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Génocide rwandais : les restes d'Augustin Bizimana, l'un des principaux suspects, retrouvés au Congo

Photo de survivants du génocide rwandais exposée au Mémorial de Kigali (archives).
Photo de survivants du génocide rwandais exposée au Mémorial de Kigali (archives). © Simon Maina, AFP

Les restes d'Augustin Bizimana, considéré comme l'un des principaux commanditaires toujours en fuite du génocide au Rwanda en 1994, ont été identifiés dans un cimetière au Congo, a annoncé, vendredi, le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux.

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Une semaine après l'arrestation près de Paris de Félicien Kabuga, soupçonné d'être le financier du génocide rwandais, c'est désormais le décès d'un autre protagoniste qui vient d'être confirmé. Il s'agit d'Augustin Bizimana, accusé d’avoir été l’un des hauts commanditaires du génocide perpétré en 1994 contre les Tutsis au Rwanda.

"Son décès a pu être confirmé à l’issue de l’identification formelle des restes de son corps retrouvés dans un cimetière à Pointe-Noire [en République démocratique du Congo]", indique le bureau du procureur du Mécanisme dans un communiqué publié vendredi 22 mai.

Augustin Bizimana a pris ses fonctions de ministre de la Défense en juillet 1993, quelques jours avant la signature des accords d'Arusha. Ils prévoyaient un partage du pouvoir entre Hutus et Tutsis pour mettre fin à trois ans de guerre civile entre le régime hutu et le Front patriotique rwandais (FPR).

Les derniers espoirs de paix se sont envolés avec l'assassinat le 6 avril 1994 du président hutu Juvénal Habyarimana, élément déclencheur du génocide. En à peine 100 jours, quelque 800 000 personnes, selon l'ONU, ont été exterminées, essentiellement parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés.

Augustin Bizimana était en visite officielle au Cameroun lorsque l'avion du président Habyarimana a été abattu. Rentré au Rwanda trois jours plus tard, il a conservé ses fonctions dans le nouveau gouvernement intérimaire mis en place le 9 avril.  C'est sous sa supervision que les Forces armées rwandaises (FAR), les milices hutues Interahamwe et des civils ont massacré systématiquement les Tutsis.

Il est accusé d'avoir orchestré l'assassinat le 7 avril de la Première ministre hutue modérée Agathe Uwilingiyimana, ainsi que de dix Casques bleus belges chargés de sa protection.

Six fugitifs toujours en fuite

Augustin Bizimana a été mis en accusation en 1998 par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Il devait répondre de treize chefs d'inculpation dont génocide, extermination, assassinat, viol ou encore torture, pour des crimes commis dans le cadre du génocide de 1994.

L'acte d'accusation du TPIR dépeint un homme parfaitement à l'aise avec les crimes commis autour de lui. Augustin Bizimana se déplaçait souvent dans le pays et pouvait voir les corps s'amonceler aux barrages tenus par les forces gouvernementales. "En ces occasions, il n'a jamais soulevé la moindre objection à ce qu'il voyait", note l'acte d'accusation.

Le document évoque un épisode lors duquel Augustin Bizimana n'a rien fait pour empêcher un membre de son escorte d'exécuter devant lui deux Tutsis, et un autre où il n'est pas intervenu après avoir appris que des soldats enlevaient et violaient des étudiantes tutsies dans une école d'infirmières. "En tant que ministre de la Défense, il contrôlait et donnait ses instructions aux FAR", ajoute cet acte d'accusation. "Il savait et avait toutes les raisons de savoir que ses subordonnés prenaient part à des crimes".

Dès l'année 2000, la rumeur de sa mort, de cause naturelle, avait circulé parmi les réfugiés rwandais au Congo. Protais Mpiranya, ancien commandant du bataillon de la Garde présidentielle des forces armées rwandaises, et cinq autres fugitifs mis en accusation par le TPIR restent quant à eux "activement" recherchés par la justice internationale pour leur participation au génocide.

Avec Reuters et AFP

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