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Cyclone Amphan : des dizaines de morts en Inde et au Bangladesh

Le cyclone Amphan a balayé l'Inde et le Bangladesh, mercredi 20 mai 2020.
Le cyclone Amphan a balayé l'Inde et le Bangladesh, mercredi 20 mai 2020. © Munir uz Zaman, AFP

Accompagné de pluies torrentielles et de rafales allant jusqu'à 185 km/h, le puissant cyclone Amphan s'est abattu mercredi sur l'est de l'Inde et sur le Bangladesh. Les premiers bilans humains, parcellaires, font état d'au moins 84 morts.

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Des centaines de villages côtiers inondés, des cultures perdues, des arbres arrachés et des infrastructures inutilisables : le passage du cyclone Amphan a laissé jeudi des scènes de "dévastation inouïe" en Inde et au Bangladesh.

Le bilan humain de ce cyclone, à ce jour le plus puissant du XXIe siècle dans le golfe du Bengale, reste encore très incertain en raison de l'étendue des désastres et des coupures de télécommunications. Les premiers bilans officiels des deux pays font actuellement état d'au moins 84 morts, mais ce chiffre n'est possiblement que très parcellaire.

Pour la région du Bengale occidental, en Inde, "72 personnes sont mortes, dont 15 à Calcutta. Je n'ai jamais vu un désastre de cette magnitude", a déclaré à la presse la ministre en chef de l'État, Mamata Barnerjee. Côté Bangladesh, on dénombre au moins 10 morts.

FR NW GRAB ALBAN DU 6H

Apparu ce week-end au large de l'Inde, Amphan (se prononce "um-pun") a touché terre mercredi en fin de journée au sud de la grande ville de Calcutta, accompagné de vents autour de 165 km/h et de pluies diluviennes. Plus de 3 millions de personnes avaient été évacuées et mises à l'abri à son approche.

Au Bangladesh, une onde de tempête haute jusqu'à 3 mètres

"Le cyclone n'a pas tué de gens ici. Mais il a détruit nos moyens de subsistance", a déclaré à l'AFP un responsable de la ville bangladaise de Buri Goalini, où Amphan "a laissé un sillage de dévastation inouïe".

Le cyclone a provoqué une onde de tempête (raz-de-marée) haute jusqu'à trois mètres, qui a submergé sur une partie du littoral et fait déferler des monceaux d'eau salée dans les villages.

"Ça a causé une destruction gigantesque. Des milliers d'arbres sont déracinés. Les digues [qui protègent les villages de basse élévation et les élevages de crevettes] ont cédé en de nombreux endroits, inondant beaucoup de villages", a décrit Anwar Hossain Howlader, un haut responsable de la province bangladaise de Khulna.

Nuit de terreur à Calcutta

De l'autre côté de la frontière, en Inde, le constat est identique et les dégâts également de grande ampleur.

"Le cyclone Amphan a ravagé le littoral du Bengale occidental. Des milliers de maisons ont été mises à bas, des arbres déracinés, des routes submergées et des cultures détruites", a déclaré à la presse Mamata Banerjee, la ministre en chef de l'État.

Au terme d'une nuit de terreur, les 15 millions d'habitants de Calcutta se sont réveillés avec le spectacle d'une ville aux rues inondées, des voitures remplies d'eau parfois jusqu'aux fenêtres et des axes de circulation bloqués par les arbres et poteaux électriques tombés par terre.

Dans la matinée, le cyclone Amphan avait faibli au point de passer au stade de simple dépression tropicale, ont indiqué les services météorologiques indiens.

Amphan avait atteint lundi la catégorie 4 sur 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson, avec des vents de 200 km/h à 240 km/h. Il s'agit du plus puissant cyclone à être né dans le golfe du Bengale depuis 1999, date à laquelle un cyclone avait entraîné la mort de 10 000 personnes dans l'Odisha.

Les pays de la région ont retenu les leçons des cyclones dévastateurs des décennies précédentes : ils ont construit des milliers d'abris pour la population et mis en place des politiques d'évacuation rapide.

Mesures de protection peu respectées

La pandémie de coronavirus a cependant foncièrement compliqué leur tâche cette année. Pour éviter la propagation du virus, les autorités avaient appelé les déplacés à respecter la distanciation physique dans les refuges et à porter des masques.

Dans la pratique, ces mesures de précaution ont été peu respectées, ont constaté des journalistes de l'AFP. "La pièce est bondée et maintenir la distanciation physique est impossible ici. Tout est entre les mains de Dieu maintenant", explique cette femme de 25 ans qui s'était réfugiée avec son fils de 5 mois dans une école de la ville bangladaise de Dacope.

Avec AFP et Reuters

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