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Football : deuxième de L1, qualifié en C1, l'OM flirte malgré tout avec la crise

L'Olympique de Marseille est au bord de la crise avec le probable départ de son entraîneur André Villas-Boas.
L'Olympique de Marseille est au bord de la crise avec le probable départ de son entraîneur André Villas-Boas. AFP

Malgré une saison réussie, l'Olympique de Marseille est au bord de la crise. En cause, la situation financière difficile du club, mais aussi le probable départ de son entraîneur André Villas-Boas, après l'annonce de celui du directeur sportif Andoni Zubizarreta.

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C'est la perspective d'une double lame qui pèse désormais sur l'Olympique de Marseille. Après l'annonce, jeudi 14 mai, de la séparation du club et de son directeur sportif Andoni Zubizarreta, déjà pas franchement rassurante, c'est désormais l'avenir de son entraîneur André Villas-Boas qui semble remis en cause. Une révolution en coulisses qui complique un peu plus la préparation d'une saison déjà compliquée par la marge de manœuvre réduite du club phocéen.

Mais c'est sans surprise le nom de l'entraîneur portugais qui est sur toutes les lèvres, à Marseille, depuis 24 heures. "La balle est dans son camp", dit-on à l'OM. Le club a proposé au technicien de prolonger son contrat, qui court encore une saison jusqu'en 2021. Mais "AVB" avait plusieurs fois publiquement lié son destin à celui d'Andoni Zubizarreta, l'homme qui l'avait fait venir sur la Canebière.

"Je l'ai entendu effectivement évoquer un doute fort sur sa capacité à continuer sans Andoni Zubizarreta au club aujourd'hui. Ce sera sa responsabilité, sa décision", a commenté le président du club, Jacques-Henri Eyraud, vendredi, sur la radio RMC.

"Je respecte les décisions individuelles comme celle-là, si André met au-dessus de tout, au-dessus du projet sportif, des joueurs, de la connexion liée avec les supporters, son lien avec Andoni Zubizarreta, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?" a-t-il ajouté, assurant qu'il espérait que son coach reste en poste "pendant encore de nombreuses années".

Fort caractère

Si Villas-Boas s'en va, il sera dur de remplacer un technicien si populaire auprès de ses joueurs, du public et même des suiveurs de l'OM, qui apprécient son franc-parler. Après des entrevues avec son président, Jacques-Henri Eyraud cette semaine, Villas-Boas est retourné chez lui, à Porto, pour prendre sa décision. Farouchement indépendant, il avait plusieurs fois expliqué qu'il pouvait prendre ses cliques et ses claques et s'en aller si la situation ne lui convenait plus.

"J'ai quitté mon contrat chinois de 12 millions d'euros par an sans impôts pour faire le Dakar", illustrait-il en guise d'exemple le 15 janvier, le jour où il était un peu sorti de ses gonds pour défendre "Zubi", estimant que le recrutement du conseiller Paul Aldridge empiétait sur le domaine réservé du directeur sportif.

Au-delà de son lien fort avec le Basque, AVB veut une équipe compétitive pour la saison prochaine. Il n'a pas ramené l'OM en Ligue des champions "pour faire de la figuration", répétait-il récemment sur RMC. Or, fair-play financier oblige, le club n'aura pas de gros moyens, pas de quoi donner envie au Portugais de rester...

Aucune garantie sportive

Après trois saisons de rang en déficit, "investissements indispensables et prévus, pour la première phase du projet", insiste-t-on au club, l'OM est en plus frappé, comme tout le monde, par la crise financière causée par le coronavirus.

Le club doit réduire les coûts, notamment salariaux (127 millions d'euros de masse salariale la saison dernière). Il faudrait vendre quelques-uns des joueurs les mieux payés, comme le Néerlandais Kevin Strootman, autour de 500 000 euros bruts mensuels. Ne pas avoir réussi à le transférer l'été dernier est un des échecs imputable à Zubizarreta, justement.

Pour gagner de l'argent, l'OM doit aussi vendre. Les transferts de Maxime Lopez, formé au club, Morgan Sanson ou Duje Caleta-Car pourraient en rapporter. Mais pour recruter et se renforcer afin de jouer sur tous les tableaux, l'OM va manquer de cash. Il faudra chercher des prêts ou des bonnes affaires.

De l'effectif actuel, Dimitri Payet ou Florian Thauvin ont publiquement fait savoir qu'ils voulaient rester, mais "Dim" avait prévenu lui aussi dans la saison, comme son coach, qu'il ne voulait pas s'engager au rabais en C1.

Quel "directeur du football" après "Zubi" ?

L'OM a annoncé vouloir recruter un directeur du football pour remplacer son directeur sportif. Le processus est en marche depuis l'automne, assure-t-on au club, mais aucun nom n'a filtré pour l'heure. Français ? Étranger ?

Le club a déjà un directeur général, Laurent Colette, ancien du Barça, comme Zubi, et de l'AS Rome, mais il n'a pas l'étiquette "du football". La direction se veut rassurante, explique que "Zubi" a rempli sa mission, structurer le club. Mais la "phase 2" du projet commence dans la tourmente.

Décidément, le géant phocéen n'est jamais tranquille. Il pourrait se reposer sereinement sur une saison sportive parfaitement réussie et préparer la suivante avec l'argent promis par la C1 (60 millions d'euros au moins) et par le nouveau contrat de droits TV plus lucratif de la L1.

Avant l'annonce du départ de Zubizarreta, l'OM devait déjà batailler contre la rumeur d'une vente, toujours niée par Eyraud et le propriétaire Frank McCourt. Selon le magazine Challenges, un proche conseiller du milliardaire saoudien Al-Walid ben Talal, le banquier d'affaires français Kacy Grine, avait suggéré l'idée de racheter le club, mais l'Américain ne semble pas vendeur. Ce front-là semble maîtrisé, mais le vent de la tempête souffle à nouveau sur l'OM.

Avec AFP

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