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Un brin de liberté en France avant la reprise au collège

Cyclisme et jogging le long d'une rive du lac d'Annecy (Haute-Savoie), le 17 mai 2020
Cyclisme et jogging le long d'une rive du lac d'Annecy (Haute-Savoie), le 17 mai 2020 PHILIPPE DESMAZES AFP
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Paris (AFP)

Les plages et certains sites touristiques emblématiques rouverts ce week-end, avant les collèges dans les zones "vertes" lundi: la France poursuit son déconfinement à pas comptés, tout en surveillant de près les indicateurs sanitaires et hospitaliers.

"Ici la plage c'est 80 hectares, c'est immense. A 4 m² par personne, on peut y mettre 200.000 personnes!", explique à l'AFP le maire de cette commune de l'Aude, Michel Py.

Bain de mer de Nice au Touquet en passant par l'île de Ré, rando en montagne, balades en forêts, vélo à Martigues ou farniente au soleil sur les quais de Seine à Paris, égayent ainsi le week-end de nombreux Français.

Micha, 5 ans, s'essuie les mains sur la nappe à carreaux étendue sur le bord du canal Saint-Martin à Paris, après avoir englouti chips et tomates cerise. "C'est notre premier pique-nique. On est très peu sortis pendant le confinement", dit son père Julien, enseignant à l'université de Saint-Denis.

Dans les Landes, la réouverture des 106 km de plages a été "une libération" et "un bon moment de respiration collective", a dit à l'AFP le président du syndicat mixte de gestion des baignades landaises (SMGBL), Hervé Bouyrie.

"Tout s'est très bien passé, on a eu beaucoup de monde, mais moins que lors d'un week-end de mai normal, et globalement les gens ont très bien respecté les obligations", a-t-il ajouté.

Pas question en effet de bronzer ou de pique-niquer: les plages sont réservées à un usage "dynamique", ont prévenu les autorités, qui y ont prohibé sports et jeux collectifs.

- Esprit de "résistance" -

A Châlons-en-Champagne, environ 500 fidèles, dans quelque deux cents véhicules se sont rangés à un mètre l'un de l'autre sur le parking du hall des expositions pour une messe célébrée par l'évêque local.

Mais ce retour à la "vie d'avant" se fait sous conditions: les escapades restent limitées dans un rayon de 100 km, et dans le respect des gestes barrière.

Autre signe d'un retour à un semblant de normalité, Emmanuel Macron a fait son premier déplacement depuis plus de deux mois qui n'était pas consacré à la lutte contre le coronavirus. A Dizy-le-Gros (Aisne), il a rendu hommage au général de Gaulle, 80 ans après la Bataille de France.

Le chef de l'Etat a évoqué la situation sanitaire dans un échange avec le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand en marge de son discours: "Les Français ont gagné cette bataille (du confinement), parce que c'est la solidité et l'esprit de responsabilité de nos concitoyens qui a permis de stopper l'épidémie", a-t-il jugé.

Après les commerces, hors restaurant et bars, et les écoles primaires et maternelles, ce sera lundi au tour d'une partie des collégiens de retrouver le chemin des classes.

Ils doivent être environ 150.000 jeunes de 6e et 5e à retrouver leurs professeurs en début de semaine, mais seulement dans les zones "vertes" établies par le gouvernement. Soit 85% des collèges en France, c'est à dire 4.000 établissements.

- 25 clusters -

Au niveau national, la France a enregistré moins de 100 décès (96) en 24 heures, pour un bilan qui atteignait samedi 27.625 morts au total, avant le nouveau bilan dimanche soir.

Le nombre de patients en soins intensifs baisse toujours, avec 2.132 cas graves en réa contre plus de 7.000 début avril. Mais signal plus inquiétant: les hôpitaux ont accueilli plus de nouveaux patients ces dernières 24 heures qu'ils ne l'avaient fait il y a une semaine.

Trente-quatre cas de Covid-19 ont été confirmés samedi au sein d'un abattoir de Fleury-lès-Aubrais (Loiret), près d'Orléans et les quelque 400 autres salariés subiront un dépistage d'ici à mardi.

Interrogé sur une comparaison possible avec le "cluster" de Mulhouse, qui avait fait flamber l'épidémie en France fin février, le préfet Pierre Pouessel a répondu que "la grande différence est qu'il y a des tests systématiques et que tout l'objectif est de casser la chaîne".

"Depuis lundi, nous avons identifié 25  clusters sur notre territoire. Le système mis en place pour tester, isoler et casser les chaînes de contamination est opérationnel", a de son côté assuré le ministre de la Santé Olivier Véran au Journal du dimanche.

Nouveaux cas, hospitalisations, admissions en réa, taux de reproduction du virus... Ces indicateurs clés sont surveillés de très près pour pouvoir réagir en cas de rebond problématique de l'épidémie et d'une éventuelle "deuxième vague". Mais les scientifiques s'accordent à considérer qu'aucun bilan ne pourra être tiré avant au moins deux semaines.

- Municipales en juin? -

Attendu au tournant par les soignants, en première ligne face au coronavirus, Olivier Véran reconnaît qu'il faut "travailler sur une augmentation (des salaires), au-delà des primes", citant la rémunération des infirmiers qu'il souhaite "rapidement" remonter "au moins à la moyenne européenne".

Il organisera le 25 mai un "Ségur de la santé" avec une "grande réunion multilatérale des partenaires sociaux" en vue d'un plan "cet été". Une annonce qui toutefois laisse dubitatifs les représentants du secteur, qui craignent un énième plan sans impact réel sur les salaires des personnels hospitaliers.

Autre sujet sensible sur la table du gouvernement: la date du second tour des municipales, reporté en mars. La décision s'appuiera d'abord sur un rapport du Conseil scientifique, attendu en début de semaine. Mais d'ores et déjà, l'hypothèse de tenir le 2e tour fin juin, vraisemblablement le 28, a fait son chemin à l'Elysée et Matignon.

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