La Bourse de Paris s'enfonce dans le rouge et perd 1,43%

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Paris (AFP)

La Bourse de Paris cédait à la crainte d'une deuxième vague de la pandémie de Covid-19 lundi à la mi-journée (-1,43%) alors que l'activité reprenait partiellement en France après environ deux mois de confinement.

A 12H55 (11H55 GMT), l'indice CAC 40 reculait de 65,18 de points à 4.484,46 points. Vendredi, la place parisienne avait fini en hausse de 1,07%.

L'enthousiasme suscité par le feu vert du déconfinement en France a été de courte durée. Une heure après l'ouverture, la tendance s'est inversée, laissant l'indice s'enfoncer profondément dans le rouge.

De son côté, Wall Street se préparait aussi à une ouverture en territoire négatif. Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average et sur l'indice élargi S&P 500 perdaient tous deux 0,56%, celui du Nasdaq, à forte coloration technologique, se repliait de 0,33%.

"Les autorités sanitaires de différents pays ont mis en garde contre une deuxième vague de la pandémie", rappelle Tomas Hildebrandt chargé de la gestion institutionnelle d'actifs français chez Evli.

Le coronavirus est loin d'être éradiqué: il a ressurgi à Séoul et Wuhan, tandis qu'en Russie, au Brésil et en Inde, la situation sanitaire reste préoccupante.

Au moment où la France et l'Espagne lèvent ce lundi certaines restrictions, l'Allemagne surveille également de très près une hausse du taux d'infection après avoir entamé son déconfinement le 20 avril.

En outre, "les opérateurs pourraient être tentés de prendre leurs bénéfices aux devants d'une semaine chargée", estime son côté Pierre Veyret, chez ActivTrades.

Les chiffres de l'inflation en Chine et aux États-Unis (avril) sont attendus mardi et le rapport de marché mensuel de l'OPEP prévu pour mercredi.

Récemment, les marchés boursiers ont fait peu de cas des mauvaises données économiques, se réjouissant du retour de l'activité dans de nombreux pays et du soutien massif des autorités du monde entier.

Les craintes d'un rebond des contaminations en Asie comme en Europe faisaient également reculer les prix du pétrole et, pour ne rien arranger, la production industrielle a diminué de près de 30% en mars en Italie.

"Partout dans le monde, l'enjeu portera dorénavant sur la capacité de redressement de l'économie", affirme Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance.

"Un fort niveau d'incertitudes persistera, ce qui ne sera pas sans conséquence pour la reprise économique qui aura plus que jamais besoin du soutien des Etats", ajoute-t-il.

A ce titre, même si les 19 ministres des Finances de la zone euro se sont entendus vendredi sur les détails d'une première riposte à la crise engendrée par le nouveau coronavirus, tout reste à faire sur un grand plan de relance qui divise les 27 pays de l'UE.

- Renault domine -

Une kyrielle de valeurs qui avaient démarré dans le vert, dont les bancaires, ont viré de bord comme Société Générale (-2,50% à 12,94 euros), BNP Paribas (-1,75% à 28,31 euros) et Crédit Agricole (-2,29% à 7,09 euros).

Air France-KLM perdait 3,04% à 4,09 euros, pâtissant d'une baisse de recommandation de "neutre" à "sous-performance" sur le titre par Davy.

Parmi la poignée de rescapés dans le vert, Renault montait de 3,20% à 18,08 euros. Le gouvernement a vivement critiqué lundi la fermeture de l'usine Renault-Sandouville, obtenue en justice par la CGT, jugeant cette décision "mauvaise" pour l'industrie automobile française.

EssilorLuxottica progressait de 2,17% à 113,10 euros et Danone de 0,28% à 64,24 euros.