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Redémarrage calibré des collèges dans les "zones vertes" de l'épidémie

L'entrée du collège Albert Camus à La Rochelle, le 15 février 2013
L'entrée du collège Albert Camus à La Rochelle, le 15 février 2013 XAVIER LEOTY AFP/Archives
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Paris (AFP)

Au tour des collèges: après le bol d'air du premier week-end déconfiné, des élèves de 6e et 5e font leur retour en classe lundi dans les régions moins touchées par l'épidémie, toujours surveillée de près par crainte d'une deuxième vague.

Pendant qu'élèves et professeurs enfileront leurs masques dans quelque 4.000 collèges situés en "zone verte", le gouvernement devra trancher l'épineuse question du second tour des municipales avec l'objectif d'en dévoiler la date dans les prochains jours.

Pour leurs camarades de "zone verte", la rentrée se fait à pas comptés - 185.000 élèves seulement lundi - et en se pliant à des règles sanitaires draconiennes, dont le port obligatoire du masque dans les salles de cours, pour éviter tout rebond de l'épidémie, qui a tué plus de 28.000 personnes en France depuis le 1er mars.

"On est en train de réinventer une nouvelle école dans un laps de temps extrêmement court", confiait récemment Audrey Chanonat, principale d'un collège à La Rochelle.

- "Aucune visibilité" -

Malgré les réserves, le gouvernement continue de défendre ce redémarrage pour renouer avec les quelque 500.000 élèves ayant décroché pendant le confinement. "Il faut en quelque sorte réhabituer la société à aller à l'école", a résumé lundi le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer sur RTL. "C'est tout à fait essentiel que nos enfants ne doivent pas être une victime collatérale des conditions sanitaires".

"Il faut vraiment remettre les enfants de cet âge-là à l'école, c'est essentiel pour leur sociabilisation qu'ils revoient d'autres adolescents et enfants", a abondé sur Cnews le Pr Robert Cohen, professeur de pédiatrie à l'hôpital intercommunal de Créteil.

Des résurgences de l'épidémie ont parfois grippé le redémarrage. A Soyaux et La Couronne, dans la banlieue d'Angoulême, des écoles ont été de nouveau fermées après des cas de Covid-19 chez deux membres de l'équipe. Même décision pour une école à Nice après qu'un élève a été testé positif.

Au total, quelque 70 cas ont été détectés dans les 40.000 écoles ayant rouvert, a indiqué M. Blanquer, qui voit dans les fermetures le signe de l'application "stricte" du protocole sanitaire. "Presque à chaque fois, ce sont des cas qui se déclarent à l'extérieur de l'école", a-t-il ajouté.

Souvent critiqué pour sa gestion de la crise, le gouvernement se veut rassurant et affirme être en mesure d'"isoler" les nouveaux foyers de contamination, comme ceux détectés au sein d'abattoirs, à Fleury-lès-Aubrais (Loiret) où 34 cas de Covid-19 ont été recensés et près de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) où les résultats des tests ont porté le total des cas confirmés à 69.

"Depuis lundi (dernier, ndlr), nous avons identifié 25 clusters sur notre territoire. Le système mis en place pour tester, isoler et casser les chaînes de contamination est opérationnel", a assuré le ministre de la Santé Olivier Véran au Journal du Dimanche, ajoutant que la France pratiquait en fin de semaine dernière "plus de 50.000 tests" par jour.

Pour tenter de répondre à la colère sociale qui amorce elle aussi son déconfinement, le ministre a par ailleurs promis pour l'été un plan de revalorisation de l'hôpital public.

- Arbitrage -

Les autorités surveillent maintenant avec fébrilité l'impact sanitaire du déconfinement, qui a permis de goûter à nouveau pendant le week-end aux joies des promenades en forêt ou sur les plages mais pourrait relancer l'épidémie. Selon les statistiques publiées dimanche soir, le reflux des hospitalisations se confirme malgré un net rebond du nombre de décès sur 24 heures (+483).

Les scientifiques s'accordent toutefois à considérer qu'aucun bilan du déconfinement ne pourra être tiré avant au moins deux semaines.

Le gouvernement ne pourra pas attendre aussi longtemps sur le dossier des municipales et se prononcera après un avis du Conseil scientifique, qui doit tomber en début de semaine.

L'hypothèse d'un scrutin fin juin fait son chemin au sein de l'exécutif, pour qui le temps presse: si le deuxième tour n'était pas organisé en juin, l'élection devrait être réorganisée dans son intégralité.

bur-ito-jt-al/sp

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