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Déconfinement en France : craintes et appels à la prudence des responsables politiques

A partir du 11 mai, le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun, à partir de 11 ans.
A partir du 11 mai, le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun, à partir de 11 ans. © Geoffroy Van Der Hasselt, AFP

La France entame officiellement son déconfinement, lundi. Si le gouvernement appelle à la vigilance et à "l'intelligence des Français", dans l'opposition, Jean-Luc Mélenchon, se dit inquiet face à la perspective d'un déconfinement jugé "précipité".

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Dimanche a marqué le 55e et dernier jour de confinement en France, avant une libération partielle et contrôlée lundi 11 mai. Les membres du gouvernement et les responsables politiques se relaient pour en appeler à la prudence et à l'intelligence des citoyens. Mais dans l'opposition, Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) dénonce un déconfinement mal préparé et dangereux.

"On ne va pas envoyer un gendarme dans chaque appartement", a lancé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, à propos de l'autorisation de se réunir à dix personnes au plus. Sur France Inter, il a affirmé faire "le pari de l'intelligence et de la compréhension" pour cette première phase de déconfinement qui débute lundi.

"Les Français ne sont pas des enfants", "nous pouvons leur faire confiance", estime également la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, assurant sur BFMTV que le gouvernement ne veut pas jouer que "les Pères Fouettard".

Pourtant, l'apparition de deux nouveaux foyers en Nouvelle Aquitaine, région classée en "vert", incite plus que jamais à la prudence : "Dans ces zones dites vertes, il faut considérer que le virus est là. Il est en embuscade, il circule", a alerté dimanche le Pr Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris.

"Chacun doit faire un effort pour que le virus ne circule pas par lui", a-t-elle ajouté sur France Info, insistant sur le respect des mesures barrière pour éviter le risque d'un nouveau sursaut du virus qui a fait plus de 26 310 morts en France depuis le 1er mars.

Seulement 80 morts ont été recensés sur les dernières 24 heures, le bilan journalier le plus bas depuis le 1er avril. Et la pression sur les services de réanimation continue de s'alléger avec 56 malades en moins. Mais ils accueillent encore 2 812 patients souffrant de formes graves du Covid-19.

Et l'absence de traitement ou de vaccin incite à la vigilance : "Malheureusement, l'évolution de l'épidémie est extrêmement incertaine à ce jour et c'est l'avenir qui nous permettra de trancher", a encore fait valoir le Pr Crémieux

Le danger des transports

Dès lundi, le masque devient le sésame obligatoire dans les transports publics. L'État va mettre à partir de lundi "10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport pour qu'ils les distribuent à leurs usagers", dont 4,4 millions pour la région Île-de-France, selon Christophe Castaner.

En région parisienne, l'afflux de passagers dans le métro et réseau ferré emprunté par des millions de personnes sera régulé avec une attestation obligatoire de l'employeur pour circuler aux heures de pointe.

"On n'est pas à l'abri d'un reconfinement si les règles ne sont pas respectées", a déclaré sur Europe 1 la présidente de la région, Valérie Pécresse. "Il va falloir faire preuve de civisme et d'autodiscipline encore pendant des semaines. Le retour à la normale ce n'est pas pour demain", a-t-elle averti.

"Tout ça risque de tourner très mal"

Jean-Luc Mélenchon s'est dit dimanche "très inquiet" à la veille du déconfinement en France car les mesures décidées par le gouvernement pour un retour progressif au travail et à l'école "sont une fois de plus du grand n'importe quoi".

"La date du 11 mai, elle a été décidée par un seul et unique personnage, le président de la République, sans qu'on y mette en face les moyens concrets", a dénoncé sur Radio J le leader de la France insoumise, accusant Emmanuel Macron de "souvent nous donner l'impression d'être totalement surexcité".

"On annonce des proportions de trains et de métros, mais on ne sait pas combien de gens vont venir (...) demain (lundi), vous allez avoir des milliers de gens sur les quais" et les agents de sécurité vont devoir "toucher du bras ou de l'épaule la personne qui n'a pas de masque, soit qu'elle n'a pas pu se le payer, soit qu'elle n'a pas de conscience civique suffisante".

"Vous leur demandez de se suicider à ces gens-là ? Tout ça risque de tourner très mal", craint Jean-Luc Mélenchon, qui réclame des masques gratuits pour tout le monde.

Concernant le retour au travail, le leader de la gauche radicale a appelé "les travailleurs à former des collectifs sanitaires", accusant le président Macron d'avoir "supprimé les comités d'hygiène, sécurité, environnement dans les entreprises". "Les gens, ils vont gagner leur vie, ils ne vont pas se suicider pour le bonheur d'une entreprise", a-t-il insisté.

Dans une série de tweets, Jean-Luc Mélenchon s'en est ensuite pris à la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse (ex-LR) qu'il a qualifiée d"ignoble politicienne". "Franciliens, n'oubliez jamais : les transports en commun insuffisants demain, c'est Pécresse !", a-t-il écrit.

Plus tôt dans la matinée, Valérie Pécresse avait fustigé "des forces politiques dans le pays qui veulent planter la reprise", citant "les amis de M. Mélenchon".

Avec AFP

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