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Arrestation près de Paris de Félicien Kabuga, financier présumé du génocide au Rwanda

Un avis de recherche de Félicien Kabuga publié en 2002 dans un journal kényan.
Un avis de recherche de Félicien Kabuga publié en 2002 dans un journal kényan. © George Mulal, Reuters

Activement recherché par la justice internationale depuis vingt-cinq ans, Félicien Kabuga, un homme d'affaires rwandais considéré comme le financier présumé du génocide de 1994, a été arrêté, samedi 16 mai, en région parisienne.

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L'homme d'affaires rwandais Félicien Kabuga, considéré comme le financier présumé du génocide de 1994 au Rwanda et activement recherché par la justice internationale depuis vingt-cinq ans, a été arrêté samedi matin dans les Hauts-de-Seine, en région parisienne, annonce le parquet général de Paris dans un communiqué. 

"Âgé de 84 ans, il résidait sous une fausse identité dans un appartement d'Asnières-sur-Seine, grâce à une mécanique bien rodée et avec la complicité de ses enfants", a précisé le parquet. 

À l'issue d'une procédure judiciaire devant la Cour d'appel de Paris, Félicien Kabuga devrait être remis au Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (TPI) à La Haye, pour y être jugé pour crimes contre l'humanité, a ajouté le parquet.

Arrestation de Félicien Kabuga, financier présumé du génocide au Rwanda : les précisions de Simon Wohlfart

"Il a été le grand argentier du régime rwandais"

En fuite depuis 1994, il était activement recherché par la justice internationale et avait notamment échappé à une arrestation en Allemagne, comme l'a raconté le journaliste indépendant David Servenay, auteur d'une série d'enquêtes sur le financement du génocide rwandais publiées en mars 2019 par le quotidien Le Monde. "Il a été le grand argentier du régime rwandais sur lequel la justice ne parvenait pas à mettre la main", a commenté samedi David Servenay à France 24, en expliquant qu'il "[était] notamment à l'origine de la signature des contrats clandestins qui ont permis les achats d'armes".

Le parquet général précise dans son communiqué que Félicien Kabuga a "impunément séjourné" durant sa longue cavale en Allemagne, en Belgique, au Congo-Kinshasa, au Kenya ou en Suisse. Il rappelle également que les États-Unis avaient promis une prime de 5 millions de dollars pour sa capture. "Avec Augustin Bizimana et Protais Mpyrania, Félicien Kabuga était l'un des trois génocidaires rwandais encore recherchés par la justice internationale", conclut le parquet.

"Un message fort de la France envers les rescapés et le Rwanda"

"Cette arrestation est vécue comme un soulagement pour les survivants du génocide des Tutsi", rapporte le correspondant de France 24 au Rwanda, Simon Wohlfart, précisant que celle-ci a lieu alors que le pays est en période de "kwibuka", correspondant aux cent jours de commémoration des victimes du génocide.

Pour l'organisation Ibuka ("Souviens-toi" en langue rwandaise), qui œuvre pour la mémoire, la justice et le soutien aux rescapés, cette arrestation est "un message fort de la France envers les rescapés et le Rwanda et ne peut qu'améliorer les relations entre les deux pays", poursuit Simon Wohlfart.

"La capture de Félicien Kabuga est vraiment bienvenue et un acte louable. Les survivants du génocide de 1994 contre les Tutsi s'en félicitent", a déclaré à l'AFP le président de l'association Ibuka, Jean-Pierre Dusingizemungu. "Il est destiné à être jugé à La Haye aux Pays-Bas, mais notre voeu, en tant qu'association pour les survivants du génocide, c'est qu'il soit extradé et jugé au Rwanda où il a commis les crimes", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, sur Twitter, Yolanda Makolo, conseillère du président rwandais, Paul Kagame, a demandé comment Félicien Kabuga avait pu se cacher si bien et pendant si longtemps.

Considéré comme le financier [présumé] du génocide et comme l'un de ses principaux meneurs, Félicien Kabuga est accusé d'avoir créé les milices Interahamwé, principaux bras armés du génocide qui a fait 800 000 morts selon l'ONU.

Il est visé par un mandat d'arrêt du Mécanisme international (MTPI), la structure chargée d'achever les travaux des tribunaux pour le Rwanda et l'ex-Yougoslavie, sous plusieurs chefs d'accusation [sept au total], dont génocide, complicité de génocide, incitation et complot en vue de commettre un génocide et crime contre l'humanité.

Il devrait être transféré à La Haye (Pays-Bas) pour y être jugé, une fois les procédures requises par la législation française achevées.

Avec AFP

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