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A Dortmund, un derby sans euphorie mais "c'est mieux que rien"

Le premier match de reprise de la Bundesliga entre le Borussia Dortmund et Schalke 04 est joué à huis clos, le 16 mai 2020
Le premier match de reprise de la Bundesliga entre le Borussia Dortmund et Schalke 04 est joué à huis clos, le 16 mai 2020 Martin Meissner POOL/AFP
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Dortmund (Allemagne) (AFP)

Pour la troisième fois seulement en 12 ans, Nicole Bartelt n'assistera pas au match de son équipe fétiche de Dortmund contre Schalke samedi depuis les tribunes du Signal Iduna Park mais, huis clos oblige, depuis le salon d'amis.

Habituée à encourager son équipe au milieu du bouillant "Mur jaune", plus grande tribune debout d'Europe avec ses 24.500 places, elle se contentera de hurler devant la télévision pour la reprise de la Bundesliga, arrêtée depuis début mars en raison de l'épidémie de Covid-19.

"Mieux vaut des matches à huis clos pour freiner la progression de l'épidémie qu'une catastrophe sanitaire, c'est mieux que rien", professe la supportrice arborant le maillot noir extérieur du BVB, interrogée par l'AFP avant le toujours très passionnel "derby de la Ruhr".

"Même si on déteste Schalke, une saison sans un tel derby n'a pas la même saveur", explique cette femme de 44 ans.

Cette fois-ci, et sans doute pour les semaines à venir, elle regardera le match chez un couple d'amis, en respectant les règles sanitaires n'autorisant les réunions qu'entre deux foyers différents, et avec une distance de sécurité minimale d'1,50 m.

Le calme relatif qui régnait samedi dans l'ex-cité industrielle, qui ne vit toute l'année que pour le football, témoigne bien de ce contexte particuliers quelques maillots et écharpes éparses apparaissent dans les rues, mais rien à voir avec l'euphorie des jours de match où la ville déborde de supporters jaunes et noirs.

- "Se contenter de peu" -

La présence policière reste pourtant relativement importante, notamment dans le centre historique, même si les forces de l'ordre sont surtout mobilisées pour encadrer une manifestation non-autorisée de partisans hétéroclites exigeant la fin des restrictions sanitaires.

Mercredi, le maire de Dortmund Ullrich Sierau avait appelé les supporters à éviter les rassemblements, tant aux abords du stade que devant la télévision: "On doit garder notre but vierge, contre le coronavirus!", avait-il lancé.

Tout comme l'association regroupant les fans de la tribune sud de Dortmund, qui a promis dans un communiqué que les supporters ne se rassembleraient pas devant le stade.

Résultat: seuls les chants des oiseaux perturbaient le silence aux abords de l'enceinte sportive. Et dans le centre-ville, même les bars ne sont pas remplis.

"On ne peut recevoir que 50 personnes, contre 500 normalement. Les gens ne sont de toute manière pas forcément rassurés de se regrouper dans le contexte actuel", explique Jörg Kemper, gérant du bar de supporters Wenkers au centre-ville.

Dans son établissement, qui a pu rouvrir lundi et où trônent des dizaines de maillots des Jaunes et Noirs au mur, un strict marquage au sol et des vitres en plexiglas rappellent constamment aux clients l'omniprésence de la pandémie.

"Habituellement c'est l'euphorie pour une telle rencontre mais là... on se contentera de peu", philosophe-t-il. En temps normal, en un jour de match, il atteint son chiffre d'affaires hebdomadaire.

- Boycott d'ultras -

Fervent supporteur du BVB, dont il possède une carte de membre depuis 1987, Marco Perz trouverait "absurde et dangereux" que la saison n'aille pas à son terme.

"Sur le plan sportif, bien sûr, je souhaite qu'on rattrape le Bayern pour devenir champion, mais l'aspect économique est aussi primordial", explique, bière à la main et blouson arborant des dizaines de stickers du club sur le dos, ce passionné de 45 ans.

"Je ne me fais pas de souci pour les sportifs, qui devront peut-être acheter une Lamborghini en moins, mais pour toute l'économie qui en dépend autour, les techniciens, jardiniers, magasins de fans...", ajoute-il. Il suivra, lui aussi, la rencontre chez des amis.

A l'inverse, certains supporters ultras n'ont pas caché ces derniers jours leur scepticisme sur une telle reprise.

Peu importe le résultat samedi, "le football ne sera pas au centre de l'attention", regrette Nicolai, l'un des contributeurs du très consulté forum "Schwarz-gelb" (Noir et jaune), qui boycottera la rencontre.

A défaut de "Mur jaune", ce mythique virage sud du stade, il revient aux supporters d'imaginer d'autres manières d'encourager leur équipe favorite. A Dortmund comme ailleurs, c'est bien la première fois depuis 1989 qu'un Mur a fait autant parler de lui en Allemagne.

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