplacements au-delà de 100 km du domicile restent prohibés sauf motif impérieux et justifiable. L'accès à certaines gares comme à Paris pourra être filtré par les forces de l'ordre.

Autre dossier chaud: la réouverture des écoles, avec des règles sanitaires qui risquent de virer au casse-tête et inquiètent élus locaux et parents. La journée de lundi doit permettre une pré-rentrée des professeurs pour organiser la reprise, les élèves n'étant attendus qu'à partir de mardi voire plus tard selon les communes.

"85% des écoles sont prévues pour rouvrir lundi (...) Un million d'enfants vont retrouver le chemin de l'école, les conditions sanitaires sont réunies", a assuré le ministre de la Santé Olivier Véran.

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer souhaite que tous les enfants aient pu retrouver "au moins une fois" leur école d'ici à fin mai, déclare-t-il dans une interview au Journal du dimanche.

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