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Air France multiplie les précautions sanitaires pour regagner la confiance des passagers

Prise de température avant de monter dans un vol Air France, à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, le 12 mai 2020
Prise de température avant de monter dans un vol Air France, à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, le 12 mai 2020 ERIC PIERMONT AFP
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Aéroport de Roissy (France) (AFP)

Espacés d'un mètre, un masque sur le visage, les passagers se font contrôler leur température avant d'embarquer sur un vol pour Pointe-à-Pitre. Comme le reste des compagnies aériennes, Air France multiplie les mesures sanitaires afin de rétablir la confiance et relancer un trafic aérien anémié.

Une hôtesse tient un petit pistolet qu'elle pointe sur le front du passager. S'il dépasse 38 degrés, impossible d'embarquer. Si les porteurs du coronavirus n'ont pas forcément de la fièvre, cette mesure fait "partie d'un ensemble", plaide Vincent Feuillie, médecin conseil d'Air France.

"Cela permet aussi d'éviter d'être refoulé par les autorités à l'arrivée en cas de fièvre et le fait d'être contrôlé, c'est aussi la peur du gendarme", qui incitera à ne pas prendre l'avion si l'on se sait malade, décrypte-t-il au milieu d'un terminal à l'affluence fantomatique.

D'un millier de mouvements d'avions par jour depuis Roissy-Charles-de-Gaulle habituellement, Air France n'en dénombrait mardi que 44. Avec la pandémie et les fermetures de frontières, le trafic aérien mondial s'est effondré, mettant les compagnies à genoux financièrement.

A mesure que le monde se déconfine, il est impératif pour leur survie que leurs clients reprennent dès que possible le chemin des cieux. Cela ne semble pas gagné: seuls 14% des consommateurs remonteraient dans un avion aussitôt les restrictions de circulation levées, 40% attendraient six mois ou plus et la majorité un ou deux mois, selon un sondage réalisé dans onze pays par l'Association du transport aérien international (Iata), qui regroupe 290 compagnies aériennes.

"C'est une épidémie et une crise sans précédent qui provoque l'inquiétude de nos clients. Nous avons donc développé tout un parcours sanitaire pour les rassurer", explique Catherine Villar, directrice "expérience client" de la compagnie nationale française.

De l'enregistrement, où une borne sur deux est neutralisée et du gel hydroalcoolique à disposition, à la prise de température et l'embarquement "cadencé" en commençant par l'arrière de l'avion pour que les gens ne se croisent pas, Air France empile les mesures pour éviter une éventuelle transmission.

A bord, la vente de produits en duty-free est suspendue et le service "adapté" avec la suppression des repas et boissons pour les vols inférieurs à deux heures trente.

- Virucide tous les cinq jours -

Dans la cabine d'un Boeing 777 qui doit décoller vers Dakar, un homme en combinaison jaune à capuche, masque et lunettes de protection, remonte les allées en tenant une petite lance qui nébulise un produit virucide. "Il est efficace dans la durée, on le fait tous les cinq jours depuis mi-mars", explique Yasmine Geha, ingénieure cabine.

A cela s'ajoute après chaque vol, un nettoyage-désinfection "renforcé" de l'appareil. Jusqu'à seize personnes peuvent être mobilisées pendant une heure pour un B777, contre douze en temps normal. Tablettes, écrans, ceintures, hublots, tout y passe.

"On a toujours désinfecté les avions, mais là on pousse à l'extrême", explique Géraud Visinoni, directeur délégué d'Acna, une société prestataire. "Avant il y avait un nettoyage des surfaces et points de contact les plus fréquents, désormais on les fait tous, même les plus improbables", comme l'intérieur des coffres à bagages.

Rien à craindre non plus avec la circulation d'air, assure tout le secteur aérien. Renouvelé toutes les trois minutes, il est prélevé pour partie de l'extérieur, est mélangé avec l'air circulant dans l'avion et préalablement passé dans un filtre Hepa, qui filtre 99,97% des particules, dont le coronavirus.

Le vol de Pointe-à-Pitre partira même pas à moitié rempli. Avec toutes ces mesures, l'une des passagères, Gitane Scholl, affirme n'avoir "pas du tout peur". Après deux mois confinée en métropole, "ce qui [l']ennuie, c'est la +quatorzaine+ obligatoire à l'arrivée" en Guadeloupe. Une mesure finalement censurée par le Conseil constitutionnel quelques heures avant le retour de cette ancienne infirmière sur son île.

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