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L'acteur français Michel Piccoli est mort à l'âge de 94 ans

L'acteur Michel Piccoli lors de la 67e édition du Festival de Cannes, le 17 mai 2014.
L'acteur Michel Piccoli lors de la 67e édition du Festival de Cannes, le 17 mai 2014. © Alberto Pizzolia, AFP

L'acteur Michel Piccoli s'est éteint le 12 mai à l'âge de 94 ans des suites d'un accident cérébral, a annoncé lundi sa famille. Ce monument du cinéma français, révélé par "Le Mépris", de Jean-Luc Godard, dans les années 1960, a joué dans plus de 150 films. 

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Monument du cinéma français, l'acteur Michel Piccoli, célèbre pour ses rôles dans "Le Mépris", "Les Choses de la vie" ou plus récemment "Habemus papam", est décédé mardi 12 mai à l'âge de 94 ans, a annoncé lundi sa famille dans un communiqué.

"Michel Piccoli s'est éteint le 12 mai dans les bras de sa femme Ludivine et de ses jeunes enfants Inord et Missia, des suites d'un accident cérébral", indique ce communiqué de la famille transmis à l'AFP par Gilles Jacob, ami de l'acteur et ancien président du Festival de Cannes.

Un "pluraliste touche-à-tout"

En plus de 70 ans de carrière, Michel Piccoli a tourné avec les plus grands réalisateurs du XXe siècle, comme Jean Renoir, Agnès Varda, Luis Buñuel, Alfred Hitchcock, Costa-Gavras, Alain Resnais ou Claude Sautet, dont il était l'un des acteurs favoris. Révélé par "Le Mépris", de Jean-Luc Godard (1963), où il forme un couple de légende avec Brigitte Bardot, l'acteur a promené son physique de séducteur aux sourcils broussailleux dans plus de 150 films.

"Ce qui est intéressant, c'est qu'il a un profil atypique : Michel Piccoli a résisté à toutes les modes et on ne peut pas l'enfermer dans une catégorie, c'était un pluraliste touche-à-tout", souligne Thomas Baurez, chroniqueur cinéma à France 24. "Il avait à la fois une dimension très populaire dans son approche du jeu, avec Sautet, mais aussi une approche très intellectuelle avec des rôles très cérébraux."

Sous la direction de Luis Buñuel, il a interprété des personnages troubles ("Le Journal d'une femme de chambre", "Belle de jour", "Le Charme discret de la bourgeoisie") avant de devenir une incarnation des Trente Glorieuses chez Claude Sautet dans les années 1970  ("Les Choses de la vie", "Max et les ferrailleurs", "Vincent, François, Paul... et les autres").

Anti-star qui aimait "casser son image"

Grand, brun, voix qui tonne ou ensorcelle, ce personnage énigmatique s'est "régalé à jouer l'extravagance ou les délires les plus troubles, à casser (son) image", disait-il, avant de se lancer lui-même dans la réalisation, à 70 ans.

Son rôle dans "La Grande Bouffe", de Marco Ferreri, un des plus gros scandales du Festival de Cannes, en 1973, en est la preuve. Il y incarne un participant à un séminaire gastronomique se transformant en orgie scatologique et nihiliste.

Son refus des plans de carrière, son côté "anti-star" l'ont amené également à tourner des films d'auteur, avec Leos Carax, Jean-Claude Brisseau, Jacques Doillon. En 1990, il campait avec gourmandise un personnage de grand bourgeois fantasque dans "Milou en mai", de Louis Malle. "En jouant avec des réalisateurs de la modernité de Carax, Michel Piccoli apporte la preuve qu'il était ici et ailleurs, donc partout", estime Thomas Baurez.

Peu consacré par le métier 

Peu à peu disparu des écrans, ce grand pudique, né en 1925 dans une famille de musiciens, lève un coin du voile à plus de 90 ans dans un livre d'entretiens avec son ami Gilles Jacob ("J'ai vécu dans mes rêves"). Il y confie son angoisse de ne plus pouvoir travailler : "On voudrait que ça ne s'arrête jamais et cela va s'arrêter (...), c'est très difficile."

"Il a été peu consacré par le métier", note Thomas Baurez. Il a certes reçu en 1980 le prix d'interprétation masculine lors de la 33e édition du Festival de Cannes pour son rôle dans "Le Saut dans le vide", de Marco Bellocchio. Mais quatre fois nommé aux César, notamment pour "La Belle Noiseuse", de Jacques Rivette, en 1992, Michel Piccoli n'a jamais été récompensé par l'Académie.

Avec AFP

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