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Plusieurs civils tués en RD Congo, dans un nouveau massacre en Ituri

Patrouille de Casques Bleus de l'ONU dans la province d'Ituri, RD Congo, le 11 avril 2020.
Patrouille de Casques Bleus de l'ONU dans la province d'Ituri, RD Congo, le 11 avril 2020. © Force Monusco (Creative Commons)

Une vingtaine de civils, dont des femmes et des enfants, ont été massacrés dans la nuit de samedi à dimanche en Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, selon des sources locales. 

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Au moins vingt civils ont été massacrés dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 mai en Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo), ont indiqué dimanche des sources locales à l'AFP. Parmi les victimes se trouvent des femmes et des enfants.

"Nous enregistrons pour le moment 20 personnes tuées et 17 autres blessées dont certaines ont été admises à l'hôpital", a déclaré l'administrateur du territoire de Djugu, Adel Alingi, à un journaliste de l'AFP.

Une autre source au sein de l'administration locale avance un bilan de 22 victimes, dont "huit hommes, sept femmes, les autres sont des enfants".

"Les victimes sont de tous âges confondus, enfants, jeunes, femmes et vieillards, tués à la machette, au couteau, avec des armes à feu", confirme un chef coutumier joint par le correspondant de l'AFP. Une photo d'enfants découpés en morceaux a circulé plusieurs fois sur Twitter.

Au moins 701 personnes tuées depuis fin 2017

Selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), dans une déclaration du 8 mai, au moins 274 personnes ont été massacrées et 200 000 autres ont fui les violences depuis le début de l'année.

Le 10 janvier, un rapport conjoint de la Mission des Nations Unies au Congo (Monusco) et du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme recensait au moins 701 personnes tuées depuis fin 2017.

"Nous avons pu confirmer les crimes contre l'humanité", avait déclaré la Haute commissaire aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, en visite en Ituri, le 23 janvier.

Les tueries sont attribuées à une milice ethnico-religieuse, la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco).

"Actes terroristes et génocidaires" -

La Codeco prétend défendre les intérêts d'une communauté, les Lendu, majoritairement agriculteurs. Les victimes sont en majorité des membres de la communauté hema, principalement agriculteurs et commerçants.

C'est ce qui s'est passé dimanche. Les miliciens ont attaqué une chefferie hema, a détaillé l'administrateur du territoire. Les assaillants venaient d'un territoire lendu, a indiqué une source de la société civile, Charité Banza.

Les violences ont lieu en territoire de Djugu, où les villages et les terres des deux communautés sont imbriqués les uns dans les autres.

"Nous avons poursuivi ces hors-la-loi", assure un porte-parole de l'armée congolaise, qui dénonce "les actes terroristes et génocidaires [des Codeco]".

"C'est une milice émanant de la population civile. Ils se retirent dans leur communauté" après leurs tueries, ajoute ce porte-parole, le lieutenant Jules Ngongo, joint par l'AFP. "Aucune armée au monde ne peut être partout dans une zone comme Djugu", affirme-t-il en demandant à la population de collaborer avec l'armée par des systèmes d'alerte. Le territoire de Djugu s'étend sur un peu plus de 8 000 km2.

"Venir en appui à la police congolaise et à l'armée congolaise"

Deux bataillons onusiens sont également présents dans la province de l'Ituri. Ils ont été renforcés par des "forces spéciales de réserve uruguayennes", avait indiqué la Monusco, le 28 avril.

"La mission de ces Casques bleus est de venir en appui à la police congolaise et à l'armée congolaise pour sécuriser les populations de plusieurs entités victimes des exactions des miliciens", précisait la Monusco. Les Casques bleus font des patrouilles et ont évacué des soldats congolais blessés la semaine dernière.

Cette semaine, des parlementaires de l'Ituri ont rencontré les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat pour les interpeller sur la situation sécuritaire dans leur province.

Entre 1999 et 2003, des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées en Ituri dans un conflit entre des milices hema et lendu.

Les violences ont repris fin 2017. Contrairement à la guerre de 1999-2003, la communauté hema n'a pas reconstitué de milices pour répondre aux violences attribuées à la Codeco.

Récemment sorti de prison après avoir purgé sa peine prononcée par la Cour pénale internationale (CPI), un ancien chef de guerre actif en Ituri, Thomas Lubanga, a appelé ses "frères" du Codeco "à arrêter leur entreprise criminelle".

Avec AFP

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