L'expert en Covid-19 de Donald Trump met en garde contre un déconfinement hâtif aux États-Unis

Le docteur Anthony Fauci a été entendu depuis chez lui par le Sénat, le 12 mai 2020 à Washington.
Le docteur Anthony Fauci a été entendu depuis chez lui par le Sénat, le 12 mai 2020 à Washington. © Sénat américain via Reuters

Anthony Fauci, le désormais célèbre immunologiste de l'équipe de la Maison Blanche dédiée au coronavirus, a mis en garde contre un redémarrage trop rapide de l'économie, pourtant encouragé par Donald Trump.

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Une relance prématurée de l'économie américaine pourrait entraîner une souffrance et des décès inutiles, a averti mardi 12 mai le Dr Anthony Fauci, l'un des principaux experts médicaux de la Maison Blanche. Le président Donald Trump encourage lui au contraire les États américains à mettre fin au confinement.

Selon le directeur de l'Institut national des maladies infectieuses et allergènes, qui s'est exprimé par visioconférence devant la commission sénatoriale de la Santé, la pandémie n'est toujours pas maîtrisée dans plusieurs régions du pays. "Je pense que nous allons dans la bonne direction, mais la bonne direction ne signifie en aucun cas que nous contrôlons totalement l'épidémie", a-t-il déclaré.

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Le bilan quotidien est reparti à la hausse mardi après deux jours de baisse marquée, avec près de 1 900 morts au cours des dernières 24 heures. Ce rebond porte à 82 246 au total le nombre de décès enregistrés aux États-Unis.

L'épidémiologiste, qui a travaillé au cours de sa carrière sous des administrations républicaines aussi bien que démocrates, a exhorté les États américains à suivre les recommandations des experts et à attendre des signes de ralentissement de la propagation du virus avant de procéder à des mesures de déconfinement.

Un bilan "probablement plus élevé"

"Il y a un vrai risque que vous déclenchiez un foyer épidémique, que vous ne seriez pas en mesure de maîtriser et qui, paradoxalement, vous ramènerait en arrière, ce qui conduirait non seulement à davantage de souffrances et de décès, qui auraient pu être évités, mais pourrait même vous ramener en arrière sur le plan de la reprise des activités économiques", a insisté le Dr Fauci.

Anthony Fauci a d'autre part averti que le bilan aux États-Unis, pays le plus touché par la pandémie, était "probablement plus élevé" que les plus de 80 000 morts officiels, notamment à cause des cas non recensés de personnes décédées chez elles.

"Prudemment optimiste" sur un vaccin

Très attendue, son audition a contrasté avec le discours de la Maison Blanche qui concentre depuis des jours son message optimiste sur la nécessité de relancer l'économie du pays. Interrogé sur son discours en décalage avec celui du président, Anthony Fauci a rejeté toute "confrontation". "Je donne des conseils et il les écoute et les respecte et il s'informe auprès de diverses personnes. Au cours de derniers mois, il n'y a pas eu de relation conflictuelle entre nous", a-t-il déclaré.

Anthony Fauci s'est d'autre part dit "prudemment optimiste" sur la perspective d'un vaccin, avec huit candidats actuellement soumis à des essais cliniques. Mais imaginer que des vaccins ou traitements soient prêts pour la rentrée serait "aller trop loin", a-t-il nuancé. L'antiviral expérimental remdesivir, qui a suscité des espoirs, n'a encore donné que de "modestes" résultats à ses yeux.

À 79 ans, Anthony Fauci s'était placé par précaution ce week-end dans un type de "quarantaine modifiée" en raison d'une exposition possible au nouveau coronavirus, car deux employés de la Maison Blanche avaient été testés positifs. Mais il a précisé qu'il continuait à travailler et s'était rendu, lundi, à la Maison Blanche.

Démocrates et républicains en désaccord

De leur côté, les démocrates majoritaires à la Chambre des représentants ont présenté un plan d'aide d'un montant inédit de 3 000 milliards de dollars pour secourir l'économie et les millions d'Américains frappés par le chômage.

Ce projet, dit "loi pour les héros" pourrait être approuvé à la Chambre dès ce vendredi. Mais il ne devrait pas être adopté ensuite au Sénat, contrôlé par les républicains, qui, avec le président Donald Trump, estiment que les États-Unis devraient attendre que les mesures historiques déjà déployées fassent leur effet avant d'agir à nouveau.

Des sénateurs républicains américains ont, pour leur part, présenté un projet de loi qui donnerait le pouvoir à Donald Trump d'imposer des sanctions à la Chine si Pékin ne fournit pas de "compte-rendu complet" sur la pandémie de coronavirus.

Avec AFP et Reuters

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