Covid-19 : le confinement est prolongé à New York jusqu'au 28 mai

Commerces fermés à Brooklyn, New York, à cause de la pandémie de Covid-19, le 5 mai 2020.
Commerces fermés à Brooklyn, New York, à cause de la pandémie de Covid-19, le 5 mai 2020. © Angela Weiss / AFP

Alors que New York est durement touchée par le coronavirus avec plus de 20 000 morts, le gouverneur de l'État Andrew Cuomo a annoncé que le plan de confinement serait étendu au 28 mai, lors d'une conférence de presse.

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Avec un quart des décès enregistrés sur le sol américain, c’est l’épicentre de l'épidémie américaine de Covid-19. La ville de New York, capitale économique et culturelle des États-Unis où le coronavirus a fait plus de 20 000 morts, n’est pas prête de rouvrir ses commerces, restaurants ou théâtres.

Après deux mois de confinement, le gouverneur de l'État Andrew Cuomo a annoncé, vendredi 15 mai, que les mesures drastiques mises en place pour contenir l'épidémie allaient être étendues jusqu’au 28 mai, précisant que certaines régions pourraient réouvrir leurs commerces avant cette date si la situation le permet.

"Nous devons être vraiment, vraiment disciplinés", a répété jeudi le maire de New York, Bill de Blasio, sur CNN. "Nous allons y aller doucement et progressivement".

Malgré le ralentissement de l'épidémie – le nombre de morts quotidien est en forte baisse, inférieur à 200 –, les autorités refusent de s'engager sur la reprise des écoles en septembre, laissant des millions de parents dans l'incertitude.

Pour l'instant, cette métropole de 8,6 millions d'habitants est loin de remplir les critères nécessaires pour relancer graduellement l'économie : baisse continue du nombre des hospitalisations, des personnes en soins intensifs et des tests positifs au Covid-19.

Face au confinement qui s'éternise, les New-Yorkais sont restés jusqu'ici relativement disciplinés, malgré les conséquences dramatiques pour des centaines de milliers de personnes désormais privées de revenus, surtout parmi les minorités noire et hispanique.

Alors qu'ailleurs aux États-Unis, les manifestations se sont multipliées contre le confinement, beaucoup adhèrent à la prudence de leurs dirigeants. D'autant que plus de 80 enfants new-yorkais ont été atteints d'une inflammation pédiatrique rare, probablement liée au virus.

"Il faut que le confinement continue pendant deux ou trois mois encore, car nous vivons dans une grande ville avec beaucoup de monde", dit à l'AFP Denzel Charles, facteur. "Beaucoup de gens sont pressés de reprendre rapidement (...) mais dans les endroits qui ont rouvert, c'est le chaos", souligne Kiyona Carswell, mannequin désormais au chômage.

Interrogation sur la santé financière de New-York

Pourtant, plus l'économie reste plongée dans la léthargie, plus l'incertitude monte sur l'avenir d'une ville qui doit son rayonnement à sa densité et son hyperactivité permanente. Beaucoup de New-Yorkais aisés sont déjà partis se mettre au vert, et certains songent à ne plus revenir.

"Toutes les raisons pour lesquelles on est (à New York) – restaurants, concerts... – ont disparu", témoigne Hans Robert, 49 ans, cadre informatique d'une grande banque. Lui et sa famille, depuis 10 ans à Manhattan, ont déménagé fin avril dans leur maison de campagne au nord de New York, d'où ils télétravaillent.

Autre interrogation : la santé financière de la ville, dont les rentrées fiscales ont fondu avec l'arrêt de l'économie. Le maire démocrate brandit le spectre d'une faillite comme celle des années 1970, qui avait considérablement réduit les services publics et fait exploser la criminalité.

Il supplie le président républicain, Donald Trump, de valider un nouveau plan de relance concocté par les démocrates du Congrès, qui renflouerait la ville à hauteur de 17 milliards sur deux ans. Mais le président a déjà exclu de l'adopter en l'état.

"New York a connu beaucoup de crises et finit toujours par rebondir", assure Maria Kopman, médecin-anesthésiste dans un hôpital de la ville. Même si tout ne sera pas comme avant, "les gens qui viennent ici pour l'ébullition, la socialisation, je ne crois pas que cela disparaîtra".

Avec AFP

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