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Mike Pompeo en Israël malgré la pandémie pour discuter "annexion" et Iran

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, le 29 avril 2020, lors d'une conférence de presse à Washington.
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, le 29 avril 2020, lors d'une conférence de presse à Washington. Andrew Harnik Pool/AFP/Archivos

Le secrétaire d'État américain est en Israël, mercredi, pour s'entretenir avec Benjamin Netanyahu et Benny Gantz, le duo qui dirige désormais l'État hébreu. Au programme des discussions : annexion et Iran.

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Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo est arrivé en Israël, mercredi 13 mai, afin de discuter du projet d'annexion de pans de la Cisjordanie occupée par le nouveau gouvernement israélien. Il s'agit de son premier déplacement à l'étranger en près de deux mois.

Outre ce dossier sensible, Mike Pompeo doit discuter de l'Iran, ennemi numéro un de l'État hébreu, soupçonné d'avoir multiplié les frappes contre des positions iraniennes en Syrie voisine ces dernières semaines.

Le secrétaire d'État américain s'est posé en matinée à l'aéroport Ben Gourion près de Tel Aviv et est sorti de l'appareil en portant un masque sanitaire bleu, blanc et rouge, les couleurs du drapeau américain, avant de prendre la route pour Jérusalem, où il doit s'entretenir avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ex-rival électoral Benny Gantz.

De manière "préventive", Mike Pompeo ne pourra toutefois pas rencontrer, mercredi, son ambassadeur David Friedman car ce dernier ressent des "symptômes respiratoires", bien qu'il ait été testé négatif au Covid-19, a précisé à l'AFP un porte-parole de l'ambassade.

Quel avenir pour le plan de paix américain ?

Après 17 mois d'une saga politique ponctuée de rebondissements et trois élections, le gouvernement d'union de Benjamin Netanyahu et Benny Gantz doit prêter serment, jeudi, devant la Knesset (Parlement) à Jérusalem.

Leur accord de partage de pouvoir prévoit le dévoilement à partir du 1er juillet d'une stratégie pour mettre en œuvre le projet américain, présenté en janvier à Washington par le président américain Donald Trump dans le but de débloquer le conflit israélo-palestinien.

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Le projet prévoit de faire de Jérusalem la capitale "indivisible" de "l'État juif" d'Israël et l'annexion de la vallée du Jourdain et des plus de 130 colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. Le plan prévoit aussi la création d'un État palestinien sur un territoire réduit.

La question de l’avenir de ce plan rejeté à l’unisson par les Palestiniens est toutefois posée. "La décision sera prise par Israël et je veux savoir ce que le nouveau gouvernement pense à ce sujet", a déclaré Mike Pompeo dans un entretien avec le quotidien Israel Hayom diffusé mardi.

>> À lire : Washington ne juge plus les colonies israéliennes "contraires au droit international"

"Les États-Unis sont parties prenantes de ce plan", a riposté le négociateur en chef des Palestiniens, Saëb Erakat, soutenant auprès de l'AFP que Washington ne les avait pas contactés pour préparer cette visite.

"Dans nos différents échanges, des dirigeants internationaux nous ont clairement signifié que l'annexion représentait une menace non seulement pour la paix au Moyen-Orient mais pour l'ensemble du système international", a-t-il ajouté.

Plus de 450 000 habitants dans les colonies israéliennes en Cisjordanie

Au cours de la dernière décennie, sous l'égide de Benjamin Netanyahu, la population dans les colonies israéliennes en Cisjordanie a bondi de 50 % pour dépasser les 450 000 personnes, vivant souvent sous tensions avec plus de 2,7 millions de Palestiniens.

À la veille de l'arrivée du secrétaire d’État américain, un soldat israélien a été tué par le jet de pierre d'un Palestinien en marge d'une opération armée dans un village du nord de la Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par Israël. Mercredi matin, un adolescent palestinien a été tué par l'armée israélienne dans des heurts dans le sud de la Cisjordanie, selon le ministère palestinien de la Santé.

Si Benjamin Netanyahu a promis d'appliquer la "souveraineté" d'Israël sur les colonies et la vallée du Jourdain, bande de terre qui se déroule sur près de 30 % de la Cisjordanie, il a désormais devant lui une fenêtre stratégique d'environ quatre mois, entre le 1er juillet et la présidentielle américaine de novembre.

Lorsque Mike Pompeo assure que toute décision serait uniquement israélienne, ses commentaires sont "fallacieux" car "l'administration Trump veut vraiment que l'annexion se concrétise", insiste Daniel Shapiro, ex-ambassadeur américain en Israël sous Barack Obama.

Enjeu de politique intérieure pour Donald Trump

La question des colonies est aussi une question de politique intérieure aux États-Unis, où des mouvements évangéliques, soutiens des républicains de Donald Trump, défendent mordicus le projet d'un "grand Israël" incluant dans ses frontières des territoires en Cisjordanie.

"L'administration Trump est probablement peu préoccupée par les délimitations précises, mais cherche à obtenir un accomplissement (...) à présenter à la base évangélique de Donald Trump et aux électeurs juifs de droite, afin de les galvaniser pour l'élection de novembre", assure à l'AFP Daniel Shapiro.

En Israël, les sondages suggèrent un soutien élevé à l'annexion chez les électeurs de droite, mais pas chez ceux du centre et de la gauche, des tendances représentées dans le gouvernement d'union, notamment par Benny Gantz, qui a émis des doutes sur une annexion rapide.

Dans ce contexte, des analystes israéliens s'attendent à des mesures limitées du gouvernement d'union, comme le rattachement à Israël de colonies près de Jérusalem, à moins, selon Daniel Shapiro, qu'il ne passe son tour pour attendre le nom du prochain locataire à la Maison Blanche.

Avec AFP

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