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Avec la création d'un groupe dissident, LREM perd sa majorité absolue à l'Assemblée

L'Assemblée nationale, le 8 mai 2020 à Paris
L'Assemblée nationale, le 8 mai 2020 à Paris © Thomas Samson AFP/Archives

Un neuvième groupe parlementaire a été créé mardi à l'Assemblée nationale par une vingtaine de députés, dont plusieurs dissidents de La République en marche, qui perd sa majorité absolue au Palais Bourbon.

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Fin d'un faux suspense : après plusieurs jours d’atermoiements, un neuvième groupe à l’Assemblée nationale a bien vu le jour, mardi 19 mai, emmené par des dissidents de l’aile gauche de La République en marche (LREM). 

Le groupe "Écologie Démocratie Solidarité" a été présenté mardi matin. Il est composé de 17 députés, dont les ex-"marcheurs" Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, Paula Forteza, le candidat déjà dissident à la Mairie de Paris Cédric Villani, Aurélien Taché ou encore Martine Wonner, exclue il y a tout juste deux semaines pour avoir voté contre le plan de déconfinement d'Édouard Philippe.

"Ecologie Démocratie Solidarité", le nouveau groupe parlementaire à l'Assemblée nationale

On peut également y compter Émilie Cariou (Meuse), Annie Chapelier (apparentée, Gard), Guillaume Chiche (Deux-Sèvres), Yolaine de Courson (Côte d'Or), Hubert Julien-Laferrière (Rhône), Delphine Bagarry (Alpes-de-Haute-Provence), Albane Gaillot (Val-de-Marne), Sébastien Nadot (Haute-Garonne), Jennifer de Temmerman (Nord), Sabine Thillaye (Indre-et-Loire), Frédérique Tuffnell (Charente-Maritime). L'ex-ministre socialiste à l'Écologie et présidente de Génération Écologie, Delphine Batho (Deux-Sèvres) a également rejoint les rangs du nouveau groupe. 

"Ces députés quittent LREM car ils estiment que leur sensibilité n’a pas pu s’exprimer ces trois dernières années. Alors qu’à l’origine, En marche promettait de dépasser les clivages, pour eux, c’est un constat d’échec", explique un proche de Cédric Villani, contacté par France 24.

Cédric Villani sur France Inter, mardi 19 mai 2020.

>> À lire : Plan de déconfinement : des députés dénoncent "une parodie de démocratie"

En annonçant son départ de LREM, dimanche, Aurélien Taché a ainsi expliqué dans le Journal du Dimanche être "un homme de gauche" et avoir fait le constat qu’il lui fallait quitter le groupe majoritaire "pour le rester".

Le parti présidentiel perd donc la majorité absolue au Palais Bourbon, un symbole fort même s'il peut s'appuyer sur les 46 députés MoDem et la dizaine d'élus Agir.

Pression du gouvernement sur les membres potentiels du groupe

En juin 2017, les députés LREM et apparentés étaient 314. Entre défections et exclusions, ils ne sont déjà plus que 295, tandis que la majorité absolue est à 289 sièges.

Résultat : il y a eu ces derniers jours "beaucoup de pressions sur les membres potentiels du groupe, notamment venant du gouvernement ou des cadres du groupe LREM", a rapporté à l'AFP un élu travaillant sur la constitution de ce nouveau groupe.

Le nouveau groupe parlementaire de la République en marche "est fort symboliquement, mais moins politiquement"

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Les commentaires dans les médias, avant même l’officialisation de la création du groupe, ont également été nombreux. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a dénoncé sur France Info des "grenouillages" au Palais Bourbon, pas à la hauteur des enjeux post-crise du coronavirus, selon lui.

"C'est maintenant qu'il faut se retrousser les manches et travailler ensemble, réfléchir, y compris avoir des désaccords, (...) c'est ça la clé pour, demain, reconstruire notre pays", a dénoncé dimanche le patron de LREM, Stanislas Guerini, reprochant au passage à Aurélien Taché son '"individualisme".

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye avait, quant à elle, dénoncé la semaine dernière dans la démarche du 9e groupe "un contresens politique".

Orphelin, Batho et Villani réunis, mais pas dans l’opposition

"C’est un groupe qui ne sera pas dans l’opposition et qui se voudra constructif vis-à-vis de la majorité", nuance toutefois la même source contactée par France 24. À l’image des députés MoDem et Agir, ces dissidents devraient donc continuer de soutenir le gouvernement.

Ce positionnement et le ralliement de l’ancienne ministre socialiste de l’Écologie Delphine Batho, aux positions si éloignées du groupe majoritaire en matière de politique économique, a donc de quoi surprendre.

>> À lire : Covid-19 : l’écologie sera-t-elle sacrifiée au nom de la relance économique ?

"Chez LREM, ils sont beaucoup à trouver que c’est un groupe fait de bric et de broc, qui n’aura pas la capacité de peser réellement à l’Assemblée nationale", souffle à France 24 l’entourage d’une membre importante de la majorité.

En attendant, le groupe Écologie Démocratie Solidarité compte bien occuper le terrain des idées : la plupart de ses élus est partie prenante de l'initiative de 60 parlementaires à la fibre écologique et sociale qui ont dévoilé le 13 mai une trentaine de propositions pour "le jour d'après" la crise du coronavirus, dont une revalorisation salariale pour les soignants, un plan de rénovation énergétique ou encore la mise en place d’un revenu universel.

Avec AFP

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