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Distribution de la presse: le géant Presstalis face à une liquidation partielle

Le géant Presstalis face à une liquidation partielle
Le géant Presstalis face à une liquidation partielle Mehdi FEDOUACH AFP/Archives
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Paris (AFP)

Le tribunal de commerce de Paris pourrait décider vendredi d'une liquidation partielle de Presstalis, le principal distributeur de presse en France, de nouveau étranglé par les dettes.

Il n'y a pour l'instant que deux issues: une liquidation totale du distributeur ou un plan de sauvetage proposé in extremis par les éditeurs de quotidiens, qui impliquerait la liquidation de ses structures en régions et le licenciement de plus de 500 salariés.

Les quotidiens, emmenés par le dirigeant du Monde Louis Dreyfus, tentaient encore jeudi d'inclure dans leur plan certains groupes de magazines: leurs flux seraient essentiels à la viabilité d'une nouvelle structure alors que ceux des quotidiens diminuent chaque année.

Après des mois de négociations, les principaux groupes de magazines s'étaient désintéressés du futur de Presstalis, se tournant de plus en plus vers son concurrent, les MLP. Mais certains groupes pourraient encore s'y joindre à titre individuel.

Ce plan unique sera-t-il suffisant pour le tribunal? Plusieurs observateurs mettent en doute sa viabilité économique. Il est également possible que le tribunal allonge encore la période de conciliation jusqu'à fin mai.

Pendant ce temps, impossible de trouver des journaux chez de nombreux marchands à travers la France: le Syndicat du Livre-CGT a appelé au blocage de certaines imprimeries et de tous les dépôts de la SAD et de la Soprocom.

La direction de Presstalis a demandé la liquidation de ces deux filiales, qui seraient ainsi cédées à la découpe avec de nombreux licenciements à la clé.

L'idée serait de continuer à diminuer le nombre de dépôts sur le territoire: ils étaient moins de 700 en 1995, 61 début 2019. Et de réattribuer ces zones de distribution "à des dépositaires indépendants ou des nouveaux entrants", a indiqué mardi Cédric Dugardin, président de Presstalis.

L'Etat encadre les discussions et porte à bout de bras le distributeur de presse, qui traverse sa troisième crise majeure en dix ans.

Un décret a officialisé mercredi un prêt de trente-cinq millions d'euros supplémentaires, au titre du programme du Fonds de développement économique et social (FDES).

Du côté des marchands de journaux, cette crise vient s'ajouter aux conséquences du mouvement des "gilets jaunes" et à un long confinement pour cause de coronavirus.

"Nous avons besoin d'une solution rapide et pragmatique, qui permette un rétablissement normal de la distribution", a lancé jeudi Daniel Panetto, un de leurs représentants, dans une lettre à ses confrères.

Il en a également appelé "aux pouvoirs publics pour bénéficier d'un soutien fort car les 22 000 marchands sont à nouveau menacés et poussés dans une situation précaire".

Les lecteurs déconfinés retrouveront-ils le chemin des kiosques?

Les éditeurs, dont les finances sont déjà mises à mal par le confinement, risquent également de ne pas toucher les sommes qui leur étaient dues par Presstalis pour les ventes des dernières semaines.

Plusieurs ont fait appel à la solidarité de leurs lecteurs et ont diffusé exceptionnellement leurs publications sur internet.

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