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Que pourra changer le nouveau groupe Écologie démocratie solidarité à l’Assemblée ?

Six membres, parmi lesquels Cédric Villani et Delphine Batho, du nouveau groupe parlementaire "Écologie Démocratie Solidarité", posent, le 19 mai 2020, devant l'Assemblée nationale.
Six membres, parmi lesquels Cédric Villani et Delphine Batho, du nouveau groupe parlementaire "Écologie Démocratie Solidarité", posent, le 19 mai 2020, devant l'Assemblée nationale. FRANCOIS GUILLOT AFP

Officialisé mardi matin, le neuvième groupe de l’Assemblée nationale, composé d’anciens députés La République en marche, compte faire de l’écologie son axe principal et espère réorienter la politique gouvernementale.

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Ni dans l’opposition ni dans la majorité : le neuvième groupe parlementaire, Écologie démocratie solidarité (EDS), lancé mardi 19 mai, compte visiblement réinventer le fameux "en même temps" d’Emmanuel Macron.

Ce nouveau groupe se veut "positif" et de "proposition" mais pas d'opposition, a expliqué l’ancien "marcheur" Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, lors d'une visioconférence. "Avec cette terrible crise du Covid-19, il nous faut dépasser les clivages et les postures, il nous faut construire collectivement le monde d'après", a-t-il ajouté, lui qui co-présidera le groupe avec Paula Forteza en alternance, tous les six mois.

"Nous pousserons et soutiendrons toutes les décisions à la hauteur des enjeux, mais saurons nous opposer dans tous les autres cas", préviennent les 17 députés du groupe EDS dans une déclaration commune, se disant dans une "démarche ouverte" et appelant les députés qui s'y retrouvent "à s'y associer".

En attendant de possibles futurs ralliements, ils sont sept membres de La République en marche (LREM) à avoir rejoint EDS : Émilie Cariou, Annie Chapelier, Guillaume Chiche, Yolaine de Courson, Hubert Julien-Laferrière, Aurélien Taché et Cédric Villani.

Des défections moins importantes que prévues en raison des pressions exercées par la direction de LREM, mais qui privent tout de même le groupe dirigé par Gilles Le Gendre, qui se retrouve désormais avec 288 députés, de la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Des propositions issues de la plateforme "Le jour d’après"

Récusant toute "fronde", Cédric Villani a affirmé, mardi matin, sur France Inter qu'"à un moment charnière", ces élus entendaient mettre "des propositions fortes sur la table au moment où tout va redémarrer".

Revalorisation des métiers en première ligne dans la crise, "revenu universel dès l'âge de 18 ans", proposition de loi sur le bien-être animal, ou encore place accrue pour les sciences... Prenant tour à tour la parole lors de la visioconférence, chacun des 17 élus a fait état des priorités fixées.

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Ils comptent notamment s’appuyer sur la plateforme collaborative en ligne "Le jour d’après", lancée début avril par Matthieu Orphelin, Paula Forteza et Aurélien Taché et qui a récolté en quelques semaines près de 10 000 contributions.

Plusieurs ont d’ailleurs assuré, à l'instar de Delphine Batho, que le groupe Écologie Démocratie Solidarité serait "la caisse de résonance" de la société civile.

"Le cheminement est incontestable"

La question de la cohérence idéologique est toutefois posée, notamment en raison de la présence de l’ancienne ministre de l’Écologie, très critique de la politique menée par Emmanuel Macron et La République en marche depuis trois ans.

"Je vois dans notre volonté de nous réunir les effets différés des combats contre le glyphosate ou la ratification du Ceta, de la mobilisation de la jeunesse pour le climat mais aussi les traces laissées par la démission de Nicolas Hulot ou les débats sur la suppression de l’ISF, explique Delphine Batho dans Libération. Chacun a sa sensibilité, son degré d’engagement mais le cheminement est incontestable."

Quant au clivage opposition-majorité, la députée des Deux-Sèvres, connue pour son franc-parler et ses combats pour l’écologie et la réduction de l’influence des lobbies, estime qu’il est daté et que "l’écologie restructure le paysage politique entre Terriens et destructeurs de l’environnement".

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Or, c’est bien l’urgence écologique qui réunit d’abord ces 17 députés. Cet axe prioritaire leur permettra-t-il de peser dans les débats ?

"S’il est acté que ce quinquennat va être marqué par une inflexion vers le social, vers beaucoup plus de souveraineté industrielle, vers une forme de nouvel État providence, alors effectivement ils peuvent avoir un rôle important à jouer", juge l’historien Jean Garrigues, spécialiste d’histoire politique, sur l’antenne de France 24.

À moins que la majorité ne s’adapte en opérant elle aussi un virage. Des députés LREM travaillent déjà en interne à une initiative sur l'axe social et écologique, baptisée "En commun". Une manière, sans doute, de couper l’herbe sous le pied au groupe EDS.

Avec AFP

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