Égypte : arrestation de la rédactrice en chef d'un journal critique du régime

Lina Attalah, rédactrice en chef du journal indépendant Mada Masr, au ton souvent critique du régime d'Abdel Fattah al-Sissi, a été arrêtée le 17 mai 2020.
Lina Attalah, rédactrice en chef du journal indépendant Mada Masr, au ton souvent critique du régime d'Abdel Fattah al-Sissi, a été arrêtée le 17 mai 2020. © Ronka Oberhammer, DW (Creative Commons)

Rédactrice en chef du journal indépendant Mada Masr, souvent critique à l'égard du régime d'Abdel Fattah al-Sissi, Lina Attalah a été arrêtée dimanche, a annoncé l'avocat de la publication.

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Lina Attalah, rédactrice en chef du journal indépendant Mada Masr, au ton souvent critique du régime d'Abdel Fattah al-Sissi, a été arrêtée dimanche 17 mai, a indiqué à l'AFP l'avocat de la publication.

L'interpellation a eu lieu à l'extérieur de la prison de Tora, au Caire, au moment où Lina Attalah interrogeait la militante des droits humains Laila Soueif, mère de l'opposant Alaa Abdel Fattah, actuellement détenu et en grève de la faim.

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"Les gardes de la prison ont demandé à Lina Attalah de montrer sa carte d'identité et l'ont appelée plus tard pour un interrogatoire de trois heures", a dit à l'AFP l'avocat de Mada Masr, Hassan al-Azhari. "Nous avons appris ensuite qu'elle avait été emmenée dans un commissariat de police à Maadi (sud du Caire) et qu'elle sera déférée au parquet demain matin", a-t-il ajouté.

Hassan al-Azhari a par ailleurs assuré que les raisons de l'arrestation de la rédactrice en chef demeuraient inconnues.

En soirée, Mada Masr a affirmé sur Twitter que le parquet avait décidé de la relâcher après paiement d'une caution de 2 000 livres égyptiennes (127 dollars).

Le journal déjà perquisitionné en novembre

Journal en ligne arabophone et anglophone, Mada Masr publie des enquêtes sur les questions de sécurité et la corruption.

La publication compte parmi les centaines de sites d'information bloqués par les autorités ces dernières années et dont l'accès n'est possible pour les Égyptiens que par une application VPN (réseau privé virtuel).

En novembre dernier, la police avait effectué une perquisition dans les locaux du journal au Caire, arrêtant brièvement trois journalistes du média, dont Lina Attalah.

Depuis l'arrivée au pouvoir d'Abdel Fattah al-Sissi en 2014, une vague de répression impitoyable s'est abattue sur les journalistes, les opposants et les militants égyptiens.

L'Égypte occupe la 166e place dans le classement Reporters sans frontières (RSF) de la liberté de la presse 2020, dans lequel elle a perdu trois places par rapport à l'année précédente. Selon RSF, 29 journalistes sont aujourd'hui emprisonnés en Égypte.

Avec AFP

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