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Economie asphyxiée, tempête sur la petite principauté d'Andorre

Le Pas de la Case et ses boutiques, à la frontière pyrénéenne entre l'Andorre et la France; le 27 juillet 2017
Le Pas de la Case et ses boutiques, à la frontière pyrénéenne entre l'Andorre et la France; le 27 juillet 2017 Eric CABANIS AFP/Archives
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Andorre-la-Vieille (Andorre) (AFP)

L'Andorre accuse le coup: cette principauté des Pyrénées nichée entre France et Espagne dépend essentiellement du commerce transfrontalier, notamment d'alcool et de tabac détaxés, et du tourisme, mais ces deux secteurs sont à l'arrêt depuis la fermeture des frontières mi-mars.

Ce petit Etat de seulement 78.000 habitants, qui attire chaque année 8 millions de visiteurs, essentiellement français et espagnols, ne bénéficiera en outre pas du plan de relance européen, car il ne fait pas partie de l'Union.

Le gouvernement andorran a demandé une aide économique de ses deux voisins, en vain. Le président français et l'évêque de la ville espagnole La Seu d'Urgell sont en effet les chefs d'État d'Andorre, dotée également d'un gouvernement.

"Les magasins ne peuvent pas vivre uniquement de la population" locale, se plaint Jean-Jacques Carrié, chef de file des commerçants du Pas de la Case, première destination andorrane pour les Français, qui viennent essentiellement de la région Occitanie.

- Economie déjà fragile -

Il espère un assouplissement progressif du dispositif français, afin que les habitants des Pyrénées-Orientales, de l'Ariège ou de l'Aude résidant à moins de 100 km de la Principauté, puissent faire à nouveau tourner l'économie andorrane.

La crise sanitaire mondiale et ses conséquences n'ont fait qu'aggraver la situation.

L'économie était déjà fragilisée par la suppression du secret bancaire (2005) dans cet ancien paradis fiscal, une hausse des taxes, et dernièrement une baisse d'affluence d'environ 30% dans les magasins et hôtels.

Dans l'hôtellerie et la restauration, 1.200 entreprises employant 12.475 travailleurs (sur 43.196 travailleurs en Andorre) ont présenté des mesures visant à suspendre temporairement les contrats de travail et à réduire les heures de travail, une première dans le pays.

L’agence Standard & Poor's prévoit un fort impact de la crise en Andorre et a abaissé les perspectives financières de positives à stables.

Le Produit Intérieur Brut (PIB) était en 2019 d'environ 2,8 milliards d'euros et le ministre andorran de l'Économie, Jordi Gallardo, a déjà annoncé que la récession pourrait atteindre 11%.

Pour stabiliser l'économie, le gouvernement a lancé un emprunt public de 125 millions d'euros et négocie avec la France et l’Espagne, afin que l'Andorre soit couplée avec une destination touristique de ses deux voisins.

- Chômage en hausse -

En attendant, la plupart des hôtels ont déjà annoncé qu'ils n'ouvriraient pas avant la prochaine saison de ski, qui s'étend de novembre à avril.

L'hiver, les stations de ski d'Andorre, notamment Grandvalira la plus grande du massif pyrénéen, font le plein, avec un meilleur enneigement que dans le reste des Pyrénées et une clientèle beaucoup plus internationale que du côté français.

Mais après une saison de ski tronquée, le secteur touristique est paralysé. Carlos Ramos, président de l’Union hôtelière d'Andorre, considère que ce sera "le dernier secteur à reprendre le travail".

L'Union syndicale d'Andorre alerte que de nombreux employés n'ont pas reçu de salaire depuis le 13 mars, date du début du confinement.

Carme, une employée de bureau de 58 ans, a été licenciée, et son patron lui fait miroiter une nouvelle embauche en octobre. "Je suis à la fin de ma carrière professionnelle, dit-elle, et je suis inquiète pour l'avenir que nos enfants auront dans ce pays".

En Andorre, aucun dispositif ne protège les chômeurs.

Le déconfinement est pourtant amorcé. Cette semaine, les commerces ont rouvert, mais pas de clients à l'horizon.

En Andorre, l'épidémie de Covid-19 a fait 51 morts. Le système de santé, dépassé, a reçu le renfort de médecins cubains.

A l'autre extrémité de la principauté, à Sant Julia de Loria, la patrone d'un bar-restaurant est résignée. "Nous allons mourir d'une chose ou d'une autre. Du virus ou de la faim", lâche-t-elle.

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