Droits TV, recours en justice... le football français en pleine crise de nerfs

Le football français, pas franchement à l'unissons depuis le début de la pandemie de Covid-19.
Le football français, pas franchement à l'unissons depuis le début de la pandemie de Covid-19. © Pascal Pavani, AFP/Archives

Entre les négociations L1-L2 sur la répartition des droits TV et les recours des différents clubs qui s'estiment lésés par l'arrêt prématuré des championnats professionnels, le football français peine à s'unir face à la crise du Covid-19

Publicité

C'est un rapprochement timide, mais qui ne constitue en rien une solution définitive à tous les problèmes du football français. Mercredi 20 mai, les 40 clubs de l'élite et les familles du foot (joueurs, entraîneurs, arbitres...) ont adopté à une courte majorité le passage de la Ligue 2 à 22 équipes pour la saison 2020-2021. Une décision qui a permis de sauver les relégables Le Mans et Orléans tout en accueillant les promus Pau et Dunkerque.

Un élargissement de la deuxième division qui n'est toutefois que provisoire. En fin de saison prochaine, les quatre dernières équipes descendront en National (contre deux descentes normalement) et la L2 repassera à 20 formations.

Mais l'accord, adopté à 57 % par l'Assemblée générale de la Ligue, reste sous la menace d'un veto de la Fédération (FFF). "Je vais regarder nos textes et on prendra une décision en début de semaine prochaine", a déclaré au quotidien L'Équipe son président Noël Le Graët, jusqu'alors hostile à une telle réforme.

Selon les règlements, le comité exécutif de la FFF peut se saisir "pour éventuellement les réformer, de toutes les décisions prises par l'Assemblée et par les instances élues ou nommées de la LFP, qu'il jugerait contraires à l'intérêt supérieur du football ou aux statuts et règlements".

Droits TV : la L1 fait un geste

Un football français qui n'a pas non plus totalement réglé l'aspect économique de cette crise. Le nouveau contrat de droits TV (1,217 milliard d'euros par an, entre 2020 et 2024) menaçait de plomber l'ambiance entre clubs de L1 et L2 qui s'opposaient sur sa répartition.

Mercredi, un accord a allégé les tensions. Les formations de l'élite ont accepté l'idée d'augmenter la somme perçue par celles de l'antichambre, aujourd'hui plafonnées à 110 millions d'euros, en gelant une enveloppe de 25 millions d'euros supplémentaires.

Si ce geste à 135 millions d'euros reste en deçà des revendications des équipes de L2 (162 millions d'euros), "une porte s'est ouverte", a indiqué à l'AFP le président du Mans Thierry Gomez. Mais gare au courant d'air.

L'AG de la Ligue n'a pas voté la répartition définitive (qui nécessite l'unanimité des clubs). C'est à un groupe de travail composé de dirigeants des deux divisions, sous l'égide de Noël Le Graët, de négocier le "deal" final d'ici mi-juin. Dans la balance, les droits TV, donc, mais aussi la réforme de gouvernance de la LFP, les clubs de L1 étant prêts à lâcher quelques millions contre davantage de pouvoir dans les instances.

"Nous avions indiqué que le déplafonnement de la L2 devait être accompagné d'un engagement de la Fédération et du ministère des Sports pour la gouvernance" de la Ligue qui a montré "des insuffisances, pour ne pas dire plus, extrêmement importantes", confirme à l'AFP Jean-Michel Aulas, président de Lyon et du collège des clubs de L1.

Une fin de saison devant les tribunaux

Pourquoi deux clubs de L1 (Amiens et Toulouse) descendent et aucun de L2 ? Le club toulousain a pointé du doigt cette incohérence alors que les relégations ont été maintenues également pour les championnats amateurs, gérés par la Fédération. "Je note qu'il y a deux règles différentes pour le même jeu. Et pour la même période", a déclaré le président du Toulouse FC Olivier Sadran lors de l'AG, selon des propos rapportés par L'Équipe.

Amiens, qui a déposé deux requêtes au Tribunal administratif de Paris pour contester sa descente, n'a pas encore réagi. Mais le club picard a sûrement trouvé un argument de plus dans la bataille qu'elle s'apprête à mener devant la justice.

"Il y a un problème d'équité", a aussi soulevé Jean-Michel Aulas, qui y voit aussi un moyen supplémentaire pour Lyon de contester les modalités d'arrêt du classement. "Cela donne beaucoup d'arguments aux recours que nous avons déposés".

Relégations et promotions de fait en suspens

La FFF, organisatrice du championnat de National (3e division), a décidé la semaine dernière que "la question de l'organisation du barrage entre le 18e de Ligue 2 et le 3e de National 1 sera examinée ultérieurement par le Comité exécutif". De son côté, la LFP qui a en charge la L2, n'a pas inscrit ce point à l'ordre du jour de l'AG tenue mercredi, estimant que la saison 2020-2021 était définitivement close.

Ce raisonnement fait des malheureux du côté de Boulogne-sur-mer, troisième de National, mais aussi d'Ajaccio, Troyes et Clermont, en position de disputer des barrages d'accession en L1. Les gagnants s'appellent Nîmes et Niort, respectivement 18e de L1 et L2.

"Le fait qu'on ait arrêté le Championnat rend impossible qu'on réorganise un match qui fasse partie d'un Championnat clôturé", a assuré jeudi le président niortais Karim Fradin.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine