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Déconfinement : du bon usage du masque… Mode d’emploi

Un employé contrôlant des masques de protection dans une chaîne de production de l'usine de la société Kolmi-Hopen, à Saint-Barthelemy-d'Anjou (ouest de la France), le 1er février 2020.
Un employé contrôlant des masques de protection dans une chaîne de production de l'usine de la société Kolmi-Hopen, à Saint-Barthelemy-d'Anjou (ouest de la France), le 1er février 2020. © Loïc Venance, AFP

Chirurgical ou en tissu, le masque est devenu incontournable pour éviter la propagation du Covid-19 en temps de déconfinement. France 24 fait le point sur ce qui est devenu un plus qu'un accessoire de protection.

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Pas obligatoires (sauf dans les transports en commun), mais "recommandés" par Emmanuel Macron, les masques s'imposent, avec le respect des gestes barrières et le gel hydroalcoolique, comme le moyen principal d'éviter la propagation du nouveau coronavirus en période de déconfinement. Où en trouver, à quel prix, comment les utiliser, quelles pratiques éviter… France 24 vous explique tout ce qu'il faut savoir à leur sujet.

Quels types de masques ? Où les trouver et à quels prix ?

On distingue deux grandes familles de masques : les médicaux et les non médicaux. Les premiers regroupent les masques anti-projections, dit "chirurgicaux" (souvent bleus ou verts) et les masques de protection respiratoire individuelle avec une capacité variable de filtration de l'air – dont les FFP2 (souvent en forme de bec de canard), en pénurie dans les stocks stratégiques d'État.

Les seconds, non médicaux, peuvent être de deux types, selon l'ANSM. De catégorie 1, ce sont des "masques individuels à usage des professionnels en contact avec le public" – pour les hôtesses de caisses ou les agents des forces de l'ordre. De catégorie 2, ce sont des "masques de protection à visée collective", aussi nommés masques grand public ou "masques barrière solidaires", que l'ensemble de la population peut trouver en vente libre.

Actuellement, ce sont bien les masques grand public qui sont les plus accessibles à l'achat. On peut en trouver près de chez soi, dans chaque département français, l'AFNOR référençant les différents confectionneurs qui participent à leur fabrication. Buralistes, grandes surfaces et pharmacies vendent ces masques grand public et doivent normalement préciser le nombre de lavages possibles – de 5 à 50. Les ventes se font à prix variable : 2 à 3 euros minimum, 5 euros chez les buralistes et plus en fonction de la réutilisation possible.

On peut aussi trouver des masques chirurgicaux en pharmacies ou en grandes surfaces, souvent par 10 ou 50. Leur prix, plafonné par le gouvernement, ne peut pas excéder 95 centimes d'euros l'unité.

Comment utiliser un masque et le conserver s'il est réutilisable ?

Une fois acheté, un masque grand public ou chirurgical peut être utilisé pendant quatre heures maximum. Avant de le mettre sur son visage, il faut respecter plusieurs étapes :

  1. Se laver les mains ou utiliser du gel hydroalcoolique. 
  2. Enfiler le masque en le tenant uniquement par les élastiques.
  3. Pincer au niveau du nez, de façon à ce qu'il soit recouvert entièrement, et abaisser le masque en-dessous du menton.
  4. Le retirer par les élastiques quand son usage est terminé.
  5. Jeter le masque dans une poubelle fermée ou le conserver dans un sachet hermétique s'il est réutilisable.
  6. Se laver de nouveau les mains ou utiliser du gel hydroalcoolique.

Les masques grand public, pour être réutilisables, doivent être lavés durant un cycle d'au moins 30 minutes à 60 degrés, selon l'ANSM [l'agence nationale de sécurité du médicament], passés au sèche-linge si possible puis repassés à la vapeur "avec une température compatible avec (leur) composition". Les professionnels qui vendent des masques grand public réutilisables fournissent parfois une notice d'entretien adaptée au masque vendu.

Les pratiques à éviter qui rendent le masque inefficace

L'utilisation massive du masque dans la société française est une nouveauté qui peut expliquer que son usage ne soit pas, parfois, à propos. Qu'il soit grand public ou chirurgical, le masque sert à protéger les autres des gouttellettes émises lorsqu'on parle, tousse ou éternue.

