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Polémique entre Pékin et Paris sur un contrat d'armement à Taïwan

Une frégate de classe Lafayette fabriquée par la France, lors d'un exercice militaire au large de la côte de Taïwan, le 17 septembre 2014.
Une frégate de classe Lafayette fabriquée par la France, lors d'un exercice militaire au large de la côte de Taïwan, le 17 septembre 2014. © Pichi Chuang, Reuters

La Chine exhorte la France à "annuler" un contrat d'armement avec Taïwan, soulignant qu'une telle transaction avec cette île considérée par Pékin comme l'une de ses provinces pourrait "nuire aux relations sino-françaises". La France balaie les critiques.

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Le sujet est sensible et la polémique vieille de plus de trente ans. Mardi 12 mai, Pékin a exhorté Paris à "annuler" un contrat d'armement avec Taïwan dans le cadre de la modernisation de navires acquis en 1991 auprès de la France. Pour Pékin, Taïwan fait partie d'une "Chine unique" et ce principe doit être accepté par tous les pays avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques.

Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré que la Chine était résolument opposée à toute vente d'armes à Taïwan. "Nous avons déjà exprimé notre grave préoccupation à la France", a-t-il précisé lors d'un point-presse.

"Nous exhortons à nouveau la partie française à respecter le principe d'une seule Chine et à renoncer à ce projet de vente d'armes à Taïwan pour ne pas nuire aux relations franco-chinoises."

Paris balaie les critiques

Des critiques balayées par la France, qui invite la Chine à "se focaliser" plutôt sur la lutte collective contre la pandémie de coronavirus. "Face à la crise du Covid-19, toute notre attention et tous nos efforts doivent être focalisés sur la lutte contre la pandémie", a ainsi déclaré le ministère français des Affaires étrangères au lendemain de la mise en garde de Pékin.

"Dans le cadre de la déclaration franco-chinoise de 1994, la France met en œuvre la politique d'une seule Chine et continue d'appeler au dialogue entre les deux rives du détroit", souligne-t-on au Quai d'Orsay.

Taïwan, devenue le refuge des nationalistes du Kuomintang après l'accession des communistes au pouvoir en 1949 en Chine continentale, est un sujet ultrasensible pour Pékin, qui considère l'île comme l'une de ses provinces.

"La France respecte strictement dans ce contexte les engagements contractuels qu'elle a formés avec Taïwan et n'a en rien changé sa position depuis 1994", a par ailleurs souligné le ministère français des Affaires étrangères.

Taïwan veut moderniser ses frégates

En 1991, la France avait signé la vente de six frégates à Taïwan pour un montant de 2,8 milliards de dollars, provoquant une glaciation des relations diplomatiques franco-chinoises. Et l'annonce de la marine taïwanaise, qui a indiqué le 7 avril 2020 vouloir moderniser ces frégates, a ravivé ces tensions.

Une source proche du dossier a confirmé à l'AFP qu'un contrat a bien été passé par le ministère taïwanais de la Défense pour la modernisation du système de lanceur de leurres Dagaie qui équipe les six frégates. Un lanceur de leurres est un système utilisé pour éviter d'être frappé par un missile ennemi.

D'après des médias taïwanais, le coût de la transaction serait de plus de 800 millions de dollars taïwanais (24,6 millions d'euros).

Avec AFP et Reuters

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