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Israël : le Parlement approuve le gouvernement d'union entre Netanyahu et Gantz

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'exprime lors de la cérémonie de prestation de serment de son nouveau gouvernement d'union formé avec son rival électoral, Benny Gantz, à la Knesset, à Jérusalem, le dimanche 17 mai 2020.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'exprime lors de la cérémonie de prestation de serment de son nouveau gouvernement d'union formé avec son rival électoral, Benny Gantz, à la Knesset, à Jérusalem, le dimanche 17 mai 2020. © Reuters

Le Parlement israélien a approuvé dimanche le gouvernement d'union entre Benyamin Netanyahu et Benny Gantz. Il met un terme à une longue crise politique.

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Le gouvernement d'union de Benjamin Netanyahu et de son ex-rival électoral, Benny Gantz, s'est concrétisé dimanche en Israël avec le vote d'approbation du Parlement, mettant fin à la plus longue crise politique de l'histoire moderne de l'État hébreu.

Après un report jeudi, les parlementaires ont été conviés pour un vote de confiance. Au total, 73 députés ont voté pour le gouvernement, soit 12 de plus que le seuil de la majorité.

Dirigé par le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, chef du Likoud (droite), le gouvernement d'union israélien comprend une trentaine de ministres de huit formations politiques différentes : Likoud, "Bleu-Blanc", Shass, Judaïsme unifié de la Torah, Parti travailliste, Gesher, "Foyer juif" et Derech Eretz.

D'après l'accord de partage du pouvoir entre Benjamin Netanyahu et Benny Gantz, le gouvernement comptera au final 36 ministres, le plus large de l'histoire du pays.

Dans dix-huit mois, Benny Gantz prendra la tête du gouvernement et, toujours selon cet accord, le ministre des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, prendra le ministère de la Défense.

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Un partage équitable des ministères entre les deux camps

"La population veut un gouvernement d'union, et c'est ce qu'elle aura aujourd'hui", avait déclaré Benjamin Netanyahu peu avant ce vote de confiance sur le gouvernement. 

L'accord d'union paraphé le 20 avril par le Likoud (droite) de Benjamin Netanyahu et la formation centriste, "Bleu-Blanc", de Benny Gantz acte un partage équitable des ministères entre les deux camps. 

D'après les termes de l'accord, Benjamin Netanyahu restera Premier ministre pendant dix-huit mois avant de céder sa place pour une période équivalente à Benny Gantz. Il permet également aux deux dirigeants de redistribuer des postes de ministres à leurs alliés politiques. 

Avant la cérémonie initialement prévue le 14 mai, des élus du camp Netanyahu, déçus de ne pas avoir obtenu de postes, menaçaient de ne pas se présenter au Parlement pour le vote de confiance, poussant le Likoud à repousser la cérémonie à dimanche.

Ce gouvernement "d'union et d'urgence" avait été promis pour mettre de côté les rivalités politiques et défendre Israël face à la pandémie de nouveau coronavirus qui a contaminé plus de 16 500 personnes, incluant 268 décès, selon les données officielles.   

Mais ce bilan reste faible en comparaison à des pays en Europe ou dans les Amériques. Et le pays d'environ 9 millions d'habitants a commencé le déconfinement en rouvrant la majorité des commerces et des écoles, tout en maintenant l'obligation du port du masque sanitaire. 

Comme ailleurs, le défi est double : remettre sur les rails une économie qui a vu son taux de chômage technique bondir de 3,4 % à 27 % en raison de la crise, tout en évitant une seconde vague de contamination. 

Économie, annexion et justice 

Outre les enjeux sanitaires et économiques, le nouveau gouvernement doit se pencher sur la mise en œuvre du projet américain pour le Proche-Orient qui prévoit notamment l'annexion par Israël de la vallée du Jourdain et des colonies juives en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967. 

Le gouvernement doit présenter à partir du 1er juillet sa stratégie sur ce dossier hyper sensible, les Palestiniens et la Jordanie voisine ayant déjà mis en garde contre les conséquences d'un tel projet. La plupart des pays de l'Union européenne veulent aussi convaincre Israël d'y renoncer afin d'éviter de devoir sanctionner ce pays. 

"Qu'arriverait-il en cas d'effondrement de l'Autorité palestinienne ? Il y aura plus de chaos et d'extrémisme dans la région. Si Israël annexe réellement [des pans de] la Cisjordanie en juillet, cela conduira à un conflit majeur avec le royaume jordanien", a prévenu le roi Abdallah II dans un entretien au magazine allemand Der Spiegel. 

Les "lignes directrices" du gouvernement d'union sur ce sujet, présentées la semaine dernière, restent floues : elles ne mentionnent pas explicitement "l'annexion", mais font référence au besoin de "renforcer la sécurité nationale" et d'œuvrer à la "paix". 

D'ici aux discussions sécuritaires sur l'annexion, et après dix-sept mois de saga politique, Israël pourrait connaître un nouveau feuilleton, judiciaire celui-là, avec l'ouverture prévue dans une semaine du procès de Benjamin Netanyahu. 

Le plus pérenne des chefs de gouvernement de l'histoire d'Israël avec quatorze ans au pouvoir doit devenir aussi le 24 mai le premier à être jugé pour corruption au cours de son mandat, à moins que l'audience ne soit aussi reportée.

Avec AFP

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