Aussi son efficacité est directement remise en cause quand on le porte à l'envers – avec la face colorée côté bouche pour le masque chirurgical, par exemple –, que le masque ne recouvre pas entièrement le nez ou encore quand on descend son masque sur son cou pour parler, téléphoner ou fumer. Il ne faut pas non plus toucher son masque pendant l'utilisation et ne pas le poser sur une surface qui n'aurait été préalablement désinfectée.

Utiliser son masque chirurgical plus que les quatre heures maximales recommandées réduit aussi fortement son efficacité, de même que la réutilisation d'un masque sans l'avoir lavé préalablement. Enfin, mettre son masque dans sa poche plutôt que dans un sachet hermétique produira le même effet que les exemples cités ci-dessus, qui sont autant de situations ou le masque perd sa fonction originelle, c'est-à-dire la "filtration de 70 % à 80 % des particules émises par la personne portant le masque". Pour se prémunir de la déshydratation due au port prolongé du masque, il est conseillé de boire régulièrement.

Comment éviter la buée sur les verres de lunettes ?

La question mérite d'être posée dans un pays où 76 % des Français portent des lunettes, selon une étude YouGov menée en 2019. Même si se pincer le masque au niveau du nez est censé limiter le passage d'air en direction des yeux, de la buée apparaît souvent en quelques minutes sur les verres des porteurs de lunettes.

Plusieurs méthodes existent pour voir quelque chose de son trajet avec un masque. L'une consiste à rabattre la partie supérieure de son masque. Dans ce cas, le tissu doit être, cependant, assez grand pour recouvrir les narines et la bouche et ne pas perdre en efficacité. Une autre méthode, proposée dès 2011 par le Royal College of Surgeons of England, consiste à placer un mouchoir à usage unique plié entre la peau du visage et le haut du masque. Le mouchoir absorbe alors l'humidité de l'air expiré.

Une entreprise de l'Oise confrontée au même souci de buée sur les lunettes pour une partie de ses salariés a aussi créé "Pince mi", comme rapporté par France 3 Hauts-de-France. Cette pièce en inox à mémoire de forme, vendue moins d'un euro, permet de pincer en permanence le haut du masque pour bloquer l'air qui part en direction des yeux.

Il est aussi possible aussi de laver ses verres à l'eau savonneuse, une solution qui empêche temporairement les molécules d'eau de se déposer pour former de la buée, selon le Royal College of Surgeons of England. Enfin, le spray anti-buée vendu chez les opticiens peut aussi faire l'affaire.

Le masque, nécessaire, mais parfois problématique pour certains publics

La nécessité du port du masque pour éviter la propagation du Covid-19 dans la société ne semble plus à démontrer, surtout dans des espaces confinés, ou à forte circulation de population dans un petit espace. Mais qu'elles soient grand public ou chirurgicales, ces protections filtrantes peuvent poser problème à plusieurs types de public.

À commencer par les personnes atteintes de mutisme et / ou de surdité : le port d'un masque opaque est considéré comme "un obstacle majeur" par la Fédération nationale des sourds de France (FNSF), car il les empêche de lire sur les lèvres de leur interlocuteur et de pouvoir interagir avec en conséquence. Une solution de développement de masque transparent aux normes AFNOR est en développement pour pallier ce souci, à l'image de cette initiative dans l'Oise.

Les personnes atteintes de troubles psychiatriques et autistiques peuvent aussi être gênées par le port du masque, comme l'explique Sciences et Avenir. Des troubles peuvent être aggravés à cause du port du masque, notamment un risque "d'accentuer les délires des personnes souffrant de schizophrénie, notamment ceux liés à des symptômes de paranoïa", explique le Dr Jérôme Palazzolo au mensuel de vulgarisation scientifique.

Enfin, le port du masque semble difficilement possible pour les enfants jusqu'à un certain âge. "C'est très compliqué de demander aux enfants de porter un masque toute une journée, sans le toucher", estimait le 24 avril le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur France Inter, prenant en exemple "un enfant de 10 ou 11 ans" pour illustrer son propos. Et le ministre a ajouté : "Il faut insister sur les gestes barrières et les enfants se sont vraiment approprié ces gestes-là". Gestes barrières qui restent aussi nécessaires pour les adultes en plus d'un port adapté du masque.

